Trois défis structurants s’imposent
Le logement
Les besoins nationaux sont estimés entre 420 000 et 500 000 logements neufs par an pour la prochaine décennie. Dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes, cela se traduit par un besoin de près de 55 000 logements par an entre 2026 et 2035, alors que seules 33 500 unités ont été construites l’année dernière.
Le déficit est massif. Notre région est la deuxième plus tendue de France, derrière l’Île-de-France. Les besoins sont particulièrement marqués dans les grands bassins d’emplois : 16 000 logements par an dans l’aire lyonnaise, plusieurs milliers dans les territoires alpins, 5000 pour le genevois français, 3711 pour Grenoble, 2933 pour Annecy, 2590 pour Chambéry, plus de 4 000 à Clermont-Ferrand et 2000 à Saint-Etienne. Ces chiffres, issus du Service des Données et Études Statistiques (SDES), sont sans appel.
L’emploi de proximité
Notre région dispose d’atouts majeurs. Première région industrielle de France, elle bénéficie d’une dynamique de réindustrialisation et de grands projets structurants : EPR2, liaison Lyon-Turin, Jeux olympiques d’hiver 2030, mine de lithium dans l’Allier. Cette dynamique offre des perspectives exceptionnelles. Mais sans logements adaptés, sans équipements, pas d’attractivité durable. L’équation est simple : construire pour pouvoir recruter. Il n’y aura pas d’emploi sans logement.
La transition environnementale
Le bâtiment est encore trop souvent perçu comme une contrainte, alors qu’il constitue une solution : notre réglementation thermique est la plus exigeante d’Europe ; nous savons densifier pour préserver le foncier ; nous savons innover et créer des bâtiments bas carbone. Surtout, l’enjeu principal réside dans la rénovation du parc existant : près de 14 % des résidences principales sont encore classées F ou G. Face à la hausse des coûts de l’énergie, la rénovation énergétique devient une exigence sociale autant qu’écologique.
Face à ces défis, les collectivités disposent de leviers concrets. En matière d’urbanisme, par la simplification des procédures, l’accélération des délais d’instruction, par une vigilance à ne pas ajouter des contraintes locales qui grèvent les équilibres économiques des opérations.
En matière de rénovation énergétique, les collectivités peuvent aussi impulser de véritables stratégies territoriales, notamment sur leur patrimoine public, et accompagner les particuliers pour leur donner la visibilité dont ils sont privés par les effets désastreux des stops and go des dispositifs nationaux.
Dans les marchés publics, l’allotissement, la lutte contre les offres anormalement basses et l’introduction de prix révisables face à la hausse récente de l’énergie et des matériaux constituent des leviers essentiels pour répondre efficacement aux commandes des élus tout en soutenant les entreprises du bâtiment, l’un des derniers secteurs à disposer d’un maillage territorial qui conforte et structure l’économie locale.
Nous avons une vraie proximité avec nos élus et nous n’avons sans doute jamais autant partagé les mêmes défis, les mêmes freins à lever face à une société parfois contradictoire, souvent versatile, en tout cas extrêmement exigeante en matière d’aménagement et de construction. Nous partageons les mêmes constats, les mêmes difficultés, mais aussi la même volonté d’agir.
Mesdames et messieurs les maires, vous qui demeurez les élus les plus appréciés de nos concitoyens, il est temps de redonner un cap et une vision à l’aménagement de nos territoires. Fortes de l’expertise de leurs adhérents et de leur ancrage local, la Fédération régionale et les Fédérations départementales du bâtiment se tiennent à vos côtés pour vous accompagner dans ce défi. En apportant des solutions adaptées, innovantes et durables, elles sont en mesure de contribuer concrètement à la réussite de vos politiques publiques.
Mesdames et Messieurs les maires élus,
Bâtissez les réponses à la hauteur des attentes,
Sortez les grues !
Samuel Minot - Président de la FFB Auvergne-Rhône-Alpes