PLAN DE RENOVATION ENERGETIQUE : des ambitions confirmées, des moyens encore à préciser

La FFB réagit aux annonces de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires sur la nouvelle étape du Plan pour la rénovation énergétique des bâtiments.

Les ambitions pour le secteur y sont confirmées. Côté logement, un objectif de 500.000 rénovations énergétique par an est retenu, avec une focalisation sur les ménages en situation de précarité énergétique et les « passoires thermiques » (étiquettes F ou G du DPE). Côté non résidentiel, la puissance publique retrouve sa mission d’exemplarité, avec la volonté que tous les territoires puissent participer de l’ambition.

10:0227/04/2018
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Par ailleurs, les pistes relevant de l’écologie punitives n’apparaissent plus parmi celles évoquées par les ministres, qu’il s’agisse des obligations de travaux ou des projets de bonus/malus mis à l’étude il y a quelques mois. De telles mesures conduiraient inévitablement à un blocage des marchés, notamment dans les territoires aujourd’hui en difficulté.

Dans l’attente des arbitrages budgétaires, une inquiétude persiste toutefois sur le projet d’alignement de l’éco-prêt à taux zéro sur le champ de la future prime venant en remplacement du CITE. La simplification de l’éco-prêt à taux zéro va dans le bon sens. Mais, l’évolution de l’enveloppe budgétaire de la future prime, qui pourrait être réduite de moitié et exclurait les fenêtres et les chaudières performantes au fioul, conjuguée à l’alignement de l’éco-prêt à taux zéro sur ce champ réduit conduiraient à revoir très fortement à la baisse les ambitions en matière de rénovation énergétique, particulièrement pour les copropriétés. Seule une politique volontariste d’accompagnement incitera les ménages à réaliser les travaux nécessaires pour répondre aux ambitions des pouvoirs publics. Par ailleurs, en ce qui concerne la rénovation des bâtiments publics, le doute persiste sur la possibilité d’une large diffusion des CPE (contrat de performance énergétique) ou des solutions de masse, alors qu’une rénovation énergétique efficace relève le plus souvent de solutions ad hoc et que la propriété de ces bâtiments s’avère morcelée en France.

Concernant la réforme annoncée du label RGE (reconnu garant de l’environnement), il conviendrait que le dispositif soit beaucoup plus lisible par le particulier pour permettre la poursuite de la montée en qualité des acteurs en fonction des besoins de chacun.

Pour Jacques Chanut, président de la FFB : « il importe que les éléments précis de cette réforme soient dévoilés au plus vite, compte tenu du temps nécessaire à la diffusion auprès de l’ensemble des professionnels. Nous sommes prêts, dès lors que cette réforme vise effectivement à faire plus et mieux, et que l’indispensable jeu d’incitations publiques lourdes suit. ».

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