Maisons individuelles : des nouvelles règles parasismiques

Applicable pour les permis de construire déposés à compter du 2 avril 2022, le « Guide de construction parasismique des maisons individuelles – DHUP CPMI-EC8 zones 3 et 4 » fixe des nouvelles règles simplifiées qui permettent de satisfaire aux exigences de l’Eurocode 8.
14:0124/03/2022
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Bâtimétiers Numéro 66 | Mars 2022

Deux arrêtés successifs ont récemment modifié l’arrêté du 22 octobre 2010 relatif la classification et aux règles de construction parasismiques applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal ». Tout d’abord, pour la zone de sismicité 5, l’arrêté du 30 décembre 2020 a remplacé le document « Construction parasismique des maisons individuelles aux Antilles, CP-MI Antilles » de 2004 par le « Guide de construction parasismique des maisons individuelles – DHUP CPMI-EC8 zone 5 », édition 2020. Et, plus récemment, pour les zones 3 et 4, l’arrêté du 8 septembre 2021 a remplacé la norme NF P06-014+A1 de février 2001 « Construction parasismique des maisons individuelles et des bâtiments assimilés, règles PS-MI 89 révisées 92 » par le « Guide de construction parasismique des maisons individuelles DHUP CPMI-EC8 zones 3 et 4 », édition d’août 2021. De même que le guide dédié à la zone 5, ce nouveau guide permet toujours de se dispenser d’appliquer l’Eurocode 8, pour les maisons individuelles et bâtiments assimilés dans les zones 3 et 4, mais en ayant recours à un ensemble de règles simplifiées nouvelles, qui sont désormais en conformité avec l’Eurocode 8.

 

Le nouveau guide pour les zones 3 et 4 s’applique aux maisons individuelles de formes simples et de surface au sol inférieure à 200 m2, qui comportent au maximum trois niveaux pour les maisons en maçonnerie, en béton et en acier, et au maximum deux niveaux pour les maisons à ossature bois, avec une limitation à deux niveaux dans le cas d’une toiture lourde, quel que soit le matériau. La hauteur du rez-de-chaussée ne doit pas dépasser 3 m, et celle des niveaux supérieurs 2,80 m, tandis que les trémies d’escalier doivent respecter des dimensions maximales. Changement notoire : s’il suffisait auparavant de faire une étude en cas de pente du terrain supérieure à 10 %, les nouvelles règles ne sont pas applicables si le terrain a une pente supérieure à 35 %. Il y a aussi de nouvelles dimensions à prévoir pour la maçonnerie : par exemple, pour les éléments creux, l’épaisseur minimale à respecter reste à 20 cm mais pour les maçonneries pleines, elle passe de 10 cm à 15 cm minimum.

 

Selon les nouvelles règles, il faut désormais fournir au maître d’ouvrage des plans d’exécution précisant où sont les éléments qui assurent le contreventement du bâtiment au séisme. Les murs de contreventement en maçonnerie ou en béton armé peuvent être dimensionnés de deux manières. La première consiste à utiliser des tableaux – donnés en annexe A du nouveau guide – qui prennent en compte la zone de sismicité, la catégorie de sol, la surface et le nombre de niveaux, le type de toiture, pour indiquer la longueur des murs en fonction notamment des aciers de chaînage mis en œuvre. L’autre moyen de dimensionnement disponible est le logiciel CPMI-EC8, disponible sur le site du ministère de la Transition écologique.

 

Enfin, de nombreuses règles évoluent aussi dans l’exécution. À titre d’exemples, les joints verticaux entre les éléments de maçonnerie peuvent être remplis ou non, en cohérence avec le dimensionnement de la structure, mais le maçon a toujours intérêt à les remplir à défaut d’indication ; les sections de chaînage doivent avoir une dimension minimale (15 cm), de même que les armatures longitudinales (quatre armatures HA10 ou HA12), et les aciers transversaux (cadres HA5 tous les 15 cm au maximum), tandis que les recouvrements des aciers doivent être au minimum de soixante fois leur diamètre.

 

Sans pouvoir être exhaustif sur un texte très consistant, il faut préciser que le nouveau guide comporte aussi de nombreuses dispositions relatives à la conception et l’exécution des maisons en ossatures bois et métalliques. Enfin, concernant les travaux sur les bâtiments existants, ceux-ci ne doivent pas aggraver la vulnérabilité au séisme : toute modification structurale effectuée ultérieurement sur le bâtiment doit donner lieu à de nouvelles justifications dans le cadre de la réglementation.

 

Page dédiée du site du ministère de la Transition écologique intégrant des exemples pédagogiques d’application des guides en z3-4 et z5 et lien de téléchargement du logiciel de calcul CPMI-EC8 : www.ecologie.gouv.fr/construction-et-risques-sismiques

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