Les fonctions d’encadrement de chantier, ce sont 98 000 professionnels recensés en 2023 dans les entreprises du bâtiment. Ces conducteurs de travaux, chefs de chantier, chefs d’équipe et chefs d’atelier représentent 8 % des salariés du secteur.
Les chefs d’équipe et chefs de chantier sont généralement des ouvriers qualifiés ou des compagnons qui accèdent à ces fonctions avec l’expérience. Le recrutement des conducteurs de travaux est un peu différent, avec un recours plus fréquent à de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, dont une partie en apprentissage.
Élargissement des compétences
Ces fonctions connaissent des évolutions importantes sous l’effet de plusieurs facteurs : augmentation de la charge administrative, renforcement des exigences règlementaires et de sécurité, complexification des relations avec les clients, évolution des attentes des nouvelles générations que les encadrants de chantiers doivent manager. Ces transformations impliquent un élargissement des compétences attendues : des compétences techniques, bien sûr, mais aussi commerciales, juridiques et managériales. Ces professionnels étant souvent issus de la promotion interne, les entreprises doivent assurer leur montée en compétences, notamment par la formation, pour leur permettre de répondre aux exigences de la fonction.
Les chefs d’entreprise interrogés (l’enquête a été réalisée fin 2024) anticipent une augmentation, modérée mais réelle, des besoins en recrutement d’encadrants de chantier, avec une croissance annuelle de 3,5 % de conducteurs de travaux, de 1,6 % de chefs de chantier et de 1,5 % de chefs d’atelier, et confirment qu’il est toujours très difficile de recruter ces collaborateurs.
Des constats assez proches de ceux réalisés dans une autre étude de l’Observatoire, consacrée à la fonction « études » dans les entreprises du BTP.
La fonction « études » : un rôle stratégique
Cette fonction regroupe l’ensemble des activités de conception, de chiffrage et de préparation des chantiers. On estime à plus de 58 000 les salariés exerçant des métiers dédiés aux études dans les entreprises du bâtiment : techniciens d’études, dessinateurs-projeteurs et chargés d’affaires notamment. Si les grandes structures disposent de services internalisés, c’est généralement le dirigeant qui réalise ces tâches dans les petites entreprises.
60 % des dirigeants interrogés pensent que l’IA va permettre d’optimiser la fonction études.
La fonction « études » occupe un rôle stratégique : disposer de ce service permet de mieux maîtriser les coûts du chantier, les délais, de conserver et développer une expertise technique. 80 % des chefs d’entreprise interrogés pensent que disposer d’une fonction études en interne permet d’offrir une prestation différenciante à leurs clients. Le recours à l’externalisation peut cependant s’avérer utile en cas de surcharge de travail ou de besoin d’une technicité particulière.
La majorité des dirigeants interrogés anticipent le besoin de renforcer une fonction études internalisée à l’avenir, pour répondre à la complexification des projets, aux exigences croissantes en matière règlementaire et environnementale, dans un contexte concurrentiel renforcé.
L’IA, un outil en pleine intégration
Les besoins en recrutement devraient donc rester élevés sur ces profils, pour la plupart issus de l’enseignement supérieur. Le niveau d’exigence va s’accroître, notamment en ce qui concerne les compétences numériques. L’une d’entre elles concernera le bon usage de l’intelligence artificielle, qui s’intègre progressivement aux logiciels utilisés par les professionnels de la fonction études : 60 % des dirigeants interrogés pensent que l’IA va permettre de l’optimiser et de gagner en rapidité.