Quel est votre parcours ?
J'ai commencé en tant que maçon. J'ai suivi un CAP en maçonnerie, puis j’ai intégré directement une entreprise après l’obtention de mon diplôme, où j’ai travaillé pendant quatre ans. C’est après que je me suis orienté vers la peinture parce que c'est un métier qui me plait beaucoup. J’ai travaillé dans plusieurs entreprises, ou j’ai acquis de l’expérience et évolué. Aujourd'hui je suis chef de chantier chez LSP – Le Savoir Peindre. Je souhaite maintenant passer conducteur de travaux.
Que fait un chef de chantier ?
Mon rôle est d’encadrer une équipe de compagnons sur les différents chantiers, m’assurer du bon déroulement des travaux et gérer l’enchainement des tâches. Cela implique de prendre des décisions au quotidien et de participer aux réunions de chantier. J’ai forcément plus de responsabilités par rapport à quand j’étais ouvrier. S'il y a un problème sur le chantier, c'est moi le responsable. Ce sont deux métiers bien différents.
Votre parcours montre que l’on peut connaitre une évolution professionnelle dans le Bâtiment. Qu’en pensez-vous ?
Je vous le confirme. Moi-même j’ai commencé au bas de l’échelle. C'est ma motivation et surtout mon envie de progresser au sein de l'entreprise qui m’ont permis d’évoluer. Donc je dirais que oui, c'est possible, il faut juste avoir l'envie.
Et est-ce que ces métiers nécessitent des formations ?
La seule formation que j'ai c’est un CAP maçonnerie. Je n’ai aucune formation spécifique en peinture, j’ai appris sur le tas, au fil des années. Après c’est mon cas personnel. Mais il est tout à fait possible de de se former aux métiers de la peinture en apprentissage. Ce que je recommande pour gravir les échelons plus rapidement. Mais encore une fois, pour cela il faut être motivé. Et surtout aimer son métier.
Cela parait facile dit comme cela. Est-ce le cas ?
Je dirais que ce sont des métiers de précision et de savoir-faire, qui nécessitent de la réflexion avant toute tache. Il ne faut pas oublier cet aspect. En revanche, ce sont des métiers accessibles à toute personne motivée, prête à s’investir et à apprendre.
Dans votre entreprise, vous avez accompagné des apprentis ?
Oui, et même dans mes précédents postes. J'ai accompagné plusieurs apprentis, des filles comme des garçons. Comme partout, on rencontre de bons profils et d’autres moins bons. Mais dans l’ensemble, les jeunes que j’ai encadrés étaient motivés et avaient envie d’apprendre aux côtés des « anciens ».
Que diriez à ceux qui pensent que les femmes ne sont pas les bienvenues dans le Bâtiment ? Qu’en pensez-vous ?
La situation a beaucoup évolué depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, les femmes sont de plus en plus présentes sur des métiers manuels. Avant, on ne leur donnait pas forcément leur chance. J’ai moi-même travaillé sur des chantiers avec des femmes qui étaient chargées de poser des revêtements muraux (du papier peint, par exemple). Elles manipulent des pots de colle de 20 kilos et remplissent parfaitement leur mission. Le secteur du Bâtiment accueille les femmes, et elles y ont toute leur place, y compris sur les chantiers.
Et enfin, à votre niveau, pensez-vous qu'il y a des perspectives positives dans le Bâtiment ?
Je pense que oui. On peut apprendre beaucoup dans le Bâtiment. Ce sont de beaux métiers et je les recommande à tous les jeunes qui souhaitent les découvrir. Et surtout, les besoins sont là : il y aura du travail pour les années à venir !