Taux AT/MP 2026 - Consulter et vérifier son compte employeur

Pour une visibilité complète sur les risques professionnels et une action plus efficace et rapide en matière de prévention et de maîtrise de leur taux AT/MP 1, les chefs d’entreprise ont intérêt à consulter leur compte employeur.
16:1526/03/2026
Rédigé par FFB Nationale

Disponible sur Netentreprises.fr 2, le compte employeur 3 renseigne sur le coût financier (valeur du risque) des accidents du travail et des maladies professionnelles survenus aux salariés de l’établissement ainsi qu’aux salariés intérimaires (voir encadré p. 15).

 

Le compte est dit « dynamique », car il est enrichi au fur et à mesure de la reconnaissance des sinistres. Un employeur a donc tout intérêt à le vérifier régulièrement pour mieux maîtriser à terme le coût des sinistres et, par voie de conséquence, son taux AT/MP. Cela peut lui permettre, le cas échéant, de prévoir et de mener des actions de prévention adéquates.

 

Le taux de cotisation AT/MP 2026 est calculé en prenant en considération les sinistres réglés pendant la période triennale 2022-2024. Pour vérifier sa situation, le chef d’entreprise doit se reporter au compte employeur des exercices 2022, 2023 et 2024.

 

Depuis les taux 2014, la part individuelle du taux de cotisation n’est plus calculée sur la base du coût de chaque sinistre pris isolément (à l’euro près), mais sur la base d’un barème de coûts moyens 4. Les sinistres ne sont imputés qu’une seule fois sur le compte employeur en fonction de la durée de l’arrêt et une seconde fois, le cas échéant, s’il y a des séquelles (se référer au taux d’IPP dans le tableau ci-après). Les rechutes n’ont plus de conséquence directe sur le taux AT/MP.

 

Exemple : un accident du travail déclaré, par exemple, en 2026, suivi d’un arrêt de 15 jours, figurera sur le compte employeur 2026 en prenant en compte le coût moyen correspondant au nombre de jours d’arrêt prescrits (voir tableau ci-après).

 

Si le salarié est consolidé avec séquelles (ex. : taux d’IPP de 15 %), le coût moyen correspondant à cette IPP figurera sur le compte de l’exercice au cours duquel le taux aura été notifié. Dans cet exemple seront imputés 506 € correspondant à 15 jours d’arrêt et 174 495 € correspondant au taux d’IPP de plus de 10 % pour le second oeuvre (voir tableau).

 

Chaque compte employeur a une incidence sur trois années de tarification. Par exemple, le compte 2024 affectera les taux 2026, 2027 et 2028.

 

Comment sont établis les coûts moyens

Tous les sinistres reconnus l’année N sont « catégorisés » à la fin de l’exercice N + 1 pour la tarification. Exemple : pour établir définitivement le coût moyen d’un sinistre survenu et déclaré le 19 décembre 2023 sont cumulés toutes les périodes d’arrêt entre la date du sinistre, soit le 19 décembre 2023, et le 31 décembre 2024 sur le compte employeur 2023.

 

Les montants des coûts moyens indiqués sur le compte employeur sont ceux en vigueur au moment de l’inscription du sinistre, ils sont réactualisés lors de leur parution au Journal officiel, sur la feuille de calcul des taux AT/MP. Les coûts moyens évoluent tous les ans et résultent du rapport entre le montant des dépenses et le nombre de sinistres sur la période triennale de référence. Ainsi, le coût moyen de la tranche « arrêt de moins de 4 jours » pour 2026 résulte du rapport dépenses occasionnés / nombre de sinistres, soit 330 €.

Des éléments à vérifier

 

Quel que soit l’exercice concerné, il faut vérifier :

 

  • le numéro SIRET ;
  • la masse salariale (période triennale) ;
  • l’effectif (depuis 2019, moyenne du nombre de personnes employées chaque mois de l’année civile calculé au niveau national, y compris l’Alsace-Moselle) ;
  • le nombre de jours d’arrêt retenus des accidents et des maladies professionnelles ;
  • les noms et numéros de sécurité sociale des salariés et des intérimaires ;
  • la date des accidents ou des maladies professionnelles ;
  • les recours contre tiers ayant abouti (ex. : accident de la circulation avec un tiers responsable).

 

Les éléments qui ne doivent pas figurer sur le compte sont :

 

  • les accidents de trajet ;
  • les accidents survenus à des apprentis au sein des CFA ;
  • les accidents survenus à des VRP multicartes ;
  • les rechutes ainsi que les taux d’IPP attribués après des rechutes ;
  • les accidents ou maladies ayant fait l’objet d’un refus de prise en charge (décision de refus d’emblée, ou sur recours de l’employeur) ;
  • les modifications de taux d’IPP consécutives à un recours du salarié ;
  • certaines maladies professionnelles qui peuvent être mutualisées (imputation sur le compte spécial).

 

Deux mois de délai pour contester

 

L’employeur dispose de deux mois pour contester les décisions qui lui sont notifiées de prise en charge des accidents et maladies professionnelles ainsi que les taux d’IPP attribués aux salariés. Il dispose également de deux mois pour contester le taux AT/MP à compter de la date de réception de la notification.

 

En vérifiant son compte employeur régulièrement, il peut néanmoins alerter la Carsat sur des erreurs éventuelles (discordance entre le nom de famille et le numéro de sécurité sociale, décision d’inopposabilité obtenue après recours, etc.).

 

Mesurer la sinistralité de son entreprise

 

Un employeur peut mesurer la sinistralité de son établissement en comparant le taux qui lui est notifié avec le taux collectif correspondant au code risque dont il relève (le taux collectif est mentionné sur la notification du taux de cotisation).

 

La différence entre le taux notifié et le taux collectif peut s’avérer significative et conduire à un examen complet des comptes des exercices concernés. Exemple : si le taux AT/MP collectif est fixé pour l’année 2026 à 5,49 %, un taux de 10 % notifié à un établissement est donc bien supérieur au risque concerné et doit faire l’objet d’une attention particulière.

 

Pour un suivi rigoureux de la sinistralité des intérimaires il est conseillé de prévoir un document-cadre entre l’EU et l’ETT pour la transmission des documents et le suivi des recours, le cas échéant.

 

 


De nouvelles règles de répartition du coût des sinistres survenus à des salariés intérimaires

Le décret du 5 juillet 2024 5 prévoit le partage du coût (50/50) entre les entreprises utilisatrices (EU) et les entreprises de travail temporaire (ETT) de tous les accidents du travail et maladies professionnelles (et non plus les seuls AT/MP graves et mortels). Cette disposition s’applique à compter de l’exercice 2024 pris en compte pour les taux AT/MP 2026 et prendra son plein effet pour les taux 2028 (prise en compte des exercices 2024, 2025 et 2026).

 

À signaler, le caractère inégalitaire de la mesure, qui prévoit une augmentation de la valeur du risque pour les entreprises utilisatrices sans prendre en considération le montant des salaires des intérimaires.

  1. Toutes les entreprises ont accès à leur compte employeur quel que soit leur effectif, mais celles de 20 salariés et plus (hors Alsace-Moselle) et de 50 salariés et plus d’Alsace-Moselle, doivent y être particulièrement attentives, car les sinistres affectent leur taux AT/MP.
  2. Pour accéder à son compte entreprise, qui réunit tous les services en ligne AT/MP, dont le compte employeur, l’employeur doit disposer, pour des raisons de confidentialité, d’un code qui lui est attribué dans un délai de 48 heures.
  3. Une entreprise de BTP peut bénéficier de plusieurs codes risque accordés par la Carsat. Elle aura un compte employeur pour chaque code risque.
  4. Les barèmes des coûts moyens sont fixés et publiés tous les ans avec les arrêtés de tarification.
  5. No 2024-723.
Barème des coûts moyens pour 2026 (en euros)
Le principe : le sinistre est comptabilisé une fois pour toutes (une première fois en fonction du nombre de jours d’arrêt et une seconde fois si le sinistre entraîne une consolidation avec séquelles – les rechutes éventuelles ne sont pas comptabilisées).
CTN B (secteur BTP) Catégories d’incapacité temporaire (IT) Catégories d’incapacité permanente (IP)
Sans arrêt ou < 4 jours 4 à 15 jours 16 à 45 jours 46 à 90 jours 91 à 150 jours +150 jours < 10 % 10 à 19 % 20 à 39 % ≥ 40 % ou décès
Industries du bâtiment et des travaux publics (hors Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) 330 506 1677 4432 8591 40973 2431 165269 1
174495 2
240442 3
Industries du bâtiment et des travaux publics (Haut-Rhin, Bas-Rhin, Moselle) 330 506 1677 4432 8591 40973 2431 66946 129246 562950



  1. Les activités de gros oeuvre sont identifiées sous les codes risque suivants : 45.1AA, 45.2BE, 45.2CD, 45.2ED, 45.2PB.
  2. Les activités de second oeuvre sont identifiées sous les codes risque suivants : 45.2JD, 45.3AF, 45.4CE, 45.4LE, 45.5ZB, 74.2CE.
  3. Les activités de fonctions support sont identifiées sous le code risque suivant : 00.00A.
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