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Bâtimétiers N° 17 - 2009 | ENVELOPPE

ÉTANCHÉITÉ PHOTOVOLTAÏQUE

LES ENTREPRENEURS S'ENGAGENT, LA PROFESSION S'ORGANISE

Prometteuse et motivante, l'étanchéité photovoltaïque impose au métier une évolution et des mises au point qui dépassent largement l'acquisition d'une nouvelle compétence technique. Premiers retours d'expérience avec le témoignage de deux entrepreneurs.

Comme toute évolution technique forte, l'arrivée des procédés d'étanchéité photovoltaïque en 2007-2008 a suscité des réactions marquées dans la profession : prudence pour certains, ne sachant pas comment gérer le bouleversement des pratiques ; enthousiasme pour d'autres, voyant surtout les opportunités de développement offertes par la nouveauté. Tel est le cas de Xavier Pratlong, responsable de la société Sete, basée à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), pour qui la nouveauté n'en était pas tout à fait une. « Nous étions en veille technologique sur ce sujet depuis plusieurs années, en relation avec divers fournisseurs européens, et nous attendions les produits », explique-t-il, soulignant la forte composante ingénierie de l'entreprise. Voici trente ans, il avait déjà consacré son projet de fin d'études aux énergies renouvelables.

Les prémices

L'intérêt pour le photovoltaïque est bien partagé au sein de l'entreprise. Le sujet est évoqué dès 2005 avec les clients, avant même la parution du décret de juillet 2006(1) et le Grenelle de l'environnement. La conviction de Xavier Pratlong et sa connaissance du sujet suscitent l'intérêt chez les maîtres d'ouvrage, et lui valent de décrocher une commande de grande envergure pour une installation de 167 kW de puissance crête (pour 7 000 m² de toiture étanchée avec un revêtement synthétique monocouche, compte tenu de la surface réelle des modules souples). « Si ce n'est pas la première (elle a été livrée en décembre 2007), c'est la plus importante installation du moment, souligne le dirigeant de la Sete non sans fierté. Nous avons tout fait, mais nous avons souffert aussi. » Au moment où l'entreprise se lance, le photovoltaïque est encore une technologie toute nouvelle que personne ne maîtrise vraiment : les produits sont d'origine étrangère ; les référentiels techniques n'existent pas ; on confond puissance en crête, production et rendement ; les repères manquent pour la partie électrique, etc. Essuyant les plâtres dans tous les domaines, le maître d'ouvrage se voit même opposer deux refus de financement avant d'obtenir un feu vert en juillet 2007. Si elle se solde en fin de compte par une belle réussite technique, cette première aura éprouvé l'entreprise. Rien d'étonnant donc, si Xavier Pratlong se retrouve en 2008 aux côtés d'autres entrepreneurs pour participer dans le cadre de la Chambre syndicale française de l'étanchéité (CSFE-FFB) à l'élaboration de recommandations professionnelles (voir encadré).

Le déclic

Responsable de l'entreprise Trebisol, installée à Grigny (Essonne), Jean-Claude Crozon est quant à lui arrivé au photovoltaïque d'une tout autre façon. Sensibilisé depuis longtemps au développement durable et à la protection de l'environnement par ses relations personnelles et au travers d'activités comme la plongée, il revendique son devoir de « faire quelque chose » comme acteur économique. Pour lui, le déclic se produit en 2005, lorsque son fournisseur présente son projet d'étanchéité photovoltaïque à l'occasion de l'assemblée générale de la CSFE-FFB. « C'est à ce moment que je me suis décidé ; lorsque le produit abouti a été exposé à Batimat, en 2007, j'ai voulu être le premier à m'équiper en région parisienne et je me suis lancé. » En même temps qu'il se met en accord avec ses convictions, Jean-Claude Crozon voit immédiatement le parti qu'il peut tirer d'une installation sur ses locaux en termes d'acquisition de compétences et de développement. Il équipe ainsi la toiture du siège de Trebisol de 315 m² de films collés sur membrane bitumineuse (18,6 kW de puissance en crête) et complète sa centrale d'un système de suivi lui permettant d'afficher en temps réel sur un écran dédié tous les critères de fonctionnement (ensoleillement, production, température, vitesse du vent), ainsi que des données statistiques (production journalière, mensuelle, etc.). Il dispose ainsi de tous les éléments pour présenter concrètement une installation à ses clients, expliquer « comment ça marche et surtout démontrer que ça marche(2), facture transmises à EDF à l'appui ».

« L'investissement financier et personnel est totalement justifié au regard de l'intérêt suscité », estime-t-il. Près d'une centaine de personnes (maîtres d'ouvrage, architectes, contrôleurs techniques, collectivités, etc.) répond ainsi à son invitation pour l'inauguration de sa centrale en juin 2009 - un moment pourtant peu propice, puisque la crise financière a entraîné l'ajournement de la plupart des projets. Le constat est le même pour Xavier Pratlong qui, au lendemain de sa grande opération et de quelques autres, ne doutait pas qu'il parviendrait à doubler son chiffre d'activité en 2008 grâce au photovoltaïque. L'élan paraît suspendu, mais le besoin demeure. La technologie est là, les premiers Avis techniques de procédés ont été délivrés et la profession s'organise. Le véritable essor de l'étanchéité photovoltaïque n'est que partie remise.

(1) Conditions de rachat de l'électricité par EDF.
(2) La production annuelle théorique de la centrale est de 17 500 kWh.

Recommandations professionnelles : un premier référentiel

Dans le contexte de développement(1) que connaît le photovoltaïque en France, la CSFE-FFB avait constitué en avril 2008 un groupe de travail associant les professionnels, les assureurs, les fabricants d'étanchéité et certains fabricants d'isolants afin d'apporter des réponses aux multiples questions posées par cette nouvelle technologie. Les conclusions de ces travaux ont été présentées en juin dernier sous forme d'un guide de recommandations professionnelles pour la mise en œuvre de procédés d'étanchéité photovoltaïque avec modules souples. L'ouvrage traite de l'organisation des marchés, du rôle des différents intervenants, des particularités de mise en œuvre, de l'entretien, des assurances et de la limite des engagements contractuels, et s'attache à délimiter un périmètre de prestations qui valorise les compétences des entreprises. Accessible sur le site Internet de la CSFE-FFB, ce guide est le premier référentiel professionnel traitant du photovoltaïque. À noter qu'un groupe spécifique, regroupant les différents métiers, vient d'être mis en place à la FFB pour travailler en concertation et faire progresser le photovoltaïque tout en maîtrisant les risques liés à la jeunesse de cette technologie. À sa demande, Qualibat devrait mettre en place des qualifications relatives au photovoltaïque intégré.

(1) Entre 2006 et 2008, le nombre de demandes pour des installations photovoltaïques, toutes techniques confondues, est passé en France de 1 600 à 25 000, et la puissance installée de 34 à 175 MW (source : site Internet www.outilssolaires.com).

Pour en savoir plus

CSFE-FFB (Chambre syndicale française de l'étanchéité), tél. : 01 56 62 13 20, www.etancheite.com