Tendances récentes du bâtiment - Janvier 2026
Note de lecture :
plus l’aiguille se situe dans le rouge, plus l’indicateur connaît une situation défavorable par rapport à sa moyenne de long terme ; à l’opposé, plus l’aiguille se situe dans le vert, plus la situation ressort favorable.
Le contexte général
Malgré le contexte politique du troisième trimestre 2025, le PIB accélère à +0,5 % en volume après +0,3 % au trimestre précédent. Ce mouvement s’avère porté par le commerce extérieur, avec une progression bien plus rapide des exportations (+3,2 %) que des importations (+1,3 %), mais aussi par la demande intérieure. De fait, l’investissement rebondit de 0,5 %, grâce aux entreprises (+0,8 %) et aux administrations publiques (+0,3 %) alors qu’il s’effrite encore pour les ménages (-0,1 %). Enfin, les dépenses de consommation de ces derniers ne progressent qu'à peine, à +0,1 %.
L’inflation reste faible, à 0,8 % en décembre 2025 sur un an, et les taux des crédits immobiliers aux particuliers remontent légèrement, s’affichant à 3,13 % en moyenne en octobre et novembre, hors frais et assurances. Le marché du crédit continue de se redresser, mais faiblit un peu depuis la fin de l’été. Ainsi, dans le neuf, la production progresse de 17,2 % en glissement annuel sur trois mois à fin novembre 2025, profitant toujours du ré-élargissement du PTZ (dans l’individuel et les zones B2-C).
Les marchés du bâtiment
La construction neuve poursuit son redressement. Concernant le logement, en glissement annuel sur trois mois à fin novembre, les mises en chantier et autorisations accélèrent à respectivement +20,2 % et +21,3 %. Le mouvement découle de l’individuel comme du collectif. Concernant ce dernier, la hausse des ouvertures de chantier s'avère porté au premier chef par les logements en résidence : même s'ils ne représentent qu’un cinquième du collectif, ils s’envolent de plus de 65 % sur la période. Pour les prochains mois, l’individuel continuerait sur sa lancée, en lien avec le redressement de 32,8 % des ventes dans le diffus. En revanche, des inquiétudes émergent concernant le collectif. De fait, entre les troisièmes trimestres 2024 et 2025, les ventes des promoteurs aux particuliers chutent de -9,6 %, aspirées par l’effondrement de moitié de l’investissement locatif.
Le non-résidentiel poursuit sa fragile reprise. De fait, en glissement annuel sur trois mois à fin novembre 2025, les surfaces commencées progressent de 12,8 mais les surfaces autorisées se redressent à peine, à seulement +1,6%, pénalisées par la chute des bureaux (-32,0%), des hébergements hôteliers (-14,0%) ainsi que des bâtiments industriels et assimilés(-10,0%).
La baisse d'activité en amélioration-entretien amorcée fin 2024 se confirme entre les troisièmes trimestres 2024 et 2025, à -1,3 % en volume. Plus précisément, la situation pour le logement s’aggrave (-1,5 %), alors que le rythme de repli du non résidentiel se maintient (-0,6 %). Concernant la rénovation énergétique, la diminution se tempère un peu à -1,2 %, dans le sillage du logement (-1,3 %), alors que le non résidentiel s’érode pour la première fois depuis le premier trimestre 2023 (-0,5 %).
Globalement, entre les troisièmes trimestres 2024 et 2025, le recul de la production dans le bâtiment se modère à -2,2 %.
L’appareil de production
En glissement annuel au troisième trimestre 2025, la baisse de l’emploi salarié ralentit, à -1,3 %, au même rythme que celle de l’intérim en équivalent-emplois à temps plein. Au total, entre les troisièmes trimestres 2024 et 2025, la perte atteint 17 100 postes, dont 15 900 salariés.
En glissement annuel sur trois mois à fin octobre, les défaillances d’entreprises dans la construction restent stables. Quant aux créations hors micro-entrepreneurs, elles progressent de +4,7 % en glissement annuel sur trois mois à fin novembre.
Au troisième trimestre 2025, un effet de ciseau très pénalisant se poursuit. De fait, les coûts de production dans le bâtiment augmentent de 1,7 % sur un an, tirés par la hausse des salaires (+2,3 %), tandis que les prix se replient de 1,2 %. Ce mouvement se reflète dans le taux de marge opérationnelle, qui abandonne encore 0,2 point de pourcentage sur la même période. D’ailleurs, au troisième trimestre, l'opinion des chefs d'entreprise de plus de dix salariés sur leur trésorerie s’érode sur un trimestre pour basculer en territoire légèrement négatif.






