Les conditions météorologiques parfois extrêmes représentent un véritable risque pour la santé et la sécurité des équipes. Une bonne anticipation et quelques mesures simples permettent de limiter les dangers liés au froid et de maintenir l’activité dans de bonnes conditions.
1. Intégrer le risque froid dans le DUER et le plan d’action
Si la réglementation ne fixe pas de température minimale pour travailler, il est impératif d’intégrer les risques liés au froid dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER). Celui-ci doit préciser :
- les postes exposés (travaux extérieurs, zones non chauffées…),
- les effets possibles sur la santé (hypothermie, gelures, fatigue accrue…),
- les mesures de prévention à mettre en place.
Un plan d’action accompagne cette évaluation afin de définir clairement les actions correctives à appliquer en période hivernale.
Pour vous aider dans cette démarche, vous pouvez vous aider des outils mondocunique de l’OPPBTP.
2. Adapter la température des locaux affectés au travail
Le chauffage des locaux de travail est une obligation réglementaire 1. Dans les locaux permanents (ateliers, zones de préparation), les températures recommandées par la norme X 35-203 sont :
- 18 à 20 °C pour les activités légères,
- 15 à 17 °C pour les activités physiques soutenues.
Les locaux annexes (restauration, repos, sanitaires, premiers secours) doivent aussi avoir une température adaptée à leur usage. Un atelier dont les portes restent ouvertes pour l’exploitation ne doit pas être assimilé à un local ouvert si celles-ci peuvent être fermées pendant la période froide.
Hors atelier, chaque chantier doit disposer :
- soit d’un local permettant d’abriter les salariés dans de bonnes conditions,
- soit d’aménagements offrant un niveau de protection équivalent (bungalows chauffés, abris adaptés…) 2.
Attention aussi à respecter le mode d’emploi des appareils générant du monoxyde de carbone et à aérer régulièrement les locaux fermés !
3. Fournir des vêtements de protection contre le froid
L’employeur doit fournir gratuitement des vêtements adaptés aux intempéries : vestes imperméables, anoraks/cirés, accessoires adaptés (gants, couvre-chefs compatibles avec les EPI). Evitez les écharpes. Ces vêtements doivent être compatibles avec les autres EPI (harnais, protections respiratoires…). L’entreprise prend aussi à sa charge l’entretien et le remplacement de ces équipements.
4. Adapter l’organisation du chantier et adapter les postes de travail
Il est nécessaire de :
- réduire la charge physique quand c’est possible (aides à la manutention…),
- planifier les tâches les plus exposées aux moments les moins froids de la journée,
- adapter la durée et la fréquence des pauses pour permettre aux salariés de se réchauffer,
- mettre à disposition des boissons chaudes et de quoi s’hydrater suffisamment.
5. Suivre les prévisions météorologiques
Le site de météo France publie, outre les prévisions de températures, une carte de vigilance actualisée plusieurs fois par jour, permettant d’anticiper les conditions climatiques et d’ajuster l’activité en conséquence.
VIGILANCE METEO FRANCE | Carte de vigilance météorologique sur la France
6. Sensibiliser les équipes
En amont des premiers froids, sensibilisez les équipes aux risques et aux règles de prévention vie des quarts d’heures sécurité et des affiches.
Exemple affiche quart d’heure sécurité OPPBTP
En période hivernale, les salariés se regroupent plus souvent dans les bungalows, Pensez aussi à rappeler les bonnes pratiques pour limiter les risques de transmission des virus dans les espaces clos (lavage des mains, aération…).
7. En cas d’impossibilité de travailler
Lorsque les conditions climatiques rendent le travail dangereux ou impossible, certains arrêts peuvent être indemnisés au titre du chômage intempéries. Sont notamment considérés comme intempéries : gel, verglas, pluie, neige, inondations et les vents violents.
Pour ouvrir droit à indemnisation, plusieurs conditions doivent être réunies :
- le salarié doit être présent sur le chantier au moment de l’arrêt,
- l’employeur ne doit pas avoir de travail de remplacement possible,
- l’arrêt ne doit pas se situer dans une zone où un arrêt saisonnier est imposé,
- le salarié doit rester à disposition de l’employeur pendant l’arrêt.
Pour plus d’informations sur le régime du chômage intempéries, rendez-vous sur le site CIBTP ou bien contactez votre Fédération.
La gestion est un enjeu de santé et de sécurité pour vos équipes et de continuité de votre activité. En intégrant le risque dans votre DUER, en organisant vos chantiers, en fournissant des équipements adaptés et en aménageant des espaces chauffés, vous limitez les risques et sécurisez les conditions de travail.