Plus de 70 % des dirigeants concernés par une perte d’emploi sont à la tête de très petites entreprises. Comment expliquez-vous ce chiffre ?
Une TPE est par nature plus fragile, en particulier, selon notre observatoire, celles de moins de trois salariés et qui engrangent moins de 500 000 € de chiffre d’affaires. Ces TPE disposent de moins de trésorerie et sont aussi plus vulnérables sur le plan humain : quand un collaborateur s’en va, c’est un tiers de l’effectif qui disparaît.
Qu’est-ce qui caractérise les entreprises qui résistent le mieux ?
L’entreprise, c’est une aventure qui s’inscrit dans la durée. Les structures qui disposent de capitaux propres et d’une trésorerie solide ont plus de chances de se pérenniser. Au fil du temps, le dirigeant acquiert aussi de l’expérience, se trouve mieux armé pour faire face aux situations de crise ; il prend de meilleures décisions et il est souvent mieux entouré.
Autre point majeur, le rajeunissement des dirigeants touchés par la perte d’emploi.
En effet, en 2025, on observe une augmentation du nombre de dirigeants de moins de 26 ans touchés par la perte d’emploi. Cela s’explique : ils font appel à des modèles économiques plus fragiles, comme la microentreprise, et leurs projets sont moins matures. Mais la faillite touche avant tout des dirigeants âgés de 46 ans en moyenne, dont l’entreprise fait moins de 500 000 € de chiffre d’affaires, soit la PME type en France.
En quoi les dirigeants ont-ils intérêt à s’en prémunir ?
Quand on crée une entreprise, la défaillance fait partie des risques à considérer. Les dirigeants s’assurent contre beaucoup de risques, mais oublient très souvent celui de la fin de l’aventure entrepreneuriale et son corollaire : la perte de revenus. Or, quand un chef d’entreprise se retrouve, du jour au lendemain, sans ressources, c’est toute sa famille qui est impactée. Se prémunir contre cette situation en cotisant à une garantie chômage, c’est assurer sa tranquillité d’esprit.
Quels signaux d’alerte un dirigeant du secteur doit-il surveiller en priorité ?
Un carnet de commandes qui se rétracte malgré des charges qui se maintiennent, une trésorerie limitée, le départ d’un collaborateur de confiance, surtout dans une TPE, sont les premiers signaux. On peut ajouter à cela un contexte géopolitique défavorable, comme c’est le cas actuellement, avec des conséquences sur le prix des matériaux.