« Couvreur, un métier qui m’a fait grandir »

Après dix ans dans la restauration, Alexandre a choisi de se reconvertir dans la couverture. Aujourd’hui apprenti depuis quatre ans, il raconte sa découverte d’un métier exigeant, technique et passionnant, loin des clichés. Entre travail en hauteur, évolution des technologies et dépassement de soi, il revient sur un parcours qui lui a permis de gagner en confiance et de trouver sa voie.

14:3403/06/2026
Rédigé par

Alexandre RichardAlexandre, parlez-nous de votre parcours ?

Avant de me reconvertir, je travaillais dans la restauration. J’y ai passé dix ans, après avoir obtenu un CAP.

Avec le temps, je me suis rendu compte que je ne me projetais plus dans ce métier. Je n’avais pas de perspectives qui me correspondaient. On travaille le week-end, le matin, le soir… J’ai compris qu’il fallait que je change de métier.

 

Comment avez-vous découvert le métier de couvreur ?

Un ami m’a parlé du métier de charpentier et cela m’a tout de suite intéressé. J’ai donc commencé à me renseigner, et c’est comme cela que j’ai découvert le métier de couvreur, que je connaissais finalement assez peu.

Plusieurs métiers du Bâtiment m’attiraient : couvreur, charpentier, maçon… Il a fallu choisir. Je me suis davantage reconnu dans la couverture, parce que c’est un métier qui offre une certaine liberté, qui permet de toucher à beaucoup de choses … et aussi de travailler avec une belle vue ! (rires)

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Ça fait quatre ans que je suis apprenti, et c’est exactement ce que j’attendais. Je découvre de nouvelles techniques et j’interviens sur des chantiers très différents. La couverture, pour moi, c’est une histoire que l’on découvre à travers chaque toit. Ils sont tous différents : la pente n’est jamais la même et les techniques varient. Selon les régions, on peut travailler l’ardoise, le zinc, le plomb, ou combiner plusieurs matériaux sur une même toiture. C’est très intéressant, on ne s’ennuie jamais et c’est pour cela que j’aime ce métier.

 

Quelle différence faites-vous entre la formation en CFA et la pratique sur chantier ?

Sur un chantier, on est davantage dans la pratique : on a une tâche à accomplir et on la fait. Tout va vite, même si on prend toujours les précautions nécessaires, car la sécurité est essentielle.

En couverture, le principal danger, ce sont les chutes. Avant même de commencer à couvrir, il faut préparer le chantier, vérifier les conditions de sécurité et se préparer soi-même. Ce n’est qu’ensuite que l’on peut attaquer la toiture.

La formation en CFA apporte les bases techniques, les méthodes et les connaissances. Le chantier permet de les mettre en pratique, dans des situations très variées.

 

Quels clichés entendez-vous parfois sur les couvreurs ?

On entend souvent que les couvreurs ne sont pas dans la réflexion, uniquement dans la force physique. C’est dommage, car ce métier demande beaucoup de connaissances, de logique, de précision et de mathématiques. Il faut comprendre les plans, anticiper les contraintes, choisir les bonnes techniques et travailler avec méthode. C’est un métier manuel, bien sûr, mais aussi très technique.

 

La technologie fait-elle évoluer le métier ?

Les choses évoluent énormément et très rapidement. Avant, on faisait tout à la main, sur plan. Aujourd’hui, beaucoup de choses se font sur écran ou sur tablette, notamment pour consulter les plans ou effectuer des recherches.

Les drones sont également de plus en plus utilisés, pas encore dans toutes les entreprises, car cela représente un coût. Ils permettent d’éviter à quelqu’un de monter sur un toit et l’installation d’un échafaudage. Ils servent notamment à repérer une fuite, à identifier un problème ou à préparer un futur chantier. Les drones sont donc très utiles, et cette technologie va continuer à se développer. Je pense que nous n’avons pas encore fini d’apprendre.

 

Pensez-vous que la couverture restera un métier artisanal ?

A titre personnel, je pense que le métier de couvreur va rester artisanal, notamment parce qu’il existe encore beaucoup de toitures traditionnelles.

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite devenir couvreur ?

Pour moi, plusieurs choses sont importantes quand on veut faire ce métier. D’abord, il ne faut pas avoir le vertige. Ensuite, il faut savoir que la météo fait partie intégrante du travail. Quand il fait chaud, il peut faire très chaud ; et inversement quand il fait froid. Et il arrive de travailler sous la pluie. Tout est plus intense. Il ne faut pas avoir peur de sortir de sa zone de confort. Ce n’est pas toujours facile, mais il y a tellement de choses à découvrir.

 

Qu’est-ce que ce métier vous a apporté personnellement ?

J’avais un problème de confiance en moi. J’ai aussi un handicap : je suis dysphasique, ce qui signifie que j’ai des difficultés de langage, et certaines personnes ne pensaient pas que j’y arriverais. Mais la couverture m’a permis de croire davantage en mes capacités et d’évoluer.

Quand on vous dit que vous n’êtes pas fait pour un métier, il faut parfois être têtu, suivre son cœur et voir où cela vous mène. Pour moi, la couverture est le métier dans lequel je me sens le mieux. C’est pour cela que j’encourage les jeunes à venir découvrir cette profession.

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