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RSE : répondre aux attentes sociétales

S’il s’agit d’une thématique récente pour le secteur du bâtiment, la responsabilité sociétale des entreprises, ou RSE, est surtout une démarche globale qui permet de formaliser un ensemble d’initiatives – souvent déjà existantes – en faveur de l’environnement, du dialogue social, de l’ancrage local ou de la loyauté des pratiques, et de se fixer de nouveaux objectifs dans ces domaines. Pour les entreprises, cette démarche est un moyen de renforcer leur attractivité et d’améliorer leur recrutement et leur image, pour acquérir une légitimité nouvelle qui leur permet d’envisager sereinement l’avenir.
13:5924/03/2022
Rédigé par FFB Nationale
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Bâtimétiers Numéro 66 | mars 2022

Comment peut-on définir la responsabilité sociétale des entreprises, ou RSE ? On peut dire, pour commencer, qu’il s’agit de la prise en compte volontaire par les entreprises des enjeux sociaux, environnementaux et éthiques dans la gestion quotidienne de leurs activités, aussi bien sur le plan économique qu’en matière de relations internes (employeurs, employés, actionnaires) et externes (clients, sous-traitants, fournisseurs). Dans le secteur du bâtiment, on a coutume de dire qu’une démarche RSE repose sur quatre grands piliers : la préservation de l’environnement, le social, l’ancrage local et la loyauté des pratiques – autant de domaines où les entreprises peuvent prendre des initiatives concrètes(1). Mais, pour bien comprendre de quoi l’on parle, il faut aller plus loin que les définitions théoriques, car la RSE est quelque chose de tout à fait concret, qui se vit déjà dans un très grand nombre d’entreprises. « Tout dirigeant d’entreprise qui, aujourd’hui, s’interroge sur des thèmes comme la réduction de son impact sur l’environnement, la formation et les perspectives offertes à ses salariés, ou encore la satisfaction de ses clients, et qui prend des mesures pour progresser dans ces différents domaines fait déjà de la RSE sans le savoir, déclare Catherine Guerniou, cheffe de file RSE au sein de la FFB. En faisant de la RSE, une entreprise répond à des attentes actuelles et nouvelles de la société, et participe à la résolution de certains problèmes collectifs, en donnant une raison d’être à son activité et une dimension précieuse au travail de ses salariés, celle du sens. »

 

On aurait tort cependant de penser que, en ayant une démarche RSE, les entreprises « se dévouent » ou « font un geste altruiste » au service de la société tout entière, car ces mesures vont aussi dans le sens de leurs propres intérêts. Aujourd’hui encore, les entreprises du bâtiment souffrent d’un déficit d’image : leurs métiers sont considérés comme peu attractifs voire pénibles, ce qui le plus souvent n’est plus vrai, car les conditions de travail se sont beaucoup améliorées. Or, la RSE est précisément un excellent moyen pour les entreprises de changer la perception de la société et de résoudre leurs difficultés chroniques à recruter, en faisant état de toutes leurs actions en faveur de l’accueil, de la formation et des perspectives de carrière de leurs salariés, et en montrant que le bâtiment est un secteur d’avenir, où le fameux « ascenseur social » fonctionne. Le volet social de la RSE est aussi un moyen de fidéliser les salariés dans le temps, ce qui permet de conserver les savoir-faire internes – le « capital immatériel » de l’entreprise. « Nous devons transformer nos entreprises : elles doivent devenir des agents proactifs de la transition écologique, le lieu d’un dialogue social renouvelé, qui permette l’épanouissement des salariés en leur donnant des possibilités d’évolution, ajoute Catherine Guerniou. Si on ne prend pas ce virage-là, nos entreprises passeront à côté des attentes des jeunes générations qui se détourneront de notre secteur. La RSE recouvre donc des enjeux majeurs. »

 

Nos entreprises doivent devenir des agents proactifs de la transition énergétique, le lieu d’un dialogue social renouvelé, qui permette l’épanouissement des salariés en leur donnant des possibilités d’évolution.

Catherine Guerniou, cheffe de file RSE au sein de la FFB et dirigeante de La Fenêtrière, àChampigny-sur-Marne (Val-de-Marne)

Une porte d’entrée : Bâtisseur responsable

 

Quels sont les outils dont disposent les entreprises pour se lancer dans la RSE ? Il faut rappeler tout d’abord qu’il s’agit d’une démarche qui n’est pas obligatoire, sauf pour les entreprises qui, à ce jour, emploient plus de 500 salariés et réalisent plus de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires, qui sont peu nombreuses dans le bâtiment(2). D’autre part, il existe des labels pour valider une démarche RSE, dont les principaux sont « Engagé RSE », développé par l’Afnor, avec pour principe une évaluation à plusieurs niveaux, de « initial » à « exemplaire », et le label « Lucie », développé par l’agence éponyme, qui est associé à un parcours de progression en RSE. Cependant, ces deux labels sont basés strictement sur la norme ISO 26000, un texte complexe qui se révèle peu adapté au fonctionnement de la grande majorité des PME et entreprises artisanales du bâtiment. Celles qui souhaitent néanmoins s’engager dans une telle démarche pourront s’intéresser avec profit au label RSE créé par la fédération SCOP BTP(3), en partenariat avec l’Afnor, spécifiquement conçu pour le secteur du BTP. « Mettre en place une démarche RSE n’est pas nécessairement synonyme de labellisation, souvent chronophage, lourde d’un point de vue administratif et coûteuse », résume la cheffe de file RSE de la FFB.

 

Cependant, il est évident que toutes les entreprises du bâtiment, quels que soient leur taille et leur métier, peuvent mettre en place une démarche RSE. Voilà pourquoi la FFB a lancé une réflexion interne et créé un groupe de travail transversal sur ce sujet. Réunissant des chefs d’entreprise de tous profils et des experts de tous les domaines concernés – environnemental, social, économique, juridique, et communication –, celui-ci a élaboré un outil dédié, « Bâtisseur responsable », mis à la disposition des adhérents, depuis le printemps 2021, dans le but de les guider et de les accompagner dans leur démarche RSE (voir encadré). Bâtisseur responsable permet aux entreprises d’autoévaluer leur niveau d’avancement en RSE, d’identifier des pistes de progrès et d’éditer un rapport RSE dont elles peuvent se servir pour faire un état des lieux de leurs actions et promouvoir leur démarche auprès de leurs clients. « Il s’agit d’un outil très simple et très souple d’utilisation, commente Catherine Guerniou. L’autodiagnostic à réaliser en ligne, quand on le souhaite, ne prend qu’une heure et demie environ, en répondant à des questions qui renvoient pour chaque thème aux autres outils dédiés mis à disposition par la FFB. Le retour du terrain est excellent : il nous apprend que ce document a déjà été téléchargé par plus de huit cents entreprises. » En y ajoutant celles qui ont déjà lancé leurs propres démarches, on peut estimer entre mille et mille cinq cents le nombre d’entreprises adhérentes FFB engagées dans une démarche RSE.

 

Nous avons réalisé que nous faisions déjà beaucoup de choses quirelevaient de la RSE, mais aussi que nous pouvions en faire beaucoup plus.

Yannick Castel, codirigeant du Granit Breton, à Brest (Finistère)

Environnement : la tête de pont de la RSE


Beaucoup d’entreprises faisaient déjà de la RSE avant l’heure à travers les mesures qu’elles ont prises pour préserver l’environnement. C’est le cas par exemple du Granit Breton, une entreprise de gros œuvre, cloisons sèches, menuiserie et revêtements de sol qui emploie 52 salariés à Brest (Finistère). « Nous avons découvert ce qu’est la RSE en décembre 2020 lors d’une commission Environnement de la Fédération de Bretagne, raconte l’un de ses codirigeants, Yannick Castel. Nous avons réalisé que nous faisions déjà beaucoup de choses qui relevaient de la RSE, mais aussi que nous pouvions en faire beaucoup plus. » Ainsi, l’entreprise est déjà au point sur le tri des déchets : les gravats, le bois, le béton et les ferrailles sont déjà répartis dans des bennes dédiées sur les chantiers en construction neuve, et dans ses propres bennes pour les chantiers de rénovation. Autres exemples, le plâtre est stocké dans un conteneur fermé, et les revêtements de sols souples sont repris par un fournisseur en vue d’être recyclés. Dans les bureaux, le tri s’applique au papier et aux cartouches d’encre… Mais, pour le dirigeant, la RSE est surtout un moyen d’aller plus loin, un déclencheur d’initiatives : Le Granit Breton a mis le cap sur la sobriété énergétique en planifiant l’isolation et l’agrandissement de ses bureaux, qui datent des années 1970. Elle s’organise aussi pour regrouper ses commandes fournisseurs, supprimer les déplacements inutiles et favoriser le cocamionnage, afin de réduire la consommation de carburant, tout en étudiant le remplacement de ses véhicules thermiques par des véhicules hybrides ou même électriques.

 

« Le volet social de la RSE, en revanche, a été une véritable découverte pour nous, ajoute Yannick Castel. Pour avancer dans ce domaine, nous avons constitué une équipe en interne, avec nos responsables sécurité, qualité, logistique, et deux compagnons, un maçon et un plaquiste. » Épaulée par un consultant spécialisé, l’entreprise a travaillé notamment sur le thème de l’accueil des nouveaux compagnons ou intérimaires, en créant un livret d’accueil et un brief formalisé sur la sécurité avant qu’ils ne montent dans le camion pour aller sur le chantier. Autre changement : une remise à plat du système de primes, pour le rendre plus juste et mieux compris par les salariés. « Depuis l’introduction de la RSE dans l’entreprise, beaucoup de décisions sont désormais prises en commun, ce qui crée un consensus et améliore les relations internes, ajoute le dirigeant. Nous attendons impatiemment de pouvoir faire un premier bilan annuel de nos actions. »

 Il est valorisant pournotre image de pouvoir mettre en avant nos pratiques, pour le traitement desproduits dangereux ou pour la formation de nos salariés. 

Sébastien Schwaederlé, responsabledes Ressources humainesde Lagarde Meregnani, Maxéville (Meurthe-et-Moselle)

Volet social : mieux recruter et fidéliser

Responsable des ressources humaines au sein de Lagarde Meregnani, une entreprise spécialisée dans la peinture, les sols PVC et carrelage, et le ravalement de façade, qui emploie 200 salariés et dont le siège social est situé à Maxéville (Meurthe-et-Moselle), Sébastien Schwaederlé a été sensibilisé à la RSE lors d’une réunion à la Fédération du bâtiment Grand-Est. Étant donné ses fonctions, il se montre particulièrement intéressé par la dimension sociale : « L’autoévaluation que nous avons réalisée avec Bâtisseur responsable nous a montré que nous faisons déjà beaucoup pour l’intégration de nos nouveaux salariés. Nous leur remettons un livret d’accueil, nous les formons à la sécurité, par exemple au travail sur échafaudage, nous leur apprenons les bonnes postures à adopter pour prévenir les troubles musculo-squelettiques, nous avons un plan de formation, explique-t-il. Mais nous devons faire plus, car nous sommes confrontés en permanence à des problèmes de recrutement. » Favorisée par ces mesures, l’ancienneté moyenne des salariés de Lagarde Meregnani est de onze ans, avec certains éléments très expérimentés qui sont les garants des savoir-faire et de la qualité des travaux, mais qu’il faudra un jour remplacer, ce que l’entreprise anticipe en accueillant de nombreux apprentis, qui représentent 10 % des effectifs. « Il est très important pour nous de bien former nos salariés et de les fidéliser, en utilisant le ressort de la RSE. Cela nous amène, par exemple, à signer un accord d’intéressement pour que chacun profite des résultats de l’entreprise, ajoute le responsable des Ressources humaines. Si on ne met pas en place ce type de mesures, on s’expose à des départs, et tout l’investissement en formation est alors perdu. » Dans le même esprit, l’entreprise s’attache à mettre en place un accord sur le télétravail.

Nous faisons tout pour faire travailler des entreprises de proximité, encherchant, par exemple, un prestataire, un sous-traitant ou un fournisseur au niveau de lacommune, puis du département, de la région.

Émilie Féral, dirigeante de Isotec Invest, à Tarascon(Bouches-du-Rhône)

Dirigeante de Isotec Invest, une entreprise spécialisée dans la rénovation énergétique et le désamiantage, qui emploie 78 salariés à Tarascon (Bouches-du-Rhône), Émilie Féral a la ferme volonté de jouer un rôle actif dans l’anticipation et la mise en œuvre de solutions pour améliorer l’impact environnemental, énergétique et économique des constructions. Et elle entend bien utiliser la RSE pour avancer sur ces sujets : « Il y a longtemps que nous sommes confrontés à des problèmes de recrutement, explique-t-elle. Durant la crise de 2008-2010, nous avons accompagné des collaborateurs espagnols et leur famille pour trouver un logement, ouvrir un compte bancaire, inscrire leurs enfants à l’école, ce qui relève de la RSE, dont on ne parlait pas encore à l’époque. » Ce volet social reste aujourd’hui très important : les vingt-cinq collaborateurs qui ont été recrutés en 2021 ont bénéficié d’un accueil personnalisé, et Isotec Invest a notamment travaillé avec Action Logement pour aider les salariés à trouver un logement à proximité et qu’ils puissent ainsi rejoindre l’entreprise dans de bonnes conditions. L’autoévaluation réalisée avec Bâtisseur responsable (voir encadré page suivante) a amené l’entreprise à établir un plan d’action, et à revoir par exemple le tri des déchets : « Il est arrivé que certains de nos prestataires nous refusent des bennes, parce que les collaborateurs ne séparaient pas bien les différents matériaux, ajoute la dirigeante. Nous avons tout réorganisé en créant des panneaux d’information pour chaque benne. » Autre exemple : dans une logique de Lean Management, l’entreprise s’est lancée dans une lutte contre le gaspillage et récupère désormais les chutes de laine de verre et de laine de roche pour les réutiliser et en faire des raccords d’isolation.

 

Ancrage territorial et loyauté des pratiques

 

Engager une démarche RSE, c’est aussi privilégier un ancrage local, pour à la fois réduire l’empreinte carbone du transport et simplifier la vie des salariés. « Nous faisons tout pour faire travailler des entreprises de proximité, en cherchant, par exemple, un prestataire, un sous-traitant ou un fournisseur au niveau de la commune, puis du département, de la région, et enfin à l’échelle nationale si on ne peut pas faire autrement. Avec les tensions actuelles sur les matériaux, les augmentations de délais de livraison et de tarifs, les partenaires locaux sont des sources d’efficacité et d’économies », argumente Émilie Féral. Pour Catherine Guerniou, cheffe de file RSE à la FFB mais aussi dirigeante de La Fenêtrière, une menuiserie qui emploie onze salariés à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), l’ancrage de l’entreprise sur son territoire est une question de bon sens : « Je n’embauche que localement, avec l’appui de la Mission locale, parce que je veux offrir à mes salariés un confort de vie et leur éviter d’avoir une heure et demie de transport pour venir travailler », explique-t-elle. La Fenêtrière privilégie aussi les prestataires locaux, plus réactifs par exemple pour l’assistance technique, et a fait le choix de fournisseurs de matières premières de proximité, essentiellement français, sélectionnés, eux aussi, sur leurs engagements RSE.

 

Enfin, la RSE se traduit aussi par des pratiques loyales et des valeurs éthiques, qui constituent son quatrième pilier. En effet, l’entreprise qui se fixe pour objectif de rendre service à la société ne peut le faire qu’en respectant les règles en vigueur et une certaine transparence dans ses procédures. Cette loyauté des pratiques se reflète par exemple dans des contrats signés en bonne et due forme, dans le respect des règles de l’art et des engagements pris en termes de délais – respect à la base de la relation de confiance avec les clients, partenaires et fournisseurs. Cet objectif peut être poursuivi en adressant à ses clients un questionnaire quelques mois après la fin des travaux, afin de connaître leur taux de satisfaction et leurs éventuelles réserves, dans l’idée de pouvoir identifier les points d’amélioration et de prendre des mesures correctives. La RSE découle en définitive d’une vision stratégique incluant un ensemble de mesures qui sont une réponse à la volonté d’améliorer le fonctionnement de l’entreprise sur tous les plans, en entraînant ses forces vives autour de valeurs communes. Il ne fait pas de doute que, dans la durée, cet état d’esprit a une influence positive sur la santé et les performances de l’entreprise.

 

La RSE, une démarche d’avenir

 

À la suite du lancement de l’outil Bâtisseur responsable, les entreprises sensibilisées à la RSE ont commencé à se structurer en communautés ou clubs au niveau régional pour avancer ensemble sur ce sujet. Pionnière en la matière, puisqu’elle a développé de façon complémentaire son propre outil d’accompagnement, la Fédération de Bretagne revendique aujourd’hui une communauté de quarante-cinq entreprises, toutes tailles et métiers confondus, qui se réunissent plusieurs fois par an pour échanger sur leurs expériences et initiatives respectives, tandis que d’autres régions comme Grand Est ou Paca lui emboîtent le pas. Si le sujet est encore nouveau, une étude de France Stratégie a pu établir que l’écart de performance économique entre une entreprise engagée dans la RSE et une entreprise qui ne l’est pas est de 13 %(4). Quoi qu’il en soit, la RSE est déjà une réalité sur le terrain et une attente concrète des maîtres d’ouvrage. « Les appels d’offres publics comme privés auxquels nous répondons, pour des marchés concernant des bâtiments publics comme des sièges sociaux privés, nous demandent presque toujours ce que nous faisons en matière de RSE, témoigne Sébastien Schwaederlé (Lagarde Meregnani). De plus, suite à la parution de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, les obligations en termes d’appels d’offres vont être singulièrement renforcées, avec notamment l’utilisation d’au moins un critère d’attribution prenant en compte les caractéristiques sociales et environnementales des offres. Nos clients sont aujourd’hui demandeurs dans ce domaine, et il est valorisant pour notre image de pouvoir mettre en avant nos pratiques, pour le traitement des produits dangereux ou pour la formation de nos salariés. » L’autoévaluation, partie intégrante de Bâtisseur responsable, peut à ce sujet être utilisée comme une pièce de marché pour justifier de sa démarche RSE. Outre les maîtres d’ouvrage, d’autres acteurs du secteur de la construction sont en train de se positionner en intégrant la RSE à leur stratégie.

 

Ainsi, des organismes bancaires proches du BTP envisagent de conditionner certains prêts accordés aux entreprises à leur démarche RSE. De même, certains assureurs pourraient accorder des conditions préférentielles aux entreprises les plus avancées sur le sujet. « Une telle évolution serait tout à fait logique, commente Catherine Guerniou, car une entreprise qui investit dans la sécurité, la lutte contre le gaspillage, la formation et la qualité du dialogue social réduit les risques d’accidents ou de litiges sociaux liés à son activité, et présente un profil plus sûr pour le banquier et l’assureur. » Des arguments supplémentaires, s’il en était besoin, pour achever de convaincre toutes les entreprises du bâtiment de s’investir dans la RSE.

 

 


Bâtisseur responsable, l’outil dédié de la FFB

Lancé au printemps 2021 par la FFB, Bâtisseur responsable est un outil dont la finalité est de permettre à toutes les entreprises du bâtiment, quels que soient leur dimension et leur métier, de s’engager dans une démarche de RSE ou de l’approfondir.

Il se compose de trois briques :

  1. Un questionnaire d’autoévaluation sur les quatre grands piliers de la RSE – préservation de l’environnement, employeur responsable (volet social), ancrage territorial et loyauté des pratiques. En répondant à une série de questions, l’entreprise peut savoir exactement où elle en est sur ces différents volets.
  2. Un rapport RSE, édité automatiquement après que l’on a rempli le questionnaire d’autoévaluation. Ce document peut être personnalisé avec un visuel ou un logo de l’entreprise, et utilisé soit comme document de communication interne, soit comme pièce de marché pour répondre aux clauses RSE contenues dans les appels d’offres.
  3. Une charte « Bâtisseur responsable », qui permet à l’entreprise de formaliser son engagement dans la démarche RSE.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur : www.rse.ffbatiment.fr.

(1) Il existe un cinquième volet à la RSE, la notation extra-financière, que la FFB n’a pas retenu comme prioritaire pour l’immense majorité des PME du bâtiment.

(2) La directive européenne (CSRD, pour Corporate Sustainability Reporting Directive) en cours d’élaboration prévoit un abaissement du nombre de salariés à 250 (pour les sociétés cotées ou non), avec entrée en vigueur à l’horizon 2024. Les critères de 20 millions d’euros de bilan et de 40 millions de chiffre d’affaires net seraient conservés.

(3) https://www.scopbtp.org/rse/

(4) https://www.strategie.gouv.fr/publications/responsabilite-sociale-entreprises-competitivite. Rattachée au Premier ministre, France Stratégie contribue à l’action publique par ses analyses et ses propositions. Elle a remplacé le Centre d’analyse stratégique, qui avait succédé au Commissariat général au Plan.

 

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