Prévenir le risque plomb lors de travaux
Répondre à un appel d'offres avec intervention en présence de plomb
Vous intervenez dans l’existant pour des travaux de rénovation : quel que soit votre corps de métier, vous pouvez répondre à un appel d’offres prévoyant une intervention en présence de plomb, à condition de tenir compte de certains aspects administratifs.
Retrouvez dans notre tableau de synthèse l’ensemble des démarches administratives à réaliser et des actions préventives à mettre en place.
Des mesures de prévention strictes
Comme pour toute exposition à l’action d'agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), le Code du travail impose une obligation d’information et de formation du personnel susceptible d’être exposé au plomb (article R4412-87 du Code du travail).
Cette formation sur les dangers, les risques au poste de travail et les moyens de prévention, peut être délivrée par toute personne compétente désignée par l’employeur ou par un organisme de formation comme l’OPPBTP. Une notice de poste doit également être remise au salarié.
De plus, l’employeur doit mettre en œuvre des mesures de prévention permettant de limiter l’exposition au niveau le plus bas possible, et dans tous les cas, en-deçà de la valeur limite d’exposition professionnelle.
Il est donc impératif de choisir la technique d’intervention la moins émissive de poussières. Exemples : traitement en bains en atelier des éléments démontables, brumisation si possible des supports à traiter, captation au plus près possible de la source d’émission des poussières et fumées, nettoyage régulier de la zone de travail sans balayage, etc.
Les équipements de protection individuelle, y compris les vêtements de travail, doivent être fournis et entretenus gratuitement par l’entreprise (préconisation d’une combinaison jetable dans certains cas). Les appareils de protection respiratoire sont choisis en fonction de la situation de travail (consulter le médecin du travail sur le choix du masque).
A la fin des travaux, il est préconisé de réaliser un nettoyage avec un aspirateur avec filtre à très haute efficacité.
Les salariés qui réalisent des travaux susceptibles de les exposer au plomb doivent passer un examen médical avant affectation à leur poste de travail, puis, selon le niveau d'exposition, bénéficier d’un suivi individuel renforcé et d’une surveillance biologique (en fonction du seuil de plombémie).
Un contrôle après travaux peut être organisé dans certaines situations pour s’assurer que les niveaux de plomb résiduels sont en dessous du seuil réglementaire.
Pour l’évacuation des déchets contenant du plomb et leur réglementation, consulter notre dossier dédié (à venir sur le site).
Valeur limite d’exposition (VLEP) au plomb et valeur limite biologique (VLB)
En France, la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) réglementaire contraignante pour le plomb et ses composés à ne pas dépasser est fixée depuis le 9 avril 2026 à 0,0,3 mg/m3 (article R4412-149 du Code du travail).
Cette valeur est calculée sur huit heures par des prélèvements réalisés dans l’atmosphère par un organisme accrédité.
Si la VLEP est dépassée, le chantier doit être immédiatement arrêté. Des mesures correctives sont mises en place et le travail ne pourra reprendre qu’après un nouveau contrôle atmosphérique. La VLB (valeur limite biologique), est de 300 µg/l de sang depuis le 9 avril 2026 et sera abaissée à 150 µg/l de sang à partir du 1er janvier 2029.
De plus, il n’y aura plus de seuil pour la mise en place d’un suivi individuel renforcé : tout salarié affecté à un poste présentant des risques d’exposition au plomb devra en bénéficier.

