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Bâtimétiers N° 29 - 2012 | AMÉNAGEMENT/FINITIONS

Moquette

Le revêtement de sol anti-allergène

Depuis plus de trente ans, la moquette souffre d'une mauvaise image en France, notamment parce qu'elle contribuerait à une mauvaise qualité de l'air intérieur. Des allégations sans fondement et contraires à des études scientifiques menées dans d'autres pays.

« La moquette est de loin le meilleur revêtement de sol pour lutter contre la pollution de l'air intérieur », avance sans ambages Alain Malfanti, expert auprès de la cour d'appel de Versailles et président de la CNERS (Compagnie nationale des experts en revêtements de sols et murs). Et de joindre la démonstration au discours : « Elle évite la propagation des allergènes dans l'air, qui se bloquent dans son velours. Or, les sols lisses laissent plus facilement diffuser les particules dans l'atmosphère, les allergènes deviennent ainsi faciles à inhaler. » Pourtant, depuis les années 80 et 90, la moquette a progressivement disparu des pièces de l'habitat en France. Elle était considérée comme un véritable nid à poussière, vecteur d'allergies. La faute notamment à un hebdomadaire à fort tirage. « Le magazine avait publié sur une double page en couleurs la photo zoomée d'un acarien, qui avait effrayé bien des lecteurs et alerté le monde médical », se souvient l'expert. La moquette est alors devenue synonyme d'allergies. Or, en 1996, l'Institut suédois pour la recherche sur les fibres et polymères publie une étude qui démontre exactement l'inverse. Alors que la part de marché de ce revêtement de sol textile s'effondrait de 40 % en 1975 à 2 % en 1992, les allergies chez les Suédois étaient multipliées par six sur la même période. Dans d'autres pays, plusieurs études ont également prouvé que la moquette ne présentait pas de conditions favorables au développement d'allergies - aux acariens y compris.

Pas de corrélation avec l'asthme chez les enfants

Dès les années 80, en Suisse, des tests effectués en laboratoire prouvaient que la moquette offre une protection efficace contre les allergènes d'acariens domestiques ; mais ces tests émanaient de fabricants de produits de traitement. « Ils pouvaient donc donner le sentiment qu'ils prêchaient pour leur paroisse », concède Alain Malfanti. Reste qu'entre 1995 et 2000, si une étude allemande publiée dans la revue Allergy and Immunology a bien observé une corrélation chez l'enfant entre asthme et exposition aux moisissures, à la cuisine au gaz ou encore à la fumée de tabac, la présence de moquette dans l'habitat, en revanche, n'a révélé aucune association positive vis-à-vis des conditions respiratoires. Par ailleurs, en 2001, aux États-Unis, le docteur Allen Hedge, expert en environnement intérieur, a présenté les résultats de ses études lors d'une réunion annuelle du Conseil des responsables des bâtiments d'éducation scolaire. « Il rapporte notamment que la moquette est capable d'améliorer la qualité de l'air intérieur dans les écoles en captant et retenant la poussière, les contaminants et les allergènes, qui, avec un autre revêtement, seraient des polluants en suspension », poursuit le président de la CNERS.

La moquette recommandée contre l'asthme

Une autre étude américaine, réalisée en 2003 sur plus de 4 600 enfants d'écoles primaires, a permis de conclure que la présence de moquette dans leurs chambres entraînait une baisse de consommation des médicaments contre l'asthme. Pour sa part, le DAAB, l'association allemande Asthme et Allergie, a publié pour la première fois en 2005 des recommandations officielles en faveur des produits qui réduisent la concentration des poussières fines dans l'air intérieur. Parallèlement, elle a commandé auprès de l'institut environnemental allemand GUT une étude sur la concentration des poussières fines à l'intérieur des locaux. En s'appuyant sur le constat scientifique de cette étude, le DAAB a décidé de recommander aux personnes allergiques des moquettes contrôlées et certifiées - un gage de qualité. Selon Alain Malfanti, au vu de ces différentes analyses, il faut une bonne fois pour toutes réfuter les idées reçues. « La moquette constitue un excellent revêtement de sol sur le plan de la lutte contre les allergies. Elle est le seul capable de fixer les allergènes, dont l'élimination ne relève plus que d'un entretien adapté. De plus, les fabricants de moquettes ont considérablement amélioré leurs produits en leur apportant des fonctions complémentaires, dont les traitements contre les acariens pour des risques d'asthme encore plus éludés. »

Pour en savoir plus

UNRST-FFB (Union des revêtements de sols techniques), tél. : 01 40 69 51 45, www.unrst.com