[EDITO] Nos territoires, notre chance

La France est aujourd’hui dans une impasse politique et le bâtiment en paie le prix fort. Il faut le dire sans détour : l’État a déserté le champ du logement et de la construction. C’est par la dynamique des territoires que nous pourrons retrouver une culture partagée de l’aménagement et de la construction, particulièrement dans notre région. L’année 2026 sera une année d’élections locales. Ce rendez-vous démocratique est essentiel pour notre filière, car ce sont bien les territoires qui constituent le premier moteur de l’acte de construire.
8:2406/02/2026

En ce début d’année, je vous présente à chacune et chacun d’entre vous, chefs d’entreprise, artisans, mandataires et partenaires du Bâtiment, mes vœux de bonne et heureuse année. Dans le contexte actuel, qui demeure exigeant et tendu pour nos entreprises, mes vœux sont d’abord des vœux de combativité personnelle et de lucidité collective.

La lucidité impose de dire les choses clairement : la France est aujourd’hui dans une impasse politique et le bâtiment en paie le prix fort ; absence de majorité, gouvernement sans cap ni vision, incapacité à voter un budget : l’État fonctionne à vue, sous le régime d’une loi spéciale, et renonce de fait à toute politique structurante.

Cette paralysie se traduit par des conséquences brutales : MaPrimeRénov’ suspendue, quand bien même la rénovation énergétique est présentée comme une priorité nationale ; aides à l’apprentissage réduites sans aucune visibilité à moyen terme ; un statut du bailleur privé qui ne voit toujours pas le jour et plus globalement, une politique du logement sacrifiée sur l’autel de l’austérité et de l’idéologie. Il faut le dire sans détour : l’État a déserté le champ du logement et de la construction. Pire encore, le Président de la République affiche, depuis plusieurs années, une forme d’hostilité assumée à l’égard de l’acte de construire : une immophobie d’État qui a conduit à une crise historique du logement, à l’asphyxie de la promotion, à la chute de la construction neuve et désormais à l’affaiblissement de la rénovation. On ne régule pas un marché en l’étouffant.

Sur le terrain économique, les faits sont implacables. Notre secteur reste en récession et les défaillances d’entreprises continuent d’augmenter : +19 % sur les quatre derniers trimestres dans notre région. Des entreprises ferment faute de décisions politiques.

 

Face à cet échec de l’État, nous devons changer de logiciel

Il est illusoire d’attendre un sursaut venu de Paris. Le modèle jacobin français est à bout de souffle. À force de vouloir tout décider depuis les ministères, de tout uniformiser sans tenir compte des réalités locales — ZAN, RE2020 — on a créé de la paralysie, de l’incompréhension et du rejet. Cette approche ne fonctionne plus.

 

S’appuyer sur les territoires

C’est par la dynamique des territoires que nous pourrons retrouver une culture partagée de l’aménagement et de la construction, particulièrement dans notre région.

 

L’année 2026 sera une année d’élections locales. Ce rendez-vous démocratique est essentiel pour notre filière, car ce sont bien les territoires qui constituent le premier moteur de l’acte de construire.

 

Aux côtés des Fédérations départementales, la FFB AURA renforcera le dialogue avec les élus locaux, dans un esprit de responsabilité et de pragmatisme. Le bâtiment n’est pas une variable d’ajustement budgétaire : il est un levier de développement, de cohésion sociale, de transition écologique, au service des projets de territoire. Investir dans la construction et la rénovation, c’est investir dans l’emploi local, dans l’attractivité des communes et dans la qualité de vie des habitants. À moyen terme, je suis convaincu de l’utilité d’une plus grande décentralisation des politiques d’aménagement, de logement et d’urbanisme. Les territoires savent ce dont ils ont besoin. Les régions, les intercommunalités et les communes doivent pouvoir retrouver des marges de manœuvre pour agir, adapter les règles et relancer les projets.

 

Soutenir les grands projets structurants

Auvergne-Rhône-Alpes est un territoire de grands projets : Lyon-Turin, Jeux Olympiques Alpes 2030, les EPR de la plaine de l’Ain, la Mine de lithium dans l’Allier. Tous ces projets structurants ne pourront pas prospérer sans le bâtiment et viendront soutenir l’activité, sécuriser les carnets de commandes et donner de la visibilité à nos entreprises. Il est bien entendu essentiel que l’information sur les programmations de travaux soit anticipée, que les calendriers puissent être tenus et que les marchés soient accessibles au tissu des entreprises locales. La FFB AURA sera particulièrement vigilante sur l’ensemble de ces points.

 

La réindustrialisation, une opportunité pour le bâtiment

Auvergne-Rhône-Alpes est aussi l’un des tout premier territoire en matière de réindustrialisation. Parallèlement à l’enjeu fondamental de la souveraineté économique du pays, la réindustrialisation est aussi une formidable opportunité pour la filière construction. Usines, plateformes logistiques, bâtiments productifs, infrastructures énergétiques : derrière chaque projet industriel, il y a des entreprises du bâtiment, des savoir-faire, des emplois non délocalisables. Plus encore, La réindustrialisation, ne pourra réussir sans répondre aux besoins de logements, de commerces et d’infrastructures, nécessaires à l’accueil des salariés : Ce sont près de 50 000 logements à créer à l’horizon 2030 dans notre région. Il n’y a pas le choix : si l’on veut réussir, le bâtiment doit être pleinement intégré aux stratégies de réindustrialisation, dès l’amont des projets. 2026 est une année charnière qui nous invite plus que jamais à réaffirmer avec fierté le rôle essentiel de chef d’entreprise qui est le nôtre et à remettre le bâtiment au cœur des politiques publiques locales. Pour reprendre l’expression d’Albert Camus, le Bâtiment doit demeurer cet « invincible été au milieu de l’hiver ». Vous pouvez compter sur mon engagement et celui de la Fédération régionale, pour soutenir et appuyer vos fédérations départementales dans ce nouveau cycle qui s’ouvre.

Très bonne année 2026 à tous !

Samuel Minot - Président de la FFB Auvergne-Rhône-Alpes

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