Tendances récentes du bâtiment - Avril 2026

A fin février, la reprise se poursuivait pour le logement neuf. En glissement annuel sur trois mois, les mises en chantier et permis de logements progressaient respectivement de 31,6 % et 17,7 %. Concernant le non résidentiel neuf, il ressortait moins bien orienté sur la même période. Les surfaces commencées stagnaient à +1,0 %, et les surfaces autorisées chutent de 13,7 %. Par ailleurs, entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, le décrochage de l'activité en amélioration-entretien se poursuivait, à -1,0 % en volume. Au global, sur la même période, la production renouait avec une petite croissance de 0,9 % à prix constants. Reste que, la reprise pourrait se trouver compromise par les effets de la crise au Moyen-Orient.
6:5716/04/2026
Rédigé par FFB Nationale
Note de lecture plus l’aiguille se situe dans le rouge, plus l’indicateur connaît une situation défavorable par rapport à sa moyenne de long terme ; à l’opposé, plus l’aiguille se situe dans le vert, plus la situation ressort favorable.

 

Le contexte général

La croissance du PIB ralentit à +0,2 % au quatrième trimestre 2025. Elle s’avère portée au premier chef par le commerce extérieur, pour lequel les exportations continuent de progresser (+1,0 %) alors que les importations se replient (-1,1 %), puis par la consommation des ménages (+0,4 %). L’investissement de ces derniers et des administrations publiques continue de progresser (+1,0 % et +0,6 % respectivement), tandis que celui des entreprises s’effrite (-0,1 %).

 

En conséquence de la guerre au Moyen-Orient qui conduit à une hausse des prix de l’énergie, l’inflation accélère à 1,7 % en mars sur un an. Avant le déclanchement du conflit, les taux des prêts immobiliers aux particuliers poursuivaient leur petite remontée, s’affichant à 3,23 % en moyenne en janvier et février 2026, hors frais et assurances. Si le marché du crédit continue de se redresser, à +13,9 % dans le neuf en glissement annuel sur trois mois à fin février 2026, la reprise demeure fragile face à une possible remontée des taux liée au contexte géopolitique.

 

 

 

Les marchés du bâtiment

Jusqu’à la fin février, la construction neuve poursuivait son redressement. Concernant le logement, en glissement annuel sur trois mois, les mises en chantier accéléraient à +31,6 %, alors que les autorisations conservaient leur rythme, à +17,7 %. Pour les prochains mois, la reprise se trouve menacée par le choc inflationniste engendrée par la guerre au Moyen-Orient. Néanmoins, soutenant l’individuel, les ventes dans le diffus continuaient de progresser, même si elles se tassaient un peu, à +8,9 %. Quant aux ventes des promoteurs aux particuliers, entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, elles chutaient de 13,7 %, aspirées par l’effondrement de plus de moitié de l’investissement locatif. Toutefois, le dispositif "Jeanbrun" et l'abaissement de la Réduction de loyer de solidarité devraient redynamiser la demande, sous réserve que la guerre au Moyen-Orient ne perturbe pas trop le marché.

 

Le non résidentiel neuf ressortait moins bien orienté. De fait, en glissement annuel sur trois mois à fin février 2026, les surfaces commencées progressaient à peine de 1,0 %, pénalisées par le bloc locaux industriels, entrepôts et bureaux ainsi que par les locaux agricoles. Quant aux surfaces autorisées, elles chutaient de 13,7 %, aspirées vers le bas par les deux mêmes ensembles (respectivement -28,0 % et -7,2 %).

 

 

 

La baisse d'activité en amélioration-entretien, amorcée fin 2024, se poursuivait au quatrième trimestre 2025, à -1,0 % en volume. Le mouvement s’observait tout autant pour le logement que le non résidentiel. Concernant la rénovation énergétique, le repli s’accentuait un peu à -1,4 %, pénalisé par le logement (-1,7 %), alors que le non résidentiel résistait (-0,3 %).

Globalement, entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, la production amorçait une légère hausse de 0,9 % à prix constants, mais se trouve désormais de nouveau menacé.

 

 

 

L’appareil de production

En glissement annuel au quatrième trimestre 2025, la baisse de l’emploi salarié ralentissait légèrement, à -1,2 %, tout comme celle de l’intérim en équivalent-emplois à temps plein, à -2,6 %. En volume, la perte atteignait 17 200 postes, dont 14 900 salariés.

 

En glissement annuel sur trois mois à fin février, le recul des défaillances d’entreprises dans la construction se poursuivait, à -3,6 %. Quant aux créations hors micro-entrepreneurs, elles progressaient de 2,8 % sur la même période.

 

Entre les quatrièmes trimestres 2024 et 2025, les coûts de production dans le bâtiment augmentaient de 1,8 % sur un an, tirés par la hausse du coût du travail (+4,0 %), tandis que les prix se repliaient de 0,3 %. La progression des coûts devrait s'amplifier dans les prochaines semaines avec les hausses annoncées par les fournisseurs sur leurs prix d'un certain nombre de matériaux utilisés dans la construction, suite au blocage du détroit d'Ormuz.

 

 

Note statistique : les indicateurs vus précédemment reposent sur des séries de données disponibles depuis 2008 (avec une phase de crise, une phase de reprise, puis le dérèglement long lié au Covid-19) retraitées par la FFB. De fait, pour chaque série, les valeurs extrêmes (supérieures ou inférieures à médiane ± 2 écart-type) sont exclues puis chacune d'entre elles est centrée, réduite et normée pour pouvoir être représentée sur une jauge à douze paliers.
Sources : Insee, Observatoire Crédit Logement/CSA, Banque de France, MATTE/CGDD/SDES, CERC, Ministère du travail/Dares, Urssaf
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