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Bâtimétiers N° 26 - 2012 | GROS OEUVRE/STRUCTURE

Étude

Les ciments « verts » font leurs preuves

Selon une étude comparative menée sur plusieurs années, les ciments allégés en clinker présentent une aptitude à l'usage équivalente à celle des ciments traditionnels.

Les cimentiers ont récemment mis au point et lancé des nouveaux produits à formulation réduite en clinker - dont la fabrication génère de grandes quantités de CO2 - au profit de composants de substitution tels que les laitiers de haut fourneau ou les cendres volantes. Il en résulte des ciments qui ont un plus faible impact sur l'environnement. Les ciments conformes à la norme NF EN 197-1 sont classés en cinq catégories - CEM I à CEM V - en fonction notamment de leur teneur décroissante en clinker (par exemple 95 à 100 % de clinker pour les ciments classés CEM I, mais seulement 5 à 64 % pour les ciments classés CEM III). Mais au-delà d'une meilleure empreinte écologique, quelle est l'aptitude à l'usage de ces nouveaux ciments ? Pour le savoir, la FFB, l'UMGO-FFB et l'Atilh(1) ont, à partir de 2007, lancé une réflexion, puis réalisé une étude comparative entre un ciment de référence classé CEM II, deux nouveaux ciments classés CEM III (un CEM III/A 52,5 L et un CEM III/A 42,5 N, contenant du laitier de haut fourneau) et un ciment classé CEM V (CEM V/A (S-V) 32,5 N contenant du laitier et des cendres volantes), dont les conclusions ont été rendues en octobre dernier. Avant l'expérimentation, on a procédé à la caractérisation des ciments testés, sur la base des normes en vigueur, en déterminant la composition élémentaire, la résistance mécanique, la masse volumique, la surface spécifique Blaine et le retrait.

DES CONCLUSIONS ISSUES DE L'EXPÉRIMENTATION

L'étude proprement dite a consisté à construire quatre murets, en utilisant chacun des quatre ciments dans trois applications courantes : un mortier de hourdage, un enduit qui a été appliqué sur le muret et un mortier de chape, dans le but de comparer l'aptitude à l'usage des nouveaux ciments. Ces travaux ont été réalisés conformément aux DTU en vigueur : 20.1 « Ouvrages en maçonneries de petits éléments », 26.1 « Travaux d'enduits de mortiers » et 26.2 « Chapes et dalles à base de liants hydrauliques ». Premier enseignement de l'étude, la réalisation de ces ouvrages n'a mis à jour aucune différence importante portant sur l'aptitude à l'usage des différents ciments. « Hormis l'un des produits, qui se distingue par son aspect sans poussières, tous les ciments testés ont un comportement à l'usage homogène, indique Marc Taravella, dirigeant de l'entreprise de gros oeuvre Boctar Bâtiment SA (Sartrouville, Yvelines), qui a réalisé la mise en oeuvre. Nous avons simplement dû, pour certaines applications, adapter le dosage en eau indiqué par les fabricants pour obtenir la plasticité voulue. » Autre enseignement, la caractérisation des différents mortiers, aussi bien à l'état frais (pour connaître leur comportement dans les deux premières heures) qu'à l'état durci (en testant des éprouvettes après un délai de 28 jours), n'a laissé apparaître aucune différence entre le ciment de référence et les nouveaux ciments. Enfin, les murets, réalisés en 2009, ont fait l'objet d'un vieillissement naturel d'un an afin d'évaluer les effets des variations climatiques sur les corps d'épreuve. À l'issue de cette expérimentation, seul un muret a présenté une microfissure non structurelle et ne remettant pas en cause la résistance de l'ouvrage. Dans ses conclusions, l'étude ne relève aucun problème spécifique lié à l'utilisation des nouveaux ciments allégés en clinker, qui présentent donc une aptitude à l'usage équivalente à celle des ciments traditionnels.

1

Association technique de l’industrie des liants hydrauliques.

Pour en savoir plus

UMGO-FFB (Union de la maçonnerie et du gros oeuvre), tél. : 01 40 69 51 59, www.umgo.ffbatiment.fr