Investissement locatif privé : dispositif « Jeanbrun »

Dispositif fiscal qui vise à soutenir l’investissement locatif privé dans un logement collectif neuf ou ancien sous réserve de travaux et d’étiquette DPE, sur tout le territoire. Il permet au propriétaire de réduire ses impôts en contrepartie d’un engagement de location, pendant au moins 9 ans, sous conditions de loyers et de ressources des locataires. 
10:3923/04/2026
Rédigé par FFB Nationale

Le dispositif s’étend du 21 février 2026 jusqu’au 31 décembre 2028.


  • Le ménage souhaite investir dans un logement collectif neuf ou ancien avec travaux pour le louer (hors cercle familial) pendant au moins 9 ans
  • Il peut amortir fiscalement de 3 % (ancien avec travaux) à 5,5 % (neuf) du prix d’acquisition (hors foncier) selon le type de bien et les conditions de location
  • Il peut se constituer un patrimoine pour sa retraite ou pour ses enfants en réduisant ses impôts
Ces informations sont non contractuelles et soumises à des évolutions régulières. Pour en savoir plus, rapprochez-vous de votre fédération.

 

Qui est concerné ?

 

Toute personne, ou société soumise à l’impôt sur le revenu, désirant acquérir un logement collectif neuf ou ancien réhabilité, pour le louer.

 

 

Quels avantages ?

 

En régime réel d’imposition1, une déduction est appliquée chaque année aux revenus fonciers bruts (principalement les loyers) au titre de l’amortissement, en complément des charges déductibles. Le résultat foncier en ressort au minimum largement réduit et même, dans la majorité des cas, déficitaire, ce qui vient réduire le revenu global de l’investisseur2, donc son impôt sur les revenus.

 

Le taux d’amortissement, appliqué à 80 % du prix d’acquisition du logement net de frais d’acquisition3, dépend du type de bien et des conditions de location, à savoir « intermédiaires », « sociales » ou « très sociales ».

 

 

Paramètres du dispositif selon les conditions de location

 

  Intermédiaire Sociale Très sociale
Taux d'amortissement annuel :      
• logement neuf 3,5 % 4,5 %  5,5 %
• logement ancien avec travaux 3,0 % 3,5 %  4,0 %
Plafond annuel de l'amortissement par investisseur 8 000 € 10 000 €  12 000 €
Plafond de loyer / de ressources des locataires « Pinel » (comme LLI)

Loc'Avantages

Loc2

 Loc'Avantages

 Loc3

 

Le montant maximum de l’amortissement annuel se trouve par ailleurs respectivement plafonné à 8 000 €, 10 000 € et 12 000 € en locations intermédiaire, sociale et très sociale. Attention : ces plafonds s’apprécient par foyer fiscal et non par logement. Ils s’appliquent donc globalement si le ménage investit dans plusieurs logements4.

 

À noter que le cumul des amortissements annuels pour un bien ne pourra excéder la base amortissable (80 % du prix d’acquisition hors frais). Sous cette réserve, le bénéfice du dispositif reste acquis même au-delà des 9 ans minimum requis, tant que la location respecte ses conditions.

 

Lors de la revente du bien, le cumul des amortissements déduits devra être repris pour le calcul de la plus-value, ainsi augmentée. Les abattements pour durée de détention de droit commun s’y appliquent.

 

NB : le cumul des dispositifs « Jeanbrun » et « LLI » (TVA à 10 %) est possible, sous réserve du respect des conditions de l’un et de l’autre.

 


Pour quels logements ?

 

Le dispositif concerne les logements dans le collectif, situés partout en France.

 

Pour le neuf, le logement doit être acquis (y compris en VEFA), ou avoir fait l’objet d’un dépôt de permis de construire, entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028.

 

Pour l’ancien, le logement doit cumulativement être acquis entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, faire (ou avoir fait) l’objet de travaux soit de remise à neuf5, soit représentant au moins 30 % du prix d’acquisition et satisfaisant les critères d’une réhabilitation lourde (notamment l’atteinte des étiquettes A ou B du DPE en métropole6). Les logements anciens ayant fait l’objet de travaux avant l’acquisition par l’investisseur sont éligibles s’ils n’ont pas été utilisés ou occupés depuis l’achèvement des travaux.

 

 

Quelles conditions de location ?

 

Le logement doit être loué nu pendant au moins 9 ans et constituer la résidence principale du locataire.

 

Plus précisément :

  • la location effective doit intervenir dans les 12 mois qui suivent la date d’achèvement de l’immeuble ou des travaux (ou de son acquisition si elle est postérieure) ;
  • le locataire ne pourra pas être un membre du foyer fiscal de l’investisseur, ni l’un de ses grands-parents, parents, enfants, petits-enfants, frères ou sœurs.

 

De plus, selon le type de location et la commune du logement :

  • les ressources du locataire devront respecter les plafonds du « Pinel » intermédiaire (logement locatif intermédiaire -LLI) ou ceux de Loc’Avantages (Loc2 et Loc3) « social » ou « très social » (cf. tableau 1) ; 
  • les loyers pratiqués seront plafonnés comme ceux des dispositifs précédents, mais modulés par un coefficient de surface (cf. tableau 2). À noter que, contrairement aux loyers intermédiaires déterminés selon le zonage ABC, les loyers « sociaux » et « très sociaux » s’avèrent définis à la commune7 (ou à l’arrondissements pour Paris, Lyon et Marseille).

 

 

Calendrier et dates importantes

 

  Neuf Ancien avec travaux
Dépôt du permis de construire 21/02/2026 au 31/12/2028  
Date d’acquisition 21/02/2026 au 31/12/2028 21/02/2026 au 31/12/2028
Début de la période d’amortissement 1er jour du mois d’achèvement de l’immeuble ou de l’acquisition du logement 1er jour du mois d’achèvement des travaux ou de l’acquisition du logement
Première année de déclaration d’impôt Déclaration de l’année d’achèvement du logement ou de son acquisition Déclaration de l’année d’achèvement des travaux ou de l’acquisition du logement.
Mise en location Dans les 12 mois qui suivent l’achèvement de l’immeuble ou l’acquisition du logement Dans les 12 mois qui suivent l’achèvement des travaux ou l’acquisition du logement

 

Pour en savoir plus

 

Le site internet de l’ANIL, rubrique Loi de finance pour 2026, rubrique « fiscalité du bailleur ».


 

 

Exemples pour un logement neuf en location intermédiaire

 

Ci-après quatre exemples qui permettent de décrire les grandes lignes de la mécanique du dispositif. Les montants présentés constituent de simples ordres de grandeurs. Des calculs précis doivent être conduits au cas par cas.

 

  Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Zone Abis A B1 B2 / C
Prix d'acquisition TTC 300 000 € 250 000 € 200 000 € 180 000 €
Surface utile du logement 50 m² 50 m² 50 m² 50 m²
Loyer en m² / mois… 19,71 € 14,64 € 11,80 € 10,26 €
… après coefficient de surface (*) 21,29 € 15,81 € 12,74 € 11,08 €
(*) Hypothèse de location au loyer plafond.

 

Calcul du montant de l’amortissement annuel

 

  Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Prix d'acquisition hors frais (*) 295 000 € 245 000 € 195 000 € 175 000 €
Base éligible (80 %) 236 000 € 196 000 € 156 000 € 140 000 €
Amortissement calculé (taux 3,5 %) 8 300 € 6 900 € 5 500 € 4 900 €
Amortissement déductible 8 000 € 6 900 € 5 500 € 4 900 €

(*) Hypothèse de 5 000 € de frais d’acquisition.

 

Calcul de l’économie d’impôt la première année (en année pleine)

  Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Résultat foncier        
Loyers et charges refacturées (1) 13 100 € 9 800 € 8 000 € 7 000 €
Intérêts d'emprunt (2) -9 600 € -8 000 € -6 400 € -5 800 €
Charges (comptable, assurance) -1 400 € -1 400 € -1 400 € -1 400 €
Taxe foncière -1 000 € -1 000 € -1 000 € -1 000 €
Résultat foncier si pas d'amortissement 1 100 € -600 € -800 € -1 200 €
Amortissement déductible -8 000 € -6 800 € -5 500 € -4 900 €
Déficit foncier -6 900 € -7 400 € -6 300 € -6 100 €

 

Économie d'impôt selon le taux marginal d’imposition de l’investisseur


Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
11 % 800 €   800 €  700 € 700 € 
30 % 2 100 € 2 300 € 1 900 € 1 800 €
41 % 2 800 € 3 100 € 2 600 € 2 500 €
  1. 30 € par mois
  2. Prêt du secteur libre à 4 % l’an (TAEG) sur 20 ans pour le complément à l’apport personnel supposé à 20 %.

 

Calcul de l’économie d’impôt sur la période de location

 

Au fil du temps, le montant de l’amortissement ne change pas mais les loyers et les charges (récupérables ou non) progressent et les intérêts d’emprunt diminuent. Le résultat foncier, son impact sur le revenu global, et donc de l’économie d’impôt évoluent tous les ans.

 

  Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Économie d'impôt selon le taux marginal d’imposition pour 9 ans de location
11 % 4 700 € 5 700 € 4 900 € 4 900 €
30 % 12 900 € 15 600 € 13 400 € 13 300 €
41 % 17 600 € 21 300 € 18 300 € 18 100 €
Économie d'impôt selon le taux marginal d’imposition pour 15 ans de location
11 % 4 900 € 7 100 € 6 300 € 6 500 €
30 % 13 300 € 19 500 € 17 200 € 17 700 €
41 % 18 200 € 26 600 € 23 500 € 24 100 €

Hypothèses : les loyers et les charges évoluent au taux de 1,5 % par an, les montants ne sont pas actualisés.

 

 

 

Tableau 1 – Plafonds de ressources des locataires en 2026 du niveau intermédiaire (« Pinel » / logement locatif intermédiaires) – €

Valeurs applicables aux baux conclus en métropole, à comparer au revenu fiscal de référence de 2024

Composition du foyer

Zone 

Abis

Zone

A

Zone

B1

Zones 

B2 et C

Personne seule (PS) 44 344 44 344 36 144 32 530
Couple (C) 66 276 66 276 48 268 43 439
PS ou C + 1 pers. à charge 86 878 79 666 58 043 52 239
PS ou C + 2 pers. à charge 103 727 95 427 70 073 63 066
PS ou C + 3 pers. à charge 123 415 112 968 82 432 74 189
PS ou C + 4 pers. à charge 138 874 127 122 92 900 83 611
Majoration par pers. à charge supplémentaire +15 471 +14 164 +10 364 +9 325

 

Les plafonds de ressources des locataires, selon les zones ABC, du niveau « social » (Loc2 de Loc’Avantages) et « très social » (Loc3 de Loc’Avantages) sont consultables sur le  bulletin officiel des impôts.

 

 

Tableau 2 – Loyer mensuel plafond en 2026 du niveau intermédiaire (« Pinel » / logement locatif intermédiaires) – € / m² de surface utile (SU)

Zone Loyer plafond mensuel
Zone Abis 19,71 €
Zone A 14,64 €
Zone B1 11,80 €
Zones B2 et C 10,26 €

 

Les loyers plafonds, selon les communes, du niveau « social » (Loc2 de Loc’Avantages) et « très social » (Loc3 de Loc’Avantages) sont consultables dans l’Arrêté du 6 janvier 2026 pris en application de l'article 2 terdecies H de l'annexe III au code général des impôts - Légifrance

 

Notes : la surface utile se calcule comme la surface habitable majorée de la moitié des surfaces annexes (cave, balcon, remise, …) dans la limite de 8 m² par logement. Le loyer pratiqué ne pourra excéder le loyer plafond multiplié par un coefficient qui tient compte de la surface (0,7 + (19 / SU), avec un maximum de 1,2).

 

 

Exemple de calcul de plafond de loyer

 

Dans le cas de la mise en location en 2026 d’un logement de 50 m² de surface utile en zone B1 loué au niveau intermédiaire :

  1. le plafond de loyer applicable en zone B1 est de 11,80 € par m² ;
  2. le coefficient de surface est égal à 0,7+19 / 50 = 1,08. Le plafond de loyer sera finalement de 11,80 € * 1,08 = 12,74 € par m².

Le loyer mensuel pratiqué ne pourra donc pas dépasser 50 * 12,74 € = 637 €.

 

 

  1. Soit hors régime micro-foncier.
  2. Dans la limite de 10 700 €, l’excédent étant reportable sur les revenus fonciers des années suivantes (droit commun).
  3. Prix d’acquisition net des frais de notaires (et majoré le cas échéant du prix de certains travaux dans l’ancien), des commissions des intermédiaires et des droits de mutation. La déduction forfaitaire de 20 % correspond à la part du foncier, non amortissable.
  4. Plus précisément, 8 000 € par an en « intermédiaire », 10 000 € ou 12 000 € si au moins 50 % des loyers sont issus de logement(s) loué(s) aux conditions sociales ou très sociales.
  5. Au sens de l’article 257 du CGI.
  6. Pour l’Outre-mer : article 150 U du CGI
  7. Arrêté du 6 janvier 2026 pris en application de l'article 2 terdecies H de l'annexe III au code général des impôts - Légifrance
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