Sommet de la construction 2023 - plan logement, agir ensemble pour la France
Il faut repenser les politiques du logement et le rapport à la construction neuve.
Aujourd’hui, la controverse porte sur le nombre de logements neufs qu’il faut construire chaque année : on en compte en moyenne 375 000 entre 2012-2022, 275 000 probablement en 2023, il en faudrait 450 000 selon le CNR Logement, alors que l’Ademe indique qu’à l’échéance de 2050 ce sera de l’ordre de 115 000 logements. Mais le débat est aussi de savoir quels logements on produit, pour qui et où.
Les situations territoriales extrêmement différenciées imposent des politiques et des outils eux-mêmes adaptés selon les situations locales : arbitrages entre construction neuve et rénovation du parc existant, remplacement des logements obsolètes (pas réhabilitables) par des logements neufs et logements abordables allant du locatif social à l’accession à la propriété.
Ces questions de politique publique renvoient à la question : « Qui fait quoi entre l’État qui maîtrise l’essentiel de la règlementation et des moyens financiers et les collectivités territoriales qui, en termes de volonté et de moyens, sont dans des situations très différentes ? » C’est toute la question de la décentralisation : sur les 38,2 milliards d’euros d’aides aux logements recensés en 2021, seuls 2 % relèvent directement et exclusivement des aides des collectivités territoriales.
Jean-Claude Driant, géographe, professeur à l’École d’urbanisme de Paris
La crise du logement neuf risque de se transformer en catastrophe sociale.
Il n’y aura pas de plein emploi sans le bâtiment.
La ffb n’est pas seule à appeler au sursaut.
" Quand au moins 500 000 logements devraient être construits par an et qu’on atteint difficilement les 350 000, c’est une catastrophe sociale pour ceux qui n’arrivent pas à se loger et une catastrophe économique, parce qu’il y a, notamment dans le bâtiment, des déperditions de création de valeur et d’emplois extrêmement conséquentes.
Quand on renchérit le coût du logement, quand on organise la pénurie de l’offre jusqu’à voir sortir un certain nombre de logements au titre de la loi Climat et résilience, on ne peut qu’alimenter cette crise. Quand on organise la rareté du foncier depuis 25 ans, le prix est surenchéri et l’accès au logement est réduit.
Si l’on veut véritablement retrouver des sommets de construction, il faut mettre en place des dispositions qui permettent au marché de s’exprimer. Supprimer le PTZ des zones peu denses pour le recentrer sur les zones denses, là où ces aides sont finalement très peu efficaces, ne rend pas service à l’acte d’achat, l’acte de propriété. Concentrer la fiscalité locale sur les seuls propriétaires, c’est là aussi créer une distorsion… Ces raisonnements devraient irriguer l’action publique, au lieu de répondre par toujours plus de dispositifs, de dérogations. "
David LISNARD, président de l’Association des maires de France
Le ministre du logement annonce une mission parlementaire sur la fiscalité locative
Le ministre du Logement est intervenu en conclusion. Il a notamment évoqué l´importance de répondre aux besoins en logement compte tenu des enjeux de réindustrialisation et des tensions dans certains territoires. Il a rappelé qu’il ne fallait pas opposer ZAN et construction. Pour lui, il est important de repenser la politique du logement et il a annoncé la mise en place d’une mission parlementaire sur la fiscalité locative.
“ Les Français souhaitent habiter là où il y a du travail et où ils ont envie de vivre. C’est dans ces endroits qu’il faut proposer des logements neufs ou réhabilités.
Bruno ARCADIPANE, président d’Action Logement Groupe (ALG)
“ On a besoin de logements. Actuellement, on voit bien que les salariés, notamment, font appel au logement social parce qu’ils n’ont plus de solutions dans le parc privé.
Annaîg LE MEUR, députée du Finistère
“ La construction d’un EPR représente 10 000 salariés par jour pendant 7 à 10 ans. Quand vous avez autour de cet endroit des villes de taille moyenne, c’est un changement fondamental de l’ensemble de l’écosystème.
Luc RÉMONT, PDG d’EDF
“ Val-de-Reuil était en B2 et vient de passer en B1, ce qui change énormément de choses. L’ensemble des opérations qui n’étaient pas solvables deviennent possibles. Le B1 est une bouffée d’oxygène.
Marc-Antoine JAMET, maire de Val-de-Reuil
“ Biose Industrie intègre plus de 100 personnes par an à Aurillac et plus de 60 % ne viennent pas du Cantal. Nous avons donc besoin de logements de petite surface, plutôt proches du centre-ville, comme de maisons avec un jardin.
Adrien NIVOLIEZ, PDG de Biose industrie
“ Avec le ZAN, Vitré communauté n’a le droit d’artificialiser que 227 hectares sur les dix prochaines années. Et j’observe des territoires qui commencent à arbitrer entre l’activité économique et l’habitat.
Isabelle LE CALLENNEC, présidente de Vitré Communauté
“ Nous avons besoin de construire tout type de logements. […] Je ne partage pas le diagnostic selon lequel on aurait un nombre de logements suffisant en France et qu’il suffirait de mobiliser ceux existants, en l’occurrence les logements vacants, pour régler le problème.
Ian BROSSAT, sénateur de Paris
“ Il faut travailler sur deux temporalités : l’urgence, c’est de libérer du foncier pour réindustrialiser et loger les salariés. Et puis, il faut agir sur les friches et les centres-villes dégradés, mais là nous sommes à 5 ou 10 ans.
Valérie DESVEAUX, présidente de la FFB Loire-Atlantique
“ A-t-on besoin de plus de logements ? […] Est-ce que l’investissement en logement est un paradis fiscal ou non ? […] Tant que ces deux sujets ne sont pas traités, il n’y aura pas de dialogue possible avec les autorités publiques.
Véronique BÉDAGUE, présidentedirectrice générale de Nexity
“ Pour vraiment définir les besoins, il faut aller beaucoup plus près des territoires, c’est au niveau du bassin d’habitat, de l’aire urbaine, de la commune. On a tous les moyens, toutes les données possibles. […] Il est extrêmement important d’aller voir les entreprises.
Frédérique LAHAYE, responsable du pôle logement de Terra Nova
“ Attention à ce que nous mettons derrière le mot décentralisation. […] Il faut aussi tenir compte des inégalités économiques et sociales ente les régions. […] Il faut maintenir un cadre général national avec de grands objectifs, mais aussi articuler avec le local.
Corinne DESEILLE, présidente de la FFB Bourgogne-Franche-Comté

