Entretien avec Xavier Menuet - « IA : nous avons regardé le retour sur investissement »

Xavier Menuet préside la commission innovation de la fédération régionale Île-de-France (78-91-95). Dans son entreprise, il a fixé un cadre commun d’usage de l’IA et proposé des solutions applicatives en avançant par étapes.
7:3009/09/2026
Rédigé par FFB Nationale
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Batiment Actualité Numéro 14 | septembre 2026

Présentez-nous votre entreprise…

 

BMG est spécialisée en menuiserie intérieure, menuiserie extérieure et serrurerie. Nous menons des chantiers de réhabilitation en site occupé, principalement en logement.

 

Pourquoi vous êtes-vous intéressé à l’IA ?

 

J’ai vite compris que l’IA allait devenir un sujet incontournable. La question des usages s’est imposée à moi quand les salariés ont commencé à utiliser des outils grand public pour rédiger des mails ou des lettres. Cela m’a inquiété, car personne n’avait pris conscience que nos données devaient être protégées. Il m’a semblé urgent de fixer un cadre commun et de prendre le temps de structurer une démarche IA de manière collégiale. Sur ce sujet, l’essentiel est de se mettre en mouvement et d’avancer par étapes.

Il m’a semblé urgent de fixer un cadre commun et de prendre le temps de structurer une démarche IA de manière collégiale

Vous avez bénéficié d’un dispositif de soutien proposé par Bpifrance, le « Diagnostic data IA ». En quoi consiste-t-il ?

 

Ce fut pour nous un accompagnement très utile. Un consultant externe nous a aidés à évaluer le potentiel d’intégration de l’IA dans l’entreprise. Pendant une semaine environ, il a établi un diagnostic des données et des process.

 

Son regard nous a amenés de nous poser des questions sur notre approche numérique, tout en restant focalisés sur nos métiers. Nous avons ensuite identifié les cas d’usage potentiels de l’IA. Nous en avons éliminé certains, comme des projets de reporting, pour lesquels nous n’avions pas besoin d’IA. Pour sélectionner les cas intéressants pour nous, nous avons défini des priorités et des outils adaptés en regardant le retour sur investissement.

Un consultant externe nous a aidés à évaluer le potentiel d’intégration de l’IA dans l’entreprise.

Quels cas d’usage avez-vous identifiés ?

 

Le premier concerne l’aide à l’analyse des dossiers et le deuxième, l’aide à la rédaction des mémoires techniques pour répondre aux appels d’offres en nous appuyant sur notre propre base de données. Il s’agit de nous concentrer sur les éléments spécifiques aux marchés, comme le travail en site occupé, que nous connaissons bien. Nous pouvons ainsi mieux adapter notre réponse aux demandes du maître d’ouvrage. Un troisième cas d’usage est l’accompagnement des conducteurs de travaux dans l’analyse des dossiers de chantier.

 

Aujourd’hui, nous réfléchissons aussi à la mise en place d’un agent IA qui irait plus loin que les moteurs de recherche ou les systèmes d’alerte déjà mis en place pour les appels d’offres. Nous étudions, en outre, un moyen d’utiliser l’IA pour préremplir des documents administratifs comme les DC1 et DC2.

 

J’ai également proposé une formation très opérationnelle sur deux jours pour que toutes les équipes sachent ce qu’est l’IA et maîtrisent les outils mis en place dans l’entreprise.

Personne n’avait pris conscience que nos données devaient être protégées.

C’est finalement une démarche en continu…

 

Oui, j’ai mis en place une sorte de coaching. Le consultant qui nous a accompagnés revient deux ou trois heures par mois pour évoquer toutes les questions opérationnelles ainsi que les idées nouvelles qui émergent des usages. En interne, un référent IA assure la liaison avec les équipes.

 

Considérez-vous l’IA comme une opportunité ?

 

Oui, même si, au bout de six mois de déploiement, je ne mesure pas vraiment les gains de productivité. C’est pourquoi je souhaite que les outils ne nous enferment pas. Ils doivent répondre aux besoins identifiés et faciliter les interfaces entre les métiers.

Il faut se faire accompagner. On ne peut pas réfléchir tout seul à ces sujets.

Quels conseils donneriez-vous aux adhérents ?

 

Le premier est d’engager le travail avec les équipes dès le départ. Il faut rester opérationnel. Le deuxième conseil est d’y aller par étapes : accepter les petits pas en gardant la maîtrise de ce que l’on fait. La troisième recommandation est de se faire accompagner. On ne peut pas réfléchir tout seul à ces sujets. L’IA impose un changement de culture, avec des enjeux humains et managériaux forts.

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