Filière bois et construction : une conjoncture sous tension face aux crises énergétiques et géopolitiques

Nos entreprises évoluent aujourd’hui dans un environnement particulièrement instable, marqué par des tensions géopolitiques persistantes et une nouvelle flambée des coûts. 
7:3101/04/2026
Rédigé par

Cette situation fragilise un marché déjà en ralentissement.

 

Une instabilité internationale aux effets immédiats

 

L’ultimatum lancé par Donald Trump à l’Iran, repoussé au 6 avril, prolonge l’incertitude sur les marchés mondiaux. Cette situation entretient une forte volatilité des prix du pétrole, avec des répercussions directes sur l’économie française.

 

Le secteur du bâtiment est particulièrement exposé, notamment via les matériaux dérivés du pétrole (plastiques, isolants…), dont les prix pourraient augmenter jusqu’à +15 % dès début avril.

 

Face à ces tensions, la Fédération Française du Bâtiment alerte sur les risques pour la pérennité de certaines entreprises si la crise se prolonge.

 

L’UMB-FFB a interviewé 8 partenaires (producteurs bois massif, panneaux et matériaux associés) sur le contexte et les conséquences sur les prix d’achat et répercutions éventuels pour leurs clients. Vous trouverez ci-dessous une synthèse.

 

Une explosion des coûts à tous les niveaux

 

La hausse des prix touche l’ensemble de la chaîne :

 

  • Énergie : +30 % sur certains produits séchés au gaz (ex : hêtre), +10 % sur l’électricité en 5 ans
  • Transport : +5 % immédiat, avec des évolutions toutes les deux semaines
  • Logistique : doublement du prix des containers
  • Fiscalité : nouvelles taxes pétrolières mensuelles

 

À cela s’ajoute la flambée des carburants, qui impacte directement les entreprises et leurs forces commerciales.

 

Face à cette situation, le gouvernement prépare des aides ciblées, notamment pour les transporteurs, sans pour autant disposer de marges budgétaires importantes.

 

Des matières premières sous pression

 

La tension est particulièrement forte sur les matériaux dépendants de l’énergie et des importations :

 

  • Le pin, importé, subit la hausse du transport
  • Les produits transformés et industriels sont en augmentation de 1 à 5% que ce soit pour le revêtement de sol, panneaux bois, panneaux décoratifs et techniques, finitions et panneaux, adhésifs…). Un prestataire de panneaux annonce même une augmentation de plus de 9% début avril.
  • Les matériaux liés au gaz restent très exposés

 

À l’inverse, certaines ressources locales amortissent les chocs :

 

  • Le chêne français reste stable
  • Certaines filières comme la tonnellerie sont toutefois en ralentissement

 

Dans ce contexte, les fournisseurs appliquent des hausses souvent temporaires et révisables.

 

Un marché fragilisé et sous contrainte

 

En parallèle, l’activité reste dégradée :

 

  • Marché global jugé médiocre
  • Mises en chantier ralenties (météo, réglementation)
  • Réduction de la durée de validité des devis (de 3 mois à 1 mois)

 

Selon les segments :

 

  • Parquet en forte difficulté
  • Milieu de gamme sous pression
  • Haut de gamme et fenêtres plus résilients

 

Une filière prise en étau

 

Le secteur fait face à un effet ciseaux préoccupant avec une hausse rapide des coûts et un ralentissement de la demande

 

Les marges se dégradent, notamment sur les chantiers déjà engagés, tandis que la volatilité des prix complique la gestion commerciale.

 

Une période décisive

 

Dans ce contexte, la capacité d’adaptation devient clé avec notamment l’anticipation des achats, l’ajustement des prix ou la valorisation des circuits courts.

 

Alors que les tensions internationales persistent, l’ensemble de la filière reste suspendu à l’évolution de la situation géopolitique, avec des conséquences potentiellement durables sur son équilibre économique.

Pour contacter facilement votre fédération et accéder aux prochaines réunions
Vous n'êtes pas adhérent et vous cherchez une information ?