EI, SAS, SARL, SA… - Choisir la bonne structure juridique
Trois critères pour faire son choix
- Nombre d'associés : Le choix de la structure dépend d'abord du nombre de personnes impliquées dans le projet :
- vous entreprenez seul : entreprise individuelle, EURL ou SASU ;
- vous entreprenez à plusieurs : SARL, SAS ou SA.
- Régime social du dirigeant : Le régime social varie selon la structure choisie :
- gérant majoritaire de SARL : régime des travailleurs non salariés (TNS) ;
- président de SAS, gérant minoritaire de SARL, directeur général de SA : régime des assimilés salariés.
Le choix du régime social a un impact important sur le niveau des cotisations sociales et sur la protection sociale du dirigeant.
- Fiscalité : Selon les cas, l'entreprise peut être soumise à l'impôt sur le revenu (IR) ou à l'impôt sur les sociétés (IS). Certaines structures permettent également, sous conditions, d'opter temporairement pour un autre régime fiscal. Le choix entre IR et IS peut avoir des conséquences importantes sur la rémunération du dirigeant, l'imposition des bénéfices ou encore la stratégie de développement de l'entreprise.
Régime social du gérant
Le gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés (TNS), tandis que le gérant minoritaire relève du régime des assimilés salariés.
SAS : une structure particulièrement flexible
La société par actions simplifiée est aujourd’hui l’une des formes juridiques les plus utilisées pour la création de société. Elle séduit de nombreux entrepreneurs de bâtiment en raison de sa grande souplesse de fonctionnement.
Une grande liberté d’organisation
Les associés disposent d’une importante liberté pour organiser la gouvernance de la société dans les statuts.
Ils peuvent notamment prévoir :
- les pouvoirs du dirigeant ;
- les modalités de vote ;
- les conditions d’entrée d’investisseurs ;
- des clauses d’agrément ;
- des clauses d’exclusion ;
- ou encore des mécanismes spécifiques de contrôle.
Cette liberté constitue l’un des principaux atouts de la SAS.
Une vigilance particulière sur les statuts
En contrepartie, la rédaction des statuts nécessite une attention particulière. Des statuts imprécis ou mal adaptés peuvent être sources de difficultés ou de conflits entre associés. Il est donc souvent recommandé de se faire accompagner par un conseil juridique lors de leur rédaction.
SAS ou SASU
La SAS peut être constituée :
- par plusieurs associés ;
- ou par un associé unique sous la forme d’une SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle).
Régime social du président
Le président de SAS relève du régime des assimilés salariés. Il bénéficie ainsi d’une protection sociale proche de celle d’un salarié, mais avec des cotisations sociales généralement plus élevées.
SA : la structure des projets de grande ampleur
La société anonyme est principalement utilisée pour les projets importants ou les grandes entreprises.
Elle est souvent choisie lorsque :
- des investissements importants sont nécessaires ;
- le nombre d’actionnaires est élevé ;
- une introduction en Bourse est envisagée ;
- ou qu’une gouvernance fortement structurée est recherchée.
Un fonctionnement plus lourd
La SA impose un formalisme juridique plus important que la SAS ou la SARL. Elle implique notamment :
- un capital social minimal (37 000 €) ;
- la désignation obligatoire d’un commissaire aux comptes dans de nombreux cas ;
- des règles de gouvernance strictes ;
- des obligations de fonctionnement plus lourdes.
Elle peut être organisée avec un conseil d’administration et un directeur général, ou avec un directoire et un conseil de surveillance.
Comme dans la SAS ou la SARL, la responsabilité des actionnaires est limitée à leurs apports. En pratique, la SA est rarement choisie pour les petites structures en raison de son coût et de son formalisme.
En conclusion, le choix de la forme juridique constitue une étape essentielle dans la création d’une entreprise. Chaque structure répond à des besoins différents selon :
- la nature de l’activité ;
- le nombre d’associés ;
- les besoins de financement ;
- le niveau de protection sociale recherché ;
- ou encore les perspectives de développement de l’entreprise.
Une structure adaptée au démarrage peut évoluer avec le temps. Il est donc important d’anticiper les besoins futurs du projet et, si nécessaire, de se faire accompagner afin de sécuriser ce choix dès la création de l’entreprise.
Focus sur la SCI
La société civile immobilière occupe une place particulière parmi les structures juridiques. Elle n’a pas vocation à exercer une activité commerciale classique. Elle est principalement utilisée pour :
- acquérir un bien immobilier ;
- gérer un patrimoine immobilier ;
- organiser la détention d’un immeuble à plusieurs ;
- ou faciliter la transmission d’un patrimoine familial.
Comparatif des principales formes juridiques
| Forme juridique | Nombre d’associés | Responsabilité | Régime social du dirigeant | Niveau de souplesse |
| Entreprise individuelle | 1 | Limitée au patrimoine professionnel | TNS | Très simple |
| EURL / SARL | 1 ou + | Limitée aux apports | TNS si gérant majoritaire Assimilé salarié si gérant minoritaire |
Encadré |
| SASU / SAS | 1 ou + | Limitée aux apports | Assimilé salarié | Très souple |
| SA | Minimum 2 | Limitée aux apports | Assimilé salarié | Fonctionnement lourd |
- Le régime de la microentreprise ne s’adresse qu’aux entrepreneurs individuels dont le chiffre d’affaires annuel hors taxes ne dépasse pas :
- 203 100 € pour les activités de vente de marchandises, de vente à consommer sur place et de fourniture de logement (hors location meublée autre que meublé de tourisme ou chambre d’hôte) ;
- 83 600 € pour les prestations de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC). En cas d’activité mixte (vente et prestations de services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 203 100 €, incluant un chiffre d’affaires maximal de 83 600 € pour les prestations de services.

