Pouvez-vous nous présenter votre entreprise ?
L’entreprise Bové est basée dans les Vosges et va fêter ses 130 ans. Nous sommes spécialisés dans les métiers de la façade : ravalement, isolation par l’extérieur, bardage, pour des particuliers, des collectivités et des bailleurs HLM, notamment. Nous traitons environ 700 logements par an, individuels et collectifs, principalement dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à l’intelligence artificielle ?
L’an dernier, j’ai rejoint le comité IA de la FFB en tant que représentant de la fédération régionale Grand Est. J’ai très vite compris que, sur ces sujets, on n’arriverait pas à tout maîtriser et que nos organisations devaient évoluer. J’ai donc proposé une formation à une vingtaine de personnes de l’entreprise : métreurs, chargés d’affaires, conducteurs de travaux et fonctions support.
Comme on parlait beaucoup des outils grand public tels que ChatGPT et Le Chat de Mistral AI, l’idée était au départ de s’acculturer à l’IA générative. L’étape suivante était l’intégration de l’IA dans nos process.
Avez-vous tout de suite mis en place des cas d’usage de l’IA ?
Non, car ce n’était pas si évident. Il fallait que les équipes proposent elles-mêmes des idées pour que les applications soient utiles. Les cas d’usage doivent, en effet, partir du terrain. On ne peut pas transposer une application d’une entreprise à une autre. Il faut travailler selon son organisation et ses processus internes.
Comment avez-vous intégré ces questions au règlement intérieur de l’entreprise ?
Dans le cadre du comité IA de la FFB, nous avons auditionné Yann Ferguson, sociologue et directeur scientifique du LaborIA 1. Ses propos ont constitué, pour moi, un électrochoc. J’ai pris conscience des enjeux de société : risque de perte de lien social en disant « c’est plus facile de demander à une IA qu’à mon collègue », de responsabilisation des salariés, volonté de cacher les usages de l’IA par peur de la réaction des dirigeants.
Il m’a paru essentiel d’inclure ces éléments dans ma pratique quotidienne et ainsi de m’appuyer sur la charte éthique que le comité IA avait élaborée. C’était devenu une évidence, et tant qu’à faire, autant adosser cette charte au règlement intérieur. J’ai également nommé une référente IA et prévu de faire le point tous les trimestres avec les équipes pour parler de leurs expérimentations.