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Bâtimétiers N° 14 - 2009 | FINITIONS/AMÉNAGEMENT

CUISINES COLLECTIVES

LES PRÉCAUTIONS DE MISE EN OEUVRE POUR LES CARREAUX CÉRAMIQUES

Malgré la complexité de l'ouvrage, il n'existe pas de texte technique spécifique aux cuisines collectives. La pose de carreaux céramiques nécessite donc un ensemble de précautions pour rester en conformité avec les obligations réglementaires.

La conception d'une cuisine collective est un projet complexe, notamment en raison des nombreuses contraintes qui lui sont associées : sécurité, hygiène, résistance au feu, pente au sol... Si les carreaux céramiques offrent une solution adaptée pour ce type de local, la qualité de l'ouvrage repose en grande partie sur sa préparation en amont. À commencer par une bonne concertation entre tous les acteurs - maîtrise d'ouvrage, maîtres d'œuvre, bureaux d'études, services techniques d'entretien et utilisateurs finaux. « La première chose à faire est de lire très attentivement le descriptif de l'architecte », prévient Jacques Gautier, gérant de SRS, agence de Villejuif qui travaille sur un chantier de restauration d'entreprise Porte des Lilas à Paris. « Il y a souvent des imprécisions sur le type de matériaux et des contradictions avec les règles professionnelles. » L'entrepreneur recommande également de fournir un ensemble de documents à faire valider par un bureau de contrôle ou par le maître d'ouvrage. Parmi ces documents, il cite un carnet de détail comprenant : une coupe sur siphons (inox) avec garde d'eau suffisante et paniers de déchets, un relevé en plinthes avec les plinthes à gorge, le traitement des pieds d'huisseries, un plan de calepinage de l'ensemble du carrelage et des joints de fractionnement, le pourcentage de pentes, la fiche technique des matériaux (type de chape, de joints, de joints de rupture, de carrelage) et les qualifications de l'entreprise.

Avant d'entamer la mise en œuvre, il convient également de bien choisir les matériaux. Les cuisines collectives font partie des locaux classés P4S (classement UPEC des locaux). Elles nécessitent donc l'utilisation de carreaux céramiques classés P4S (classement UPEC des carreaux).

POSE SCELLÉE OU COLLÉE

À ce stade, il est important de savoir quelle sera la pose privilégiée (collée ou scellée), puisqu'elle détermine le format des carreaux. En pose scellée, qui consiste à tirer une chape fraîche pour y insérer les carreaux avant séchage (DTU 52.1), les carreaux sont limités à 400 cm². La pose collée, qui s'effectue sur une chape sèche ou sur une dalle, permet d'utiliser un format étendu à 1 100 cm² (sauf en présence de siphons). À ce titre, précisons que le DTU 26.2 « Chapes et dalles à base de liants hydraulique » a été révisé en avril 2008. Jusqu'alors limité aux locaux P3, il concerne désormais non seulement les locaux P4, mais aussi les cuisines collectives. Dans le nouveau texte, un article spécifique aux cuisines collectives autorise la réalisation d'une chape (ou la mise en œuvre d'une dalle) en pente à condition de respecter une épaisseur minimale : 3 cm pour une chape et 5 cm pour une dalle. Un obstacle en moins pour les carreleurs. En effet, les textes de mise en œuvre imposent une pente généralisée d'au minimum 1 % dirigée vers les siphons ou systèmes de récupération d'eau dans les cuisines collectives. Théoriquement, la pente doit être prévue au moment du gros œuvre. Mais dans les faits, cette contrainte est rarement respectée. Résultat : si le carreleur devait lui-même réaliser une chape en pente sur un support horizontal, il se mettrait en contradiction avec l'ancien DTU 26.2 qui imposait une épaisseur de chape constante. En introduisant une forme de pente pour les chapes et dalles, le nouveau DTU 26.2 met donc fin à cette problématique de chantier. Enfin, il faut également tenir compte d'une contrainte de sécurité spécifique aux cuisines collectives : la glissance du revêtement. Afin de prévenir tout risque de glissade pour l'utilisateur final, il est recommandé de poser des carreaux antidérapants, conformément à la norme française XP P 05 011 qui classe les locaux en fonction de leur résistance à la glissance.

LES SYSTÈMES D'ÉTANCHÉITÉ LIQUIDE EN CUISINE COLLECTIVE

Les carreleurs sont parfois amenés à intervenir sur des étanchéités en cuisine collective, sous réserve d'être assurés pour cette activité. Celle-ci peut être réalisée de deux façons : soit une étanchéité traditionnelle, qui implique la mise en œuvre d'une protection lourde (mortier ou béton) au-dessus, soit une étanchéité par SEL (système d'étanchéité liquide). Attention toutefois, les règles professionnelles SEL limitent la pose collée aux locaux P3. Pour se mettre en conformité avec les règles professionnelles, il faut donc opter pour la pose scellée du carrelage, sauf à assurer spécifiquement son chantier en pose collée.

Pour en savoir plus

UNECB-FFB (Union nationale des entrepreneurs céramistes du bâtiment), tél. : 01 40 69 58 20, www.unecb.ffbatiment