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Bâtimétiers N° 53 - 2018 | Aménagements/Finitions

Douches à l'italienne à traiter avec soin

Aussi appelées « douches de plain-pied », ces espaces sans receveur céramique séduisent par leur esthétisme affleurant tout en apportant une solution d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Mais leur mise en oeuvre doit être exécutée avec soin pour éviter toute infiltration d'eau dans les locaux périphériques ou sous-jacents.

« Tout d'abord, lorsque je réalise des douches à l'italienne, je vérifie l'uniformité du support dans toute la salle de bains, explique Nathan Salomone, directeur associé de l'entreprise Kernen, à Lorient (Morbihan). Par exemple, je refuse de réaliser une partie avec un isolant thermique. Le support doit être partout de même nature afin de ne pas avoir de différences de joints de fractionnement qui créeraient autant de points de faiblesse. » 

 

Cette précaution annoncée d'emblée par ce spécialiste des chapes et revêtements de sol n'est pas la première qu'il met en application. Les douches à l'italienne restent des ouvrages sensibles, parce qu'ils sont exempts de receveur en céramique - sans oublier que ceux prêts à carreler sont réservés aux locaux privatifs - et qu'un ouvrage carrelé à lui seul ne peut pas assurer une étanchéité. Ainsi, Nathan Salomone n'est pas avare de précautions : « Je refuse les appels d'offres avec plancher chauffant dans la zone de douche de plain-pied. Même quand le marché avance qu'un siphon scellé sur une dalle béton ne présente aucun risque. C'est hors NF DTU », martèle-t-il. De même, véritable enjeu pour ces ouvrages affleurants, il traite l'inclinaison du plan carrelé avec prudence. « Afin d'éviter toute retenue d'eau, je réalise plutôt une pente de 3 %. » Soit au-dessus des réglementaires 2 % a minima pour le revêtement, sachant que les pentes nulles sont à proscrire. En outre, les douches de plain-pied entièrement carrelées présentent un risque évident : celui de voir l'eau migrer vers les locaux périphériques ou sous-jacents s'il y a lieu. L'étanchéité, clé de la durabilité de ces ouvrages, doit donc être traitée avec un soin tout particulier. «J'utilise des SEL (systèmes d'étanchéité liquide) sur la totalité des parois exposées à l'eau, poursuit Nathan Salomone. Je privilégie des produits sous Avis technique dont l'emploi en douches à l'italienne est visé.» Mais protéger la zone d'emprise de la douche ne suffit pas. Il faut aussi étudier celles concernées par d'éventuelles projections d'eau. La présence ou non d'un pare-douche se vérifie dans les pièces du marché. Et si l'étanchéité au sol doit rejoindre un SPEC (système de protection à l'eau sous carrelage) sur les parois verticales, un relevé périphérique sera réalisé tout en veillant au recouvrement par chevauchement entre les deux procédés.

 

Dans le choix des revêtements à mettre en oeuvre en douches à l'italienne, Nathan Salomone a aussi ses préférences pour contribuer à la pérennité de l'ouvrage. « Avec toujours pour objectif d'éviter au maximum les flashs d'eau, je préfère coller des mosaïques de 5 x 5 cm. Des formats supérieurs signifient des largeurs de joint supérieures et autant de surface supplémentaire de retenue d'eau. » Pour ce qui concerne le choix des produits de mise en oeuvre, comme pour les SEL, l'aptitude à l'emploi doit être adaptée en douches à l'italienne. Une donnée qui se vérifie en se référant aux Avis techniques. « En intégrant le retour que je reçois de mes clients, je préconise la mise en oeuvre de joints époxy. Ils sont plus faciles à nettoyer et à entretenir. Non poreux, ils ne retiennent pas les bactéries et ne s'encrassent pas. » 

 

Le jointoiement, comme pour tout revêtement carrelé, est aussi une étape demandant un soin particulier. Même si l'ouvrage fini n'assure pas l'étanchéité, les points particulièrement sensibles, outre le siphon d'évacuation encastré dans le sol, restent les angles rentrants et sortants. Ces précautions sont particulièrement importantes pour les douches à l'italienne en plancher intermédiaire, situées au-dessus d'une pièce à vivre.

 

Sans un traitement soigné de tous ces points singuliers, en intégrant dès la conception de l'ouvrage les contraintes spécifiques liées à l'étanchéité, « le sinistre est assuré », prévient le dirigeant de l'entreprise Kernen.

Pour en savoir plus

UNECB-FFB (Union nationale des entrepreneurs de carrelage du bâtiment),

tél. : 01 40 69 58 20,

www.unecb.ffbatiment.fr