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Bâtimétiers N° 5 - 2006 | Finitions/Aménagement

GLISSANCE

Enfin une norme française !

Mettant fin à un certain flou, une norme nationale établit désormais des spécifications sur
« l'antiglissance » des locaux et des revêtements de sols, en particulier des carreaux céramiques.

La résistance des locaux à la glissance fait enfin l'objet d'une norme française. Avant la publication, en octobre 2005, de la norme XP P 05-011(1), il n'existait aucune régle spécifiquement nationale en la matière. De fait, les fabricants de revêtements de sols, et tout particulièrement des carreaux de céramique, se référaient aux normes allemandes DIN 51 130 et DIN 51 097. Il n'existait toutefois aucune contrainte réglementaire se référant aux normes. L'existence d'une norme en la matière est pourtant essentielle. Les chutes par glissement constituent en effet les types d'accident les plus fréquents. Elles peuvent intervenir dans des lieux collectifs (piscines, parkings, grandes surfaces, etc.), mais aussi au travail (restauration collective) ou à domicile (cuisine, salle de bains...). Autant humaines que financières, les conséquences des glissances peuvent être tout à fait importantes. Pour le fabricant et l'entrepreneur, elles sont d'autant plus préjudiciables que le particulier n'hésite plus aujourd'hui à faire valoir ses droits en cas de problème.

Une démarche de prévention est bien sûr le meilleur moyen de réduire les risques d'accidents. Outre le choix du revêtement de sol proprement dit, le maître d'œuvre doit étudier les flux de circulation lors de la conception de l'ouvrage, afin de traiter les zones à risque de glissade le plus en amont possible. À lui d'identifier, par exemple, les zones soumises aux intempéries, les entrées, les zones souillées par des fluides ou des produits gras, mais aussi les escaliers, les rampes d'accès, etc. Cette démarche de prévention inclut également le protocole de nettoyage et le choix du revêtement de sol. Dans tous les cas, le maître d'ouvrage ou son représentant doivent être capables de préciser l'ensemble des contraintes que la destination de l'ouvrage est susceptible d'imposer au revêtement lors de son exploitation : agressions mécaniques, chimiques et thermiques.

DIFFÉRENTS SEUILS DÉFINIS

Pour toutes ces raisons, la nouvelle norme propose des seuils de glissance en fonction de l'activité et du local considéré. Elle se base sur la norme d'essai XP P 05-010 de janvier 2004, laquelle détermine notamment les méthodes d'évaluation de la glissance des revêtements de sols (voir encadré). La glissance y est définie comme un état de surface présentant un très faible coefficient de frottement. Basée sur les critères d'essai établis par la norme XP P 05-010, la norme XP P 05-011 (toutes deux ont le même domaine d'application) assure à la fois le classement des locaux en fonction de leur résistance à la glissance et le classement des revêtements de sols selon l'activité du local considéré.

Deux grandes familles de locaux sont prises en considération : en pieds nus (PN) et en pieds chaussés (PC). Le premier classement (PN) comprend notamment les locaux suivants : salles d'eau avec zone sans receveur de douche, vestiaires des locaux sportifs, douches collectives, piscines (plages, fonds de bassin, pédiluves), locaux de thermalisme. Le classement PC, lui, concerne en particulier les galeries commerciales, commerces, zones de vente des grandes surfaces, cuisines collectives, aires de transports (gares, aéroports...), locaux agroalimentaires, etc. Par exemple : PN 18 pour les plages de piscine et PC 35 pour les locaux de préparation chaude. Pour des locaux non cités par la norme XP P-05 011, l'UNECB-FFB(2) souligne que c'est au maître d'ouvrage ou à son maître d'œuvre de les classer par assimilation.

UNE RÉFÉRENCE POUR TOUTE LA FILIÈRE

L'adoption de cette norme française constitue un indéniable progrès par rapport à la situation antérieure. La nouvelle spécification (qui peut figurer dès maintenant sur les pièces des marchés) clarifie les règles du jeu et place désormais le prescripteur d'un ouvrage devant ses responsabilités : à lui de se référer aux textes appropriés. L'entreprise doit toutefois être capable de vérifier que le carreau prescrit est bien adapté aux locaux concernés. Elle pourra, à cet effet, lire le procès-verbal d'essai sur le site web de l'Afnor(3).

L'entretien des locaux est également primordial, car il doit permettre au carrelage de conserver son caractère non glissant. Sur ce point, l'association Systèmes céramiques (qui regroupe toute la filière : fabricants et entrepreneurs, représentés par l'UNECB-FFB) a défini une fiche d'entretien, disponible sur son site(4). Les fabricants procèdent actuellement au classement de leurs carreaux, mais en l'absence de ce classement, l'assimilation avec les normes DIN est acceptée. Enfin, une norme européenne est actuellement en cours de définition. Elle se basera sur la même méthode d'essai en « plan incliné » que la DIN ou la nouvelle norme française. L'harmonisation européenne est donc progressivement en cours. Il est bon de noter également que le comité particulier de la marque « NF-Upec » carreaux céramiques a d'ores et déjà pris l'initiative d'introduire la glissance au sein de la certification Upec.

1

La norme XP P 05-011 concerne les revêtements de sols céramiques, les revêtements de sols à base de résine, les peintures de sols, les revêtements de sols résilients et les revêtements de sols stratifiés.

2

Union nationale des entrepreneurs céramistes du bâtiment.

COMMENT ÉVALUER LA GLISSANCE D'UN CARREAU CÉRAMIQUE ?

L'évaluation de la glissance est effectuée par une méthode d'essai décrite dans la norme XP P 05-010 et basée sur le principe de l'angle d'inclinaison. Un opérateur marche en avant puis en arrière sur le sol testé. Ce sol est revêtu d'huile pour les essais en pieds chaussés et d'eau pour les tests en pieds nus. L'inclinaison de ce sol augmente jusqu'à ce que l'opérateur détecte une amorce de glissade. C'est l'angle occupé à ce moment-là par le sol qui établit le classement. Un classement PN 6 (pieds nus), par exemple, signifie que l'angle est supérieur ou égal à 6 ° et strictement inférieur à 12 °, comme le détaillent les deux tableaux.

EXIGENCES RELATIVES À LA GLISSANCE (MÉTHODE D'ESSAI XP P 05-010)

  Norme allemande
DIN 51 097
Norme française
XP P 05-010
Angle limite
PIEDS
NUS
A PN6
PN12
6° ≤ α < 12°
12° ≤ α < 18°
B PN18 18° ≤ α < 24°
C PN24 α ≥ 24°
  Norme allemande
DIN 51 130 et notice ZH 1/571
Norme française
XP P 05-010
Angle limite
PIEDS
CHAUSSÉS
R9 R9 6° ≤ α < 10°
R10 R10 10° ≤ α < 20°
R11 R11 20° ≤ α < 27°
R12 R12 27° ≤ α < 35°
R 13 R 13 α ≥ 35°



« LA RÈGLE EST PLUS CLAIRE POUR TOUS »

Jérôme Guyard, entrepreneur céramiste au Mée-sur-Seine (Seine-et-Marne).

« Pour les entrepreneurs céramistes, l'arrivée de cette norme sur la glissance est une bonne nouvelle. Jusqu'à présent, il fallait que nous soyons en conformité aux normes allemandes DIN ; en cas de procédure, nous devions défendre auprès du maître d'ouvrage des règles qui ne sontpas les nôtres. La nouvelle norme est tout à fait semblable, mais elle a le mérite d'être validée par un organisme français, l'Afnor. Pour autant, nous devons rester vigilants sur deux points. D'une part, il faut appliquer la règle et informer de son existence les maîtres d'ouvrage, mais aussi les prescripteurs. De l'autre, il faut que l'entretien des carreaux classés antidérapants soit facile, ce qui n'est pas évident : les aspérités du carreau, qui limitent sa glissance, retiennent aussi la saleté. »

POUR EN SAVOIR PLUS