Pendant la période estivale, de nombreux jeunes sont embauchés pour un « job d'été ». C’est aussi le moment ou le fonctionnement normal des chantiers est souvent modifié (absence de compagnons expérimentés, surcroît d'activité...). Nous vous rappelons les règles essentielles à respecter, avec un focus sur les jeunes de moins de 18 ans.
Quel statut pour le jeune ?
Le jeune employé en entreprise pendant la période estivale est un salarié titulaire d'un contrat de travail, et non un stagiaire titulaire d'une convention de stage. En effet, un contrat de travail à durée déterminée (CDD) doit encadrer le job d'été.
Le contrat doit donc correspondre à l'un des cas de recours prévus par la loi (ex. : accroissement temporaire d'activité). Il doit être écrit et comporter toutes les mentions légales obligatoires.
En revanche, l'indemnité de précarité n'est pas due aux jeunes salariés occupés pendant les vacances scolaires ou universitaires par ce type de CDD (sous réserve de reprise du cursus scolaire ou universitaire après les vacances).
Par ailleurs, l'entreprise doit respecter la réglementation du travail. Attention, des dispositions spécifiques sont applicables aux salariés de moins de 18 ans (mineurs) - voir ci-après.
Quelles formalités ?
Comme pour tout salarié, l'employeur doit procéder à :
- la déclaration préalable à l'embauche – DPAE - (précisant la durée du contrat, l'horaire de travail, la rémunération et la nature de l'emploi) accompagnée, pour un mineur, de l'accord écrit et signé du représentant légal (parent) de l'intéressé
- l'immatriculation à l'Urssaf s'il s'agit de son premier emploi, aux caisses de retraite et de prévoyance (PROBTP) ;
- la demande de visite médicale d'embauche (avant l’embauche s’il s’agit d’un mineur). Il est indispensable que le médecin du travail soit informé des tâches qui seront confiées au jeune. Attention, compte tenu de son manque d’expérience, il est souvent interdit ou déconseiller d’affecter un jeune de moins de 18 ans à un poste l’exposant à des risques particuliers (voir ci-après)
- l’affiliation à la Caisse de congés payés (ne pas oublier de remettre au jeune le certificat bleu à la fin de son contrat)
- la demande de la carte d’identification professionnelle du BTP s’il est amené à travailler sur les chantiers
- l’inscription sur le registre du personnel.
Quelle rémunération ?
Le jeune doit percevoir une rémunération au moins égale au salaire minimum conventionnel, correspondant à sa qualification1.
Ainsi pour un jeune de moins de 18 ans ouvrier N1P1 du bâtiment, le taux horaire minimum depuis le 1er janvier 2026 est de 12,29 €. Pour un jeune de plus de 18 ans, le montant minimum sera de 12,31 € (Montant du SMIC applicable au 1er mai 2026)
En théorie, un jeune de moins de 18 ans non émancipé ne peut pas recevoir directement une rémunération sans l'autorisation écrite de ses parents ou de son tuteur légal. En pratique, l'absence d'autorisation vaut acceptation s'il n'y a pas eu de refus explicite.
Toutes les cotisations sociales (parts salariale et patronale) « habituelles » sont dues sur la totalité de la rémunération versée.
Quelles règles de sécurité ?
L'embauche d'un jeune inexpérimenté en emploi d'été sur chantier et/ou atelier requiert la plus grande vigilance. Le jeune salarié doit être accueilli, encadré, formé et employé dans le strict respect des règles de sécurité.
Il bénéficie en outre :
- d'un accueil et d'une information adaptés (circulation, sanitaires, évacuation, consignes générales de sécurité, etc.)
- d'une formation renforcée à la sécurité s’il est affecté à un poste de travail présentant des risques particuliers
Cela suppose que l'entreprise d'accueil soit elle-même en règle avec toutes ses obligations, notamment en matière de sécurité (évaluation des risques avec un document unique à jour, plan de prévention…).
À défaut, en cas d'accident du travail, les conséquences en matière de responsabilité civile et pénale sont particulièrement sévères.
Au cours de cet accueil sécurité particulier, la personne qui en est chargée :
- vérifie les équipements de protection individuelle en possession du jeune et les complète si besoin ;
- donne au jeune toutes les informations utiles sur les modes opératoires retenus pour les travaux qui lui sont confiés ainsi que sur les mesures sanitaires associées ;
- lui rappelle les consignes particulières de sécurité et de premiers secours sur chantier et/ou atelier.
Il est conseillé de formaliser cette procédure de mise au poste en remettant un livret d'accueil si l'entreprise en dispose.