Le béton bas carbone face à ses défis de mise en œuvre

Le béton bas carbone se démocratise sur les chantiers. Ses conditions de mise en œuvre, qui présentent certaines difficultés, notamment concernant le temps de prise, peuvent être améliorées grâce à l’utilisation de matériels de coffrage adaptés. Illustration avec l’entreprise SNRB, pionnière en la matière.
8:3413/09/2023
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Bâtimétiers Numéro 72 | septembre 2023

Avec l’entrée en vigueur de la RE 2020 et la prise de conscience environnementale, l’utilisation du béton bas carbone est devenue une préoccupation majeure dans le secteur du gros œuvre. La décarbonation progressive des bétons passe par la modification de leur composition – notamment en diminuant la proportion de clinker, principal émetteur de CO2, au profit de matériaux moins carbonés mais aux propriétés hydrauliques équivalentes, comme les laitiers de hauts-fourneaux – et par une optimisation des processus de fabrication.

 

Ce sont ces types de bétons que l’entreprise générale SNRB, qui emploie 48 salariés à Ermont dans le Val-d’Oise, met désormais en œuvre sur chacun de ses chantiers. « Lorsque nous répondons aux appels d’offres, nous ajoutons systématiquement, même si elle n’est pas demandée, une variante écologique à prix équivalent où nous proposons d’utiliser un certain volume de béton bas carbone, en indiquant l’économie de CO2 que cela générera », explique Mahmut Cakir, directeur général de SNRB. Cette démarche volontaire traduit l’engagement sincère de son dirigeant, qui tient à apporter sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique, « pour préserver l’avenir de nos enfants et de nos proches ».

 

Mais elle valorise aussi l’entreprise : « Cela donne de nous l’image d’une entreprise consciente de son impact environnemental et qui agit en conséquence. C’est un atout concurrentiel important dans le contexte actuel, assure l’entrepreneur. 

 

Par exemple, sur un chantier récent réalisé à Herblay (Val-d’Oise), nous avons pu économiser 87t de CO2 sur un volume de 735m3 de béton, soit l’équivalent de 87 allers-retours Paris-New York en avion. Ce n’est pas rien ! »

 

Cependant, malgré ces avantages, l’utilisation du béton bas carbone pose des difficultés sur le chantier. Non seulement sa rhéologie1 est différente de celle des bétons classiques, ce qui nécessite des précautions particulières à la mise en œuvre, mais son temps de prise est plus long, ce qui affecte le rythme de progression du chantier.

 

« Nous devons attendre plus longtemps pour décoffrer, au risque de voir le béton s’affaisser, ce qui ne permet pas de respecter le cycle de production habituel », confirme Mahmut Cakir. C’est pourquoi l’entrepreneur a jusqu’ici privilégié l’emploi de béton bas carbone pour les fondations – donc ne nécessitant pas de banches – et pour des éléments structurels peu sollicités, comme des voiles légers.

  1. Branche de la mécanique qui étudie la résistance des matériaux aux contraintes et aux déformations.

Mais la situation devrait changer prochainement. « Notre fournisseur de matériel de coffrage nous livrera prochainement des banches conçues pour répondre aux exigences de mise en œuvre des bétons bas carbone de structure, grâce à un système de chauffage électrique basse consommation qui accélère le temps de prise et permet de tenir les cadences classiques, sans changer les habitudes des compagnons », poursuit Mahmut Cakir.

 

En l’occurrence, le matériel est équipé de résistances électriques, d’une isolation intégrée, d’un carénage de protection et d’une connectique complète conforme à l’indice de protection IP65/IP66 (protection totale contre les poussières et les jets d’eau toutes directions à la lance). « Le fait de chauffer les banches pourrait paraître en contradiction avec les économies de CO2 que nous recherchons, lance l’entrepreneur.

Mais en réalité, le système consomme très peu d’électricité carbonée, en tout cas de manière négligeable par rapport aux gains générés par l’utilisation de béton bas carbone. » Seule exigence : la présence sur le chantier d’armoires d’alimentation générale, dimensionnées pour supporter les puissances nécessaires.



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