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Bâtimétiers N° 12 - 2008 | Equipements techniques

Eaux pluviales

Les systèmes d'évacuation par effet siphoïde

Alternative aux systèmes d'évacuation gravitaire, l'évacuation des eaux pluviales par effet siphoïde permet de réduire le nombre de descentes d'eau. Concevoir les installations dans le respect des Avis techniques des fabricants est un gage de qualité, d'autant que ce procédé a été mis en observation par la C2P (1).

Les systèmes d'évacuation des eaux pluviales par effet siphoïde (dits également systèmes par dépression) s'affichent comme une alternative pertinente aux systèmes d'évacuation gravitaire partout où, pour des raisons techniques ou architecturales, il est nécessaire de réduire le nombre de descentes d'eaux pluviales : entrepôts, enseignes commerciales... C'est là en effet que réside leur principal intérêt. Cette limitation des descentes est rendue possible par la mise en place en toiture de pièces d'écoulement spécifiques appelées « naissances », équipées d'un dispositif anti-vortex empêchant la pénétration d'air dans le réseau. Grâce à cette particularité, elles permettent un remplissage complet du réseau d'évacuation et sa mise en dépression. Résultat, comparativement au système gravitaire, pour une superficie de toiture ou un débit à évacuer donnés, les diamètres de canalisations sont plus faibles et les pentes inutiles au niveau des collecteurs.

Avis technique et CPT

Mis en observation par l'AQC, ces systèmes méritent une attention particulière en termes d'entretien, de mise en oeuvre et de calcul de structure. Des effondrements se sont déjà produits en raison d'une forte accumulation d'eau en toiture. La conception de ces procédés demande donc une coordination importante entre les différents corps d'état intervenant sur le chantier (couvreur, plombier, étancheur...) et les bureaux d'études. Contrairement aux formules traditionnelles, qui relèvent d'une norme NF DTU(2), les systèmes d'évacuation des eaux pluviales par effet siphoïde relèvent de la procédure de l'Avis technique. Lequel avis s'appuie sur un Cahier des prescriptions techniques (cahier du CSTB n° 3 600), qui fixe les méthodes communes minimales pour la conception et la réalisation de ces installations.

Domaine d'emploi

Le CPT précise, entre autres, le domaine d'emploi, de la toiture à la fin du réseau siphoïde, et inclut les dispositifs permettant le passage au régime gravitaire. Il englobe également, sauf dispositions contraires, l'ensemble des dispositions des NF DTU séries 40 et 43 : NF DTU série 40 pour les couvertures par éléments discontinus ; NF DTU 20.12 et NF DTU 43.1 pour les toitures-terrasses ou zones techniques inaccessibles avec éléments porteurs en maçonnerie ; NF DTU 43.3 lorsqu'il s'agit d'éléments porteurs en tôles d'acier nervurées ; et NF DTU 43.4 avec des éléments porteurs en bois et panneaux dérivés de bois. Pour les toitures-terrasses réalisées à l'aide de dalles de toiture en béton cellulaire, la conformité de l'ouvrage aux « Conditions générales d'emploi des dalles de toiture en béton cellulaire autoclavé armé » (cahier du CSTB n° 2192) est obligatoire. À noter, les toitures-terrasses accessibles ne sont pas visées par le CPT.

Dimensionnement des naissances

Les naissances sont, elles, définies par deux caractéristiques : le débit conventionnel de calcul et la hauteur de charge correspondante. Cette hauteur de charge est limitée à 55 mm. Le débit conventionnel est égal au débit normalisé (selon la norme NF EN 1253-1 et 2) quand la hauteur de chute est celle de la norme. Le débit à prendre en compte dans le calcul des installations, à l'exception de celles qui comportent des chéneaux, sera au maximum le débit conventionnel. L'objectif : maîtriser le risque d'accumulation d'eau sur la toiture et limiter en importance les surfaces desservies (drainées) par naissances, en fonction de leur performance. En ce qui concerne l'entretien, l'évacuation par effet siphoïde requiert une attention particulière et implique pour l'entrepreneur un devoir de conseil. En effet, ces systèmes peuvent se boucher en cas de faible pluie, car ils agissent alors à l'identique d'un système gravitaire. C'est pourquoi il importe de prévoir un entretien biannuel, à l'automne et au printemps.

(1) Commission prévention produits mis en oeuvre de l'Agence qualité construction (AQC), communiqué 66 de janvier 2006.

(2) DTU 40.5 de novembre 1993 (norme XP P 36-201) pour la mise en oeuvre et DTU 60.11 - partie 2 d'octobre 1988 pour les règles de calcul.

Limites d'emploi des procédés d'évacuation siphoïde

L'Avis technique doit préciser les points suivants :

- la surface minimale de toiture évacuée par une descente ;

- la surface maximale desservie par type de naissance ;

- la hauteur minimale du réseau siphoïde compatible avec l'effet siphoïde ;

- les matériaux utilisables pour les canalisations avec, pour chaque matériau, la dépression maximale admissible, éventuellement en fonction du diamètre ;

- l'emploi associé aux différents revêtements d'étanchéité (synthétique, asphalte...) ;

- l'emploi du système siphoïde dans les limites des NF DTU série 43, pouvant inclure, le cas échéant, le climat de montagne.

Pour en savoir plus

UNCP-FFB (Union nationale des chambres syndicales de couverture et de plomberie de France), tél. : 01 40 69 53 07, www.uncp.ffbatiment.fr

Le cahier n° 3 600 des prescriptions techniques « Systèmes d'évacuation des eaux pluviales par effet siphoïde » et les Avis techniques produits sont téléchargeables sur le site www.cstb.fr/