Entretien avec Hervé Kermarrec - L’assurance chômage pour un dirigeant, c’est la garantie de la tranquillité

Plus de 60 000 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi l’année dernière, dont un peu moins d’un quart exerçaient dans la construction, d’après l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs 2025. Si le secteur est le seul, avec le commerce, à enregistrer une baisse, la plupart de ces entrepreneurs n’avaient pas de protection chômage et se sont donc retrouvés sans ressources. L’association GSC, qui répond au besoin de protection chômage des chefs d’entreprise, a piloté cette étude avec la société Altares.
12:3510/04/2026
Rédigé par FFB Nationale
revue
Retrouvez ce dossier dans notre revue Batiment Actualité
Batiment Actualité Numéro 7 | avril 2026

Plus de 70 % des dirigeants concernés par une perte d’emploi sont à la tête de très petites entreprises. Comment expliquez-vous ce chiffre ?

 

Une TPE est par nature plus fragile, en particulier, selon notre observatoire, celles de moins de trois salariés et qui engrangent moins de 500 000 € de chiffre d’affaires. Ces TPE disposent de moins de trésorerie et sont aussi plus vulnérables sur le plan humain : quand un collaborateur s’en va, c’est un tiers de l’effectif qui disparaît.

 

Qu’est-ce qui caractérise les entreprises qui résistent le mieux ?

 

L’entreprise, c’est une aventure qui s’inscrit dans la durée. Les structures qui disposent de capitaux propres et d’une trésorerie solide ont plus de chances de se pérenniser. Au fil du temps, le dirigeant acquiert aussi de l’expérience, se trouve mieux armé pour faire face aux situations de crise ; il prend de meilleures décisions et il est souvent mieux entouré.

 

Autre point majeur, le rajeunissement des dirigeants touchés par la perte d’emploi.

 

En effet, en 2025, on observe une augmentation du nombre de dirigeants de moins de 26 ans touchés par la perte d’emploi. Cela s’explique : ils font appel à des modèles économiques plus fragiles, comme la microentreprise, et leurs projets sont moins matures. Mais la faillite touche avant tout des dirigeants âgés de 46 ans en moyenne, dont l’entreprise fait moins de 500 000 € de chiffre d’affaires, soit la PME type en France.

 

En quoi les dirigeants ont-ils intérêt à s’en prémunir ?

 

Quand on crée une entreprise, la défaillance fait partie des risques à considérer. Les dirigeants s’assurent contre beaucoup de risques, mais oublient très souvent celui de la fin de l’aventure entrepreneuriale et son corollaire : la perte de revenus. Or, quand un chef d’entreprise se retrouve, du jour au lendemain, sans ressources, c’est toute sa famille qui est impactée. Se prémunir contre cette situation en cotisant à une garantie chômage, c’est assurer sa tranquillité d’esprit.

 

Quels signaux d’alerte un dirigeant du secteur doit-il surveiller en priorité ?

 

Un carnet de commandes qui se rétracte malgré des charges qui se maintiennent, une trésorerie limitée, le départ d’un collaborateur de confiance, surtout dans une TPE, sont les premiers signaux. On peut ajouter à cela un contexte géopolitique défavorable, comme c’est le cas actuellement, avec des conséquences sur le prix des matériaux.

 

Contenu réservé aux adhérents FFB

  • Profitez aussi de conseils et de soutien

    Des services de qualité, de proximité, avec des experts du Bâtiment qui connaissent vos enjeux métier et vous accompagnent dans votre quotidien d'entrepreneur.

  • Intégrez un réseau de 50 000 entreprises

    La FFB est fière de représenter toutes les entreprises du bâtiment, les 2/3 de nos adhérent(e)s sont des entreprises artisanales.

  • Bénéficiez des dernières informations

    Recevez Bâtiment actualité 2 fois par mois pour anticiper et formez-vous aux évolutions des métiers ou de la législation.

Pour contacter facilement votre fédération et accéder aux prochaines réunions
Vous n'êtes pas adhérent et vous cherchez une information ?