Douche sans ressaut : éviter les désordres

Depuis le 1er juillet 2021, tous les logements collectifs neufs et maisons construits par une personne morale pour un investissement locatif ou réalisés en Véfa doivent être équipés d’une douche à l’italienne, en application de l’arrêté du 11 septembre 2020 dit « douche zéro ressaut ». Cette nouvelle disposition doit être mise en œuvre avec vigilance pour prévenir la sinistralité.
8:5423/06/2022
Rédigé par
revue
Retrouvez ce dossier dans notre revue Bâtimétiers
Bâtimétiers Numéro 67 | Juin 2022

Plusieurs points de vigilance découlent du récent arrêté « douche zéro ressaut », qui modifie celui du 24 décembre 2015 relatif à l’accessibilité des personnes à mobilité réduite dans les logements neufs. En généralisant la douche dite « à l’italienne », il fait évoluer la conception de la salle de bains. Par exemple, avec une dimension minimale de 120 × 90 cm et une hauteur minimale de 180 cm pour l’espace de douche, les normes électriques en vigueur deviennent inadaptées en ce qui concerne le volume de protection par rapport à la source d’eau. Le positionnement des équipements électriques doit donc être traité avec soin. Avec un volume 1 de 120 cm et des salles de bains de plus en plus petites, il peut être impossible de réaliser une installation électrique conforme à la norme NF C 15-100.

 

Autre point de vigilance : le système d’évacuation. Les siphons de sol à évacuation horizontale nécessitent de prévoir une épaisseur de chape pentée de 5 cm ou 7 cm minimum, selon qu’ils sont encastrés dans la dalle béton ou intégrés dans la chape. Solution recommandée par les carreleurs, elle reste idéale pour limiter les points faibles et risques d’infiltration, contrairement aux receveurs finis dont la jonction va être assurée avec le carrelage.

 

Conformément au NF DTU 52.2 « Pose collée des revêtements céramiques et assimilés », la protection des parois verticales dans les locaux classés EB+ privatifs peut s’effectuer au moyen d’un SPEC (système de protection à l’eau sous carrelage). Il doit faire l’objet d’un certificat QB du CSTB. La mise en œuvre doit être conforme au NF DTU 52.2 révisé et en cours de publication (SPEC résines), ou à celle décrite dans un Avis technique visant ce domaine d’emploi (SPEC nattes). L’étanchéité de la douche « zéro ressaut » se réalise au sol, soit au moyen d’un SEL (système d’étanchéité liquide) de classe SP3, relevant de Règles professionnelles de la CSFE -FFB(1), soit au moyen d’un autre procédé d’étanchéité. Chaque solution d’étanchéité doit faire l’objet d’un dossier technique établi par le titulaire du procédé et doit avoir une évaluation spécifique favorable (par exemple : un Avis technique formulé par le GS n° 13 de la CCFAT). Ces solutions d’étanchéité peuvent aussi s’appliquer en parois verticales des locaux intérieurs humides.

 

Il est utile pour les entreprises de se former et d’avoir la qualification Qualibat 3242 ou 6323. D’autant que, sous l’effet de la RE 2020 qui favorise l’utilisation de matériaux biosourcés, les entreprises risquent d’intervenir de plus en plus souvent dans des constructions qui priorisent le bois. Or, à ce jour, en travaux neufs, il n’existe pas de texte visant la réalisation de douches privatives avec siphon de sol intégré dans les planchers bois. Des solutions sont à l’étude au CSTB et devraient être finalisées dans les prochains mois. Un traitement d’étanchéité du plancher bois sera indispensable. Elle doit donc devenir une préoccupation majeure pour répondre dans les meilleures conditions au développement du marché de la douche « zéro ressaut ».

 

(1) Règles professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau réalisés par application de systèmes d’étanchéité liquide sur planchers intermédiaires et parois verticales de locaux intérieurs humides, édition no 2, mars 2010, éditée par le groupement Apsel de la Chambre syndicale française de l’étanchéité (CSFE-FFB).

 

Arrêté « zéro ressaut » : les notions techniques à connaître

  • Une douche « zéro ressaut » intègre une pente progressive parallèle au grand côté car il n’y a pas de différence de niveau entre le receveur et le plancher à l’entrée de la zone de douche.
  • Le revêtement de sol doit avoir une classe de résistance à la glissance au minimum PN6.
  • L’accès s’effectue parallèlement au grand côté avec un espace d’usage ou de transfert qui se matérialise par un rectangle de 130 × 80 cm.
  • La dimension de l’espace douche est au minimum de 120 × 90 cm.
  • Afin de laisser la place suffisante pour manœuvrer un fauteuil roulant dans la salle de bains, un espace ou un cercle de giration de 1,5 m de diamètre doit être prévu au droit des équipements. Cet espace de manœuvre peut se superposer à la zone de douche et donner la possibilité de faire un demi-tour complet sur le receveur de douche.
  • En cas d’installation d’une baignoire, la salle de bains doit pouvoir être transformée en douche « zéro ressaut », sans intervention sur le gros œuvre.
  • En cas d’installation ultérieure de la douche accessible, le volume de la salle d’eau ne doit pas être modifié sauf s’il y a réintégration de cabinets d’aisance décrits dans l’arrêté de 2015.

Contenu réservé aux adhérents FFB

  • Profitez aussi de conseils et de soutien

    Des services de qualité, de proximité, avec des experts du Bâtiment qui connaissent vos enjeux métier et vous accompagnent dans votre quotidien d'entrepreneur.

  • Intégrez un réseau de 50 000 entreprises

    La FFB est fière de représenter toutes les entreprises du bâtiment, les 2/3 de nos adhérent(e)s sont des entreprises artisanales.

  • Bénéficiez des dernières informations

    Recevez Bâtiment actualité 2 fois par mois pour anticiper et formez-vous aux évolutions des métiers ou de la législation.

Pour contacter facilement votre fédération et accéder aux prochaines réunions
Vous n'êtes pas adhérent et vous cherchez une information ?