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Bâtimétiers N° 10 - 2008 | Enveloppe

Protection contre l'effraction

Quand le vitrage résiste

Il existe sur le marché toutes sortes de vitrages de protection. À l'heure du choix, on se référera aux différentes classes définies par la norme NF EN 356 et à l'expérience d'un professionnel - sans oublier que la menuiserie a son rôle à jouer...


Le verre - vitre ou vitrine - est victime de sa réputation de fragilité : lors d'une effraction, c'est souvent lui qui subit les premiers assauts du malfaiteur. Or, cette réputation est mal fondée car tous les verres brisés ne tombent pas en morceaux et à grand fracas sur le sol. Les verres feuilletés, qui associent feuilles de verre et intercalaires, restent au contraire en place et se révèlent capables de résister, même brisés, aux coups les plus violents. Tous les vitrages ne font donc pas jeu égal, et la norme européenne NF EN 356 (voir encadré) les classe en deux grandes catégories selon leur capacité à résister à des actes de vandalisme (projectiles, coups de pied, etc., qui ont pour trait commun leur caractère improvisé) ou à des tentatives d'effraction (coups portés avec un outil avec l'intention de pénétrer à l'intérieur d'un commerce ou d'une habitation). « On ne parle toutefois jamais de vitrage "anti-effraction", insiste Alexandre Costa, dirigeant de l'entreprise Charles Costa, à Paris, car il est impossible de garantir qu'un vitrage résistera à toute tentative d'effraction. On parle en revanche de vitrage retardateur d'effraction ou de vitrage de protection. En effet, l'expérience montre que la réussite d'une effraction se joue dans les premières secondes et qu'un vitrage, même brisé, qui résiste à des coups réitérés, a un effet dissuasif très efficace. » En pratique, ce type de vitrage est principalement utilisé pour les vitrines des commerces et la prescription de telle ou telle classe revient aux assureurs.

La mission du métreur

Pour leur fournir les repères indispensables à un choix pertinent, la Fédération française des professionnels du verre (FFPV-FFB), avec l'aide du Centre national de prévention et de protection (CNPP), organisme certificateur de l'assurance, et de l'Assemblée plénière des sociétés d'assurances dommages (Apsad), a réalisé en 1997 un guide intitulé Protection contre l'effraction : comment prescrire les vitrages de sécurité ?, corrélant les classes de vitrage à différents critères comme la nature de l'activité, la valeur des marchandises et des biens présents dans le local, l'implantation géographique du commerce.

Depuis quelques années et de façon croissante, les particuliers demandent eux aussi à sécuriser leur habitation. Dans ce cas, le conseil est apporté par le professionnel. Chez Charles Costa, c'est la mission du métreur : « S'il s'agit de protéger les personnes contre la chute d'un vitrage brisé, notamment dans les maisons qui possèdent de grandes baies, nous préconisons un vitrage du type feuilleté 44.2 (1), qui est un produit basique. Mais si l'on craint une effraction, nous conseillons un vitrage de protection. »

Chez les particuliers comme chez les professionnels, le châssis qui reçoit le vitrage est une donnée clé de la mise en œuvre, soit parce qu'il est ancien et que la pluie a fini par le corroder en partie basse, soit parce qu'il n'est pas suffisamment large pour recevoir le nouveau vitrage, dont l'épaisseur peut atteindre 25 mm pour les vitrages retardateurs d'effraction les plus efficaces. Jouant un rôle très important dans la protection de la vitrine, les menuiseries présentent elles aussi différents niveaux de performances et font l'objet d'une classification comparable à celle du verre, définie par les normes NF ENV 1627, 1628, 1629 et 1630. Si les produits disponibles sur le marché, à l'exception des intercalaires, n'ont pas connu de changement notable, d'autres évolutions se font jour.

« La réglementation thermique a un impact certain sur notre activité de sur mesure en rénovation (fourniture de l'ensemble vitrage-menuiserie), estime Alexandre Costa, où nous devons passer du simple au double vitrage, ce qui nous posera certainement des problèmes d'acheminement et de manipulation en raison du poids. »

Pour les assureurs aussi, le contexte change, car de nouvelles catégories de commerces se développent, telles les boutiques de téléphones portables, et les zones de sensibilité évoluent. À la FFPV-FFB, toutes ces évolutions mettent à l'ordre du jour une actualisation du guide de 1997, dont la première édition est aujourd'hui totalement épuisée.

Bille d'acier et coups de hache

La norme NF EN 356 définit 8 classes de vitrages : de P1A, le plus faible, à P5A (classement contre le vandalisme), et de P6B à P8B (vitrage retardateur d'effraction). Ces classes sont attribuées à la suite d'essais. De P1A à P5A, le vitrage monté à plat dans un cadre de dimensions normalisées doit résister à la chute d'une bille d'acier de 4,11 kg, lâchée de différentes hauteurs un nombre variable de fois. Un matériau de classe P3A ne devra pas avoir été traversé par la bille d'acier lâchée d'une hauteur de 6 m à 3 reprises en 3 points d'impact définissant un triangle équilatéral.

Pour les classes P6B à P8B, le vitrage est préalablement brisé à coups de marteau en 12 points délimitant un carré de 40 × 40 cm, puis attaqué à la hache en cherchant à ouvrir cette fenêtre de 40 × 40 cm. La classe P8B est attribuée à un vitrage où plus de 70 coups de hache n'auront pas réussi à créer cette ouverture.

Pour en savoir plus

FFPV-FFB, tél. : 01 40 55 13 55.

(1) Vitrage composé de deux verres de 4 mm qui prennent en sandwich deux films plastique intercalaires (voir schéma).