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Bâtimétiers N° 22 - 2011 | GROS OEUVRE/STRUCTURE

FICHE PATHOLOGIE

Mouvements de fondations de maisons individuelles. Tassements courants

Le constat

Les maisons individuelles sont habituellement fondées superficiellement par des semelles en béton armé. En présence d'un sol déformable, ces fondations peuvent subir des mouvements susceptibles d'engendrer des dommages importants : apparition de fissures ou lézardes sur les murs, sous l'effet des charges. Les aménagements intérieurs, surtout s'ils sont en dur (cloisons en carreaux de plâtre, carrelage) peuvent aussi subir les contrecoups de ces mouvements. Un tassement différentiel des fondations de l'ordre du centimètre peut suffire à induire ces phénomènes.

Le diagnostic des désordres

Les maisons concernées ont souvent été construites en maçonnerie (briques ou blocs de béton), sans sous-sol complet, sur des fondations en béton armé de faible profondeur (entre 0,50 et 1 m). Ces fondations ont pour fonction de diffuser les charges du bâtiment (poids des matériaux et charges d'exploitation) dans le sol jusqu'à une profondeur qui ne dépasse pas, en principe, 3 à 4 m sous leur niveau d'assise. Si, dans ces limites, le terrain est fait d'éléments rocheux, aucun incident grave n'est à craindre. Mais le pavillon risque de subir les conséquences de mouvements du sol si celui-ci contient de manière aléatoire des inclusions rocheuses ou comporte une couche déformable (argileuse, limoneuse, sableuse). À noter : le risque spécifique retrait/gonflement des argiles est abordé dans la fiche A.2.

Trois conditions doivent être réunies pour déclencher la fissuration

  • La présence de sols compressibles dans cette limite d'influence des fondations peut amener le sol à se déformer trop fortement sous le poids des structures.
  • Des charges irrégulièrement réparties provoquent un tassement différentiel. Le sol se déformera donc plus ou moins selon les points d'appui (voir schéma ci-dessous).
  • Les déformations différentielles du sol sont pour la superstructure des déplacements imposés, qui engendrent des contraintes de traction et de cisaillement dans la superstructure. Les points les plus faibles et notamment les joints de maçonnerie seront les premiers à ne pas résister à ces contraintes.

Les autres causes de désordres

  • L'implantation du bâtiment sur un sol hétérogène, renfermant des inclusions rocheuses qui constituent autant de points durs ou, au contraire, des débris végétaux (tourbes) ou des matières organiques en décomposition (vases) qui forment des zones compressibles.
  • L'implantation de la maison directement sur la terre végétale ou à si faible profondeur que le sol n'est pas à l'abri du gel (se référer au FD P 18-326 "zones de gel en France").
  • La présence juxtaposée de deux remblais d'âge différent sous les fondations : un ancien, peu compressible, et un récent, mal compacté lors des travaux.
  • La création ultérieure d'une plate-forme contre une façade du pavillon. Elle crée une charge parasite excessive au droit de la semelle de ce mur.
  • La rupture d'une canalisation enterrée ou d'un regard d'eau pluviale, voire simplement la chute de précipitations dans les fonds de fouilles lors de l'exécution. Elle provoque une arrivée d'eau qui change localement la consistance du sol en pied de mur.

Les bonnes pratiques

  • Hors des zones connues et répertoriées, avoir recours à un BET spécialisé pour étudier les caractéristiques géotechniques du sol est indispensable.
  • Ne pas utiliser en fondation les procédés avec béton de fibre, qui relevent d'Avis techniques sans s'être rapproché de l'assureur.
  • Bien décaper et nettoyer le fond de fouilles.
  • Reporter le coulage des fondations en cas de pluies trop abondantes.
  • Respecter les autres conditions de mise en œuvre des fondations superficielles fixées par le NF DTU 13.11.

À consulter

  • NF P 94.500 : classification des missions types d'ingénierie géotechnique.
  • XP P94-011 : sols - reconnaissance et essais.
  • NF DTU 13.11 : fondations superficielles.
  • NF DTU 20.1 : ouvrages de maçonnerie en petits éléments.

L'essentiel

  • Hors des zones notoirement connues et répertoriées, faire réaliser une étude de sol.
  • Mettre en œuvre conformément au NF DTU 13.11.

Pour en savoir plus

- www.qualiteconstruction.com

- www.smabtp.fr

Cette fiche est extraite du classeur « Fiches pathologie du bâtiment », réalisé par l’Agence qualité construction (AQC) et la Fondation Excellence SMA. Les 61 fiches pathologie sont consultables sur www.qualiteconstruction.com ou www.smabtp.fr ; elles reprennent les principales pathologies par type d’ouvrage (fondations et infrastructures, structures et gros œuvre, toitures et charpentes, enveloppes et revêtements extérieurs, équipements, aménagements intérieurs).