Prévenir le risque plomb lors de travaux

L’inhalation ou l’ingestion de poussières de plomb est dangereuse pour la santé et peut être à l’origine de troubles neurologiques et rénaux chez les travailleurs du bâtiment qui interviennent sur des chantiers de rénovation ou de démolition. Demander un repérage avant travaux et mettre en place des mesures de prévention sont donc essentiels pour limiter le risque d’exposition au plomb et protéger les compagnons.
12:0203/04/2026
Rédigé par FFB Nationale

Dangers du plomb pour la santé

 

Le plomb est un métal lourd classé parmi les substances CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques).

 

Reconnu comme substance toxique, il provoque, à l’état de poussière, des effets graves sur la santé, notamment des troubles neurologiques et rénaux, ainsi que des troubles de la fertilité.

 

L’intoxication au plomb (saturnisme) est la plus ancienne des maladies professionnelles (tableau n°1 des maladies professionnelles).

 

Le risque plomb varie selon le mode d’intervention. Le plomb peut être :

  • respiré sous forme de poussières (grattage, ponçage, démolition...) ou de fumées (décapage thermique) ;
  • ingéré (en buvant, en fumant ou encore en portant à la bouche des mains souillées).

 

Inhalées ou ingérées, les particules de plomb peuvent pénétrer dans le sang et avoir des conséquences dangereuses pour la santé. C’est pourquoi le plomb représente un risque important pour les artisans et salariés du BTP sur les chantiers de rénovation et de démolition

 

 

Où peut-on trouver du plomb dans les bâtiments ?

 

L’usage des peintures contenant du plomb (céruse – hydrocarbonate de plomb - et anglésite -sulfate de plomb) est interdit pour les professionnels depuis le 1er janvier 1949, mais ce n’est en réalité qu’en 1994 que la mise sur le marché de préparations destinées aux travaux de peinture contenant de la céruse ou des sulfates de plomb est interdite.

 

Le plomb reste fréquent dans le bâti en France. Il peut être présent dans les constructions :

  • sous forme chimique : peintures, enduits, vernis, faïences, carrelages, plâtre, colles...
  • sous forme métallique : câbles électriques, éléments de couverture, canalisations d’eau potable, joints de vitraux...

 

 

Evaluation du risque plomb avant travaux

 

Contrairement au repérage amiante, aucune obligation réglementaire spécifique n’impose aujourd’hui un repérage plomb avant travaux. Néanmoins, le Code du travail impose aux maîtrises d’ouvrage et aux entreprises d’évaluer les risques chimiques afin de protéger les travailleurs (art. L4121-2 et L4531-1 du Code du travail).

 

Ainsi, à l’occasion de travaux de rénovation ou de démolition, et selon l’année de construction, le maître d’ouvrage ou le propriétaire doit fournir un diagnostic de présence du plomb qui porte sur les revêtements et matériaux susceptibles de contenir du plomb, concernés par les travaux.

 

Ce diagnostic peut s’appuyer notamment sur :

  • le CREP : constat de risque d’exposition au plomb, obligatoire dans l’habitat ancien ;
  • le DRIPP : diagnostic du risque d’intoxication par le plomb des peintures, réalisé en cas de risque de saturnisme ;
  • le diagnostic déchets, préalablement à certaines opérations de démolition.

 

Plusieurs méthodes permettent de repérer le plomb dans les matériaux ou de suivre les éventuelles contaminations de surfaces : la fluorescence X, l’analyse chimique en laboratoire et le test lingette.

 

Répondre à un appel d'offres avec intervention en présence de plomb

Vous intervenez dans l’existant pour des travaux de rénovation : quel que soit votre corps de métier, vous pouvez répondre à un appel d’offres prévoyant une intervention en présence de plomb, à condition de tenir compte de certains aspects administratifs.

Retrouvez dans notre tableau de synthèse l’ensemble des démarches administratives à réaliser et des actions préventives à mettre en place.

Des mesures de prévention strictes

 

Comme pour toute exposition à l’action d'agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), le Code du travail impose une obligation d’information et de formation du personnel susceptible d’être exposé au plomb (article R4412-87 du Code du travail).

 

Cette formation sur les dangers, les risques au poste de travail et les moyens de prévention, peut être délivrée par toute personne compétente désignée par l’employeur ou par un organisme de formation comme l’OPPBTP. Une notice de poste doit également être remise au salarié.

 

De plus, l’employeur doit mettre en œuvre des mesures de prévention permettant de limiter l’exposition au niveau le plus bas possible, et dans tous les cas, en-deçà de la valeur limite d’exposition professionnelle.

 

Il est donc impératif de choisir la technique d’intervention la moins émissive de poussières. Exemples : traitement en bains en atelier des éléments démontables, brumisation si possible des supports à traiter, captation au plus près possible de la source d’émission des poussières et fumées, nettoyage régulier de la zone de travail sans balayage, etc.

 

Les équipements de protection individuelle, y compris les vêtements de travail, doivent être fournis et entretenus gratuitement par l’entreprise (préconisation d’une combinaison jetable dans certains cas). Les appareils de protection respiratoire sont choisis en fonction de la situation de travail (consulter le médecin du travail sur le choix du masque).

 

A la fin des travaux, il est préconisé de réaliser un nettoyage avec un aspirateur avec filtre à très haute efficacité.

 

Les salariés qui réalisent des travaux susceptibles de les exposer au plomb doivent passer un examen médical avant affectation à leur poste de travail, puis, selon le niveau d'exposition, bénéficier d’un suivi individuel renforcé et d’une surveillance biologique (en fonction du seuil de plombémie).

 

Un contrôle après travaux peut être organisé dans certaines situations pour s’assurer que les niveaux de plomb résiduels sont en dessous du seuil réglementaire.

 

Pour l’évacuation des déchets contenant du plomb et leur réglementation, consulter notre dossier dédié (à venir sur le site).

 

 

Valeur limite d’exposition (VLEP) au plomb et valeur limite biologique (VLB)

En France, la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) réglementaire contraignante pour le plomb et ses composés à ne pas dépasser est fixée depuis le 9 avril 2026 à 0,0,3 mg/m3 (article R4412-149 du Code du travail).

 

Cette valeur est calculée sur huit heures par des prélèvements réalisés dans l’atmosphère par un organisme accrédité.

 

Si la VLEP est dépassée, le chantier doit être immédiatement arrêté. Des mesures correctives sont mises en place et le travail ne pourra reprendre qu’après un nouveau contrôle atmosphérique. La VLB (valeur limite biologique), est de 300 µg/l de sang depuis le 9 avril 2026 et sera abaissée à 150 µg/l de sang à partir du 1er janvier 2029.

 

De plus, il n’y aura plus de seuil pour la mise en place d’un suivi individuel renforcé : tout salarié affecté à un poste présentant des risques d’exposition au plomb devra en bénéficier.

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