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Bâtimétiers N° 20 - 2010 | ENVELOPPE

ISOLANTS : LES CRITÈRES DE PERFORMANCE

Les mesures d'économies d'énergie mettent l'isolation en vedette et conduisent les fabricants à rivaliser d'imagination pour proposer de nouveaux matériaux et multiplier les déclinaisons. Pour faciliter le choix des isolants, Bâtimétiers dresse le tableau de l'existant selon des critères de performance et abordera leur mise en œuvre dans son prochain numéro.

Le sujet a beau être sensible depuis plus de trente ans (chocs pétroliers, réglementations thermiques 2000 et 2005), il aura fallu attendre, en France, le Grenelle de l'environnement pour faire de la réduction des consommations énergétiques du bâtiment une priorité - et, du même coup, de l'isolation l'un des grands enjeux de la construction.

Tout le monde aujourd'hui en est convaincu : il faut isoler, et « bien » isoler. Or, avant de mettre en œuvre, il s'agit de sélectionner des produits adéquats. Autrement dit, pour le professionnel, de hiérarchiser les critères pour guider son choix ou pour éclairer celui d'un client et répondre à ses questions (le tableau ci-après fournit ainsi des informations claires pour l'aider dans cette démarche).

La tâche n'est pas si facile car l'offre s'est fortement diversifiée et les fabricants mettent en avant les spécificités de leurs produits comme autant d'avantages ; or ceux-ci sont parfois éloignés de la fonction recherchée...

Il en est ainsi du caractère naturel ou « bio » des isolants à base de fibres végétales ou animales qui sont apparus sur le marché ces dernières années. Ces produits ont à leur actif un bilan écologique positif, car ce sont des matériaux renouvelables dont la production entraîne souvent moins de consommation d'énergie grise(1) et moins de rejets de gaz à effet de serre (à l'exception des panneaux de fibres de bois). Cela ne leur donne pas pour autant un avantage en termes de performance d'isolation. De plus, ils sont souvent plus chers et leur étiquetage « produit naturel » ne doit pas faire oublier qu'ils peuvent incorporer des adjuvants indispensables à leur durabilité, tels que des liants polyesters, des antifongiques, des ignifugeants, à l'exception du liège expansé qui, utilisé pur, est le seul isolant totalement écologique. Largement présents chez les fournisseurs, ces produits n'ont pas supplanté à ce jour les isolants traditionnels, qui représentent toujours 85 % des ventes. Autres critères de jugement : le classement au feu du matériau et le marquage CE ou encore les fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), qui peuvent être utiles pour adapter son choix à une situation donnée.

Conductivité thermique (λ) et résistance thermique (R)

S'agissant de leur fonction première, tous les produits disponibles - isolants artificiels, fibres minérales, végétales ou animales - doivent être considérés du point de vue de leur performance. Cette dernière tient à deux caractéristiques : la conductivité thermique et la résistance thermique. La conductivité thermique, symbolisée par la lettre grecque lambda (%26#x03bb;) et exprimée en W/m.K, définit l'aptitude du matériau à conduire la chaleur. Celui-ci est donc d'autant plus isolant que son %26#x03bb; est bas (on considère généralement qu'il n'a de réelle capacité isolante que si son %26#x03bb; est inférieur à 0,065 W/m.K). Dans la pratique, on se fiera plutôt au second critère : la résistance thermique (R), plus habituelle. Elle correspond à l'épaisseur du produit divisée par sa conductivité. Elle s'exprime en m2.K/W et doit être la plus élevée possible. Elle conditionne généralement la possibilité d'obtenir un éco-prêt à taux zéro ou de bénéficier d'un crédit d'impôt.

Ces produits doivent également offrir des garanties de qualité et de fiabilité. Plusieurs éléments permettent de s'assurer sur ce point : la certification Acermi (Association pour la certification des matériaux isolants), qui fournit des indications sur le profil d'usage « ISOLE » correspondant à l'évaluation des produits sur cinq caractéristiques physiques (incompressibilité (I), stabilité dimensionnelle (S), comportement à l'eau (O), résistance à la traction (L), perméance à la vapeur d'eau (E)) ; l'Avis technique du CSTB (valable pour un domaine d'application donné) ou l'attestation de conformité à une norme quand celle-ci existe (NF EN 13162 pour la laine de verre, NF EN 13170 pour le liège, etc.). Ces évaluations techniques ne s'appliquent évidemment pas au produit générique et devront être vérifiées pour chaque déclinaison produit de chaque marque commerciale. Enfin, le choix de l'isolant devra être fait en fonction des travaux envisagés (isolation de murs, de combles, etc.), en tenant compte du conditionnement (plaques, rouleaux, vrac, etc.), car tous les produits sont spécifiés en vue d'une application bien définie.

(1) L'énergie grise est l'énergie qu'il faut dépenser pour fabriquer et distribuer le produit depuis l'extraction des matières premières jusqu'à l'élimination en fin de vie. Sur ce critère, beaucoup de produits d'origine naturelle se classent nettement en tête.

(Cliquez sur le tableau pour l'agrandir)

Pour en savoir plus

UMPI-FFB (Union des métiers du plâtre et de l'isolation), tél. : 01 40 69 52 14, www.umpi.ffbatiment.fr