Le vieillissement démographique transforme le paysage professionnel. Dans les entreprises, il n’est pas rare de compter des équipes réunissant quatre générations, des sexagénaires aux tout justes trentenaires. Piloter un staff composé à la fois de jeunes diplômés, de seniors très expérimentés et de quadragénaires relève parfois du tour de force : chacun a son propre rapport à la hiérarchie, son propre besoin de reconnaissance, ses méthodes de travail et des réflexes d’autonomie différents.
Un « mix » de profils qui oblige l’encadrant à « revoir tout le paradigme », annonce d’emblée Élodie Gentina1, docteure en sciences de gestion et professeure associée à l’IESEG School of Management.
Pour des équipes harmonieuses et efficaces, Élodie Gentina conseille de concevoir des modes de gestion et d’animation adaptés non pas à une génération spécifique, mais à l’ensemble des collaborateurs.
« C’est un défi majeur, reconnaît cette conférencière, qui suppose de ne pas placer chacun dans une case générationnelle, en commençant par laisser tomber les clichés », ajoute-t-elle.
Ces clichés générationnels, justement, quels sont-ils ? « Les jeunes sont flemmards, narcissiques et rebelles ; les anciens, accros au boulot, rigides, dépassés par les nouvelles technologies… », liste Élodie Gentina, qui invite à oublier ces préjugés, pour s’appuyer plutôt sur les qualités de chacun et impulser « une dynamique de partage de compétences » entre générations.
Travail collaboratif et intelligence collective
Concrètement, le manager a intérêt à mettre en place des projets qui permettent de « passer de la cohabitation à la collaboration », résume cette experte.
Quelques pistes ? « Proposer un dispositif de mentorat, qui permet aux salariés de tisser des relations interpersonnelles d’apprentissage entre expérimentés et débutants autour de compétences ou connaissances à acquérir. Ou du mentorat inversé, à travers lequel ce sont les jeunes collaborateurs, cette fois, qui diffusent leurs compétences aux plus expérimentés. »
En dehors de ces cadres communs, qui valorisent l’expérience de chacun à travers un collectif de travail, il ne faut toutefois pas perdre de vue que chaque génération garde son propre rapport à la vie professionnelle et à l’entreprise.
« La culture, l’histoire, l’expérience de chaque génération façonnent la façon dont elle vit le travail, complète la spécialiste. Le rapport au temps, au numérique, à la famille, à l’autorité n’est pas du tout le même selon que l’on a 25, 45 ou 55 ans. On doit prendre compte ces spécificités », croit-elle savoir.
Les Z, génération passée à la loupe