Vous êtes juge au Tribunal de commerce, en quoi consiste ce mandat ?
Erick Romestaing. Je suis juge au Tribunal de Nanterre. Un juge au Tribunal de commerce est un commerçant ou un chef d’entreprise bénévole, élu par ses pairs. Le mandat peut durer 14 ans.
L’activité compte deux grands domaines : le règlement des litiges et le traitement des entreprises en difficulté. On prête serment et on est soumis aux valeurs communes des magistrats : impartialité, devoir de réserve, de loyauté, d'intégrité, de dignité, de diligence, et secret professionnel.
Mon activité est partagée entre les audiences, les délibérés au tribunal et l’étude et la rédaction des jugements : environ une journée par semaine (½ journée au tribunal et ½ journée à rédiger).
Il n’y a pas de compétence préalable nécessaire ou de profil particulier, la formation dispensée et l’expérience suffisent.
Que vous apporte ce mandat tant sur le plan personnel que professionnel ?
E.R. C’est une fonction passionnante et enrichissante qui permet de mettre en œuvre nos expériences professionnelles au service des autres.
Ce mandat a une utilité sociale avec un impact immédiat des décisions que nous sommes amenés à prendre dans l’intérêt de l’entreprise et du corps économique. C’est une formidable opportunité pour développer nos propres compétences et enrichir notre expérience. Précisons que l’enrichissement est seulement « intellectuel » puisque nous sommes bénévoles, mais cela reste très bénéfique pour la gestion de nos entreprises.
Quel est votre souvenir le plus marquant au sein de cette instance ?
E.R. Récemment un dirigeant dont la caution était mise en jeu par une banque est venu à mon audience sans avocat et complétement perdu face aux évènements qui lui arrivaient. J’ai pris du temps pour lui expliquer la situation, l’orienter sur ce qu’il devait faire tout en restant bien entendu à ma place impartiale de juge.
A la sortie de l’audience, l’avocate défendant la banque m’a remercié pour le temps que j’avais pris et pour mon attitude à l’écoute de son adversaire.
Nous devons juger en droit et non pas en équité. Nous sommes aussi là pour aider et expliquer, qu’il s’agisse du défendeur ou du demandeur. Lorsque nous pouvons orienter les parties vers une conciliation, nous avons alors le sentiment d’avoir fait le job pour lequel nous avons été élus.
CONTACT : Katia Tardieu - [email protected] - 01 40 55 10 46