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Bâtimétiers N° 31 - 2013 | AMÉNAGEMENT/FINITIONS

Sous-couches isolantes

Des supports mieux préparés pour moins de sinistralité

Le NF DTU 52.10 « Mise en oeuvre de sous-couches isolantes sous chapes ou dalles flottantes et sous carrelage scellé » apporte des modifications importantes, dont la tolérance de planéité du support.

Désormais, lors de la pose de plaques d'isolant de sol, le support doit présenter un défaut de planéité inférieur ou égal à 3 mm sous la règle de 2 mètres, au lieu de 7 mm. Cette modification apportée par le nouveau NF DTU 52.10 « Mise en oeuvre de sous-couches isolantes sous chape ou dalles flottantes et sous carrelage scellé » était une véritable nécessité. « Dans le cadre de ces ouvrages, quand le carreleur est confronté à un sinistre en raison d'un revêtement qui se fissure ou s'effondre, sa responsabilité est engagée à double titre, explique Maryse De Stefano, co-gérante de l'entreprise De Stefano à Belfort. Tout d'abord, il est juridiquement responsable parce qu'il a réceptionné le support. Ensuite, les sondages demandés par des assurances sont rarement réalisés en raison du coût qu'ils impliquent. » Or, la fourniture et pose de panneaux isolants en sous-face du revêtement de sol n'est pas toujours confiée au carreleur, mais généralement au chauffagiste ou au lot gros-oeuvre, « qui ne sont pas concernés par la problématique du carreleur », d'où l'importance de ce nouveau NF DTU 52.10.

Rattraper la planéité

Ce nouveau NF DTU va contribuer à mieux garantir la mise en oeuvre. « Si le support présente un défaut de planéité supérieur ou égal à 3 mm sous la règle des 2 m avec isolant traditionnel, il faudra réaliser un ragréage ou un ravoirage. » Pour autant, la chef d'entreprise pointe un certain nombre d'inconvénients. « Étant donné qu'au niveau des panneaux il est impossible de réduire la tolérance, cette préparation de la dalle ou de la chape va engendrer une perte de temps et un coût supplémentaire. » De plus, la RT 2012 apporte son lot de contraintes. Pour atteindre les performances thermiques souhaitées, les panneaux isolants vont gagner en épaisseur : de 60 à 80 mm hier ils passent aujourd'hui à 100 mm, voire 120 mm. Mais si leur coefficient thermique est bon, qu'en est-il de leur coefficient de compressibilité, source de bien des sinistres en carrelage ? « Les carreleurs sont unanimes sur ce point. Ils craignent une nouvelle augmentation des sinistres en raison des fortes épaisseurs imposées et de leur faible résistance à la compression. » D'autres solutions sont sur le marché français après avoir fait leurs preuves dans d'autres pays. Elles répondent aux contraintes techniques et réglementaires. « Aujourd'hui, nous avons besoin d'un matériau qui soit à la fois un ravoirage, pour rattraper les problèmes de planéité et pour couvrir les gaines et canalisations, et un isolant thermique répondant aux normes imposées par la RT 2012. Nous avons trouvé ces solutions dans les mousses de polyuréthane projeté dont quatre références sont sous Avis technique, précise Maryse De Stefano. La mousse de polyuréthane assure la performance thermique de l'ouvrage et une étanchéité à l'air parfaite et continue en une seule intervention. » De plus, le procédé garantit une résistance à la compression supérieure à celle des panneaux isolants traditionnels. « Nous allons désormais vers des solutions qui contribuent à réduire la sinistralité au niveau du carrelage », se félicite la chef d'entreprise, qui souligne toutefois que cette isolation projetée « deux en un » présente l'inconvénient d'une mise en oeuvre plus complexe, car elle nécessite un personnel qualifié et expérimenté (1). Reste un frein selon elle : « Le NF DTU 52.10 est une très bonne chose pour les carreleurs, mais il faudrait que la pratique qui consiste à confier ce lot uniquement au chauffagiste évolue. Il est primordial de confier aux carreleurs la mise en oeuvre de l'isolation sous carrelage. Conscients des sinistres potentiels occasionnés par le non-respect des règles de mise en oeuvre, ils seront les garants de l'application de ces nouvelles normes. »

Pour en savoir plus
  • UNECB-FFB (Union nationale des entrepreneurs céramistes du bâtiment), tél. : 01 40 69 58 20, www.unecb.ffbatiment.fr