La protection des rives de couverture

Pour les couvreurs, sécuriser les rives est un enjeu important pour travailler efficacement en sécurité et rester conforme aux exigences réglementaires. Pour cela, une connaissance des solutions matérielles existantes est indispensable pour choisir la solution adaptée en privilégiant les protections collectives sous forme de garde-corps.
8:5320/08/2026
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Sur un chantier de couverture, les protections collectives contre les chutes sont indispensables. Or, si les solutions de bas de pente sont aujourd’hui connues et maitrisées par une majorité d’entreprises, il n’en est pas toujours de même concernant les zones de rives qui recouvrent de nombreuses situations : interventions en bordure de vide, absence d’appui, configurations de façade contraignantes, débords de toiture variables…La protection de la rive dépend de la possibilité d’accès, des possibilités de fixation et de la typologie de la façade. La mise en sécurité doit être anticipée et pensée comme une démarche structurée pour choisir et mettre en œuvre la protection adaptée, quelle que soit la situation du chantier.

 

Les principales solutions de protection des rives de couverture

 

En matière de protection de rive, la solution « idéale » reste l’échafaudage de pied. Mais cette solution se heurte fréquemment à des impossibilités techniques, notamment en rénovation sur bâtiment existant. S’il est possible d’implanter un échafaudage au droit de la rive, il devra être conçu pour permettre la protection des bas de versant et des rives de la toiture. Il faut également tenir compte du débord éventuel de toiture et s’assurer qu’il protège les intervenants des chutes de hauteur, lorsqu’ils travaillent sur la plateforme de l’échafaudage et lorsqu’ils travaillent sur le toit, l'échafaudage étant alors considéré comme une surface de recueil en cas de chute. S’il est impossible techniquement d’implanter un échafaudage, la question de l’accès à la rive se pose : les garde-corps en pignon, mis en place à l’aide d’une plateforme élévatrice mobile de personnel (PEMP) permettent de protéger efficacement sans gêner la circulation sur la surface du rampant. Il faut alors vérifier la nature de la rive et ses dimensions pour s’assurer de la compatibilité et du type de fixation à prévoir. Enfin, lorsque les conditions d’accès ne sont pas optimales (pas d’accès par la façade, par échafaudage ou PEMP), une protection « par le dessus » peut être installée depuis la toiture en utilisant des EPI antichute adaptés. Il s’agit de mettre en place des potelets avec des traverses fixées directement sur la charpente en fonction du type de couverture (sur chevrons pour des couvertures en petits éléments ou sur panne pour des couvertures en bac acier par exemple). Ce type de solutions nécessite une découverture partielle au droit des fixations (dans le cas de rénovation) et impose d’anticiper la finition de la couverture au droit du garde-corps avant sa dépose. Cette solution nécessite de vérifier la capacité du support à reprendre les efforts de la classe de garde-corps installé mais convient néanmoins à tous les débords de toiture. Elle peut également convenir lorsqu’en rénovation il est inenvisageable de rapporter une fixation de garde-corps sur le mur pignon.

 

Le choix du garde-corps

 

Pour choisir le choisir le garde-corps adapté à la configuration de la rive, il faut connaitre les limites d’utilisation de chaque type afin de sélectionner la solution la plus sûre. Les classes de garde-corps sont définies dans la norme NF EN 13374, selon les charges statiques et dynamiques qu'ils doivent reprendre en usage. Pour les surfaces inclinées, ces efforts sont également conditionnés par la pente de la toiture. Une chute en rive peut entraîner des efforts dynamiques plus ou moins importants sur le garde-corps, en fonction de la typologie de la toiture et, notamment, de la pente et de la longueur de rampant. Dans son évaluation des risques, l’entreprise détermine notamment, selon la configuration de la toiture, la nécessité de positionner des garde-corps de classe A ou B en rive de toiture (voir figure).

 

Compte tenu de leurs caractéristiques, les garde-corps d’une classe donnée (B ou C) peuvent être utilisés pour la ou les classes inférieures (A, B). Il est également important d’appliquer le principe de non-mixité du matériel tel que défini dans la norme NF EN 13374 : il est interdit de combiner des éléments de différentes marques, de différents fabricants ou de différents produits au sein d’un même dispositif de sécurité. Cette règle vise à garantir la résistance et la fiabilité des équipements, en évitant tout risque d’incompatibilité pouvant compromettre la protection des travailleurs. Chaque fabricant conçoit ses protections de rive en respectant des normes précises, avec des pièces spécifiquement testées ensemble. Mélanger des composants de différentes origines pourrait altérer leur fixation, leur stabilité ou leur performance globale, augmentant ainsi les risques sur le chantier.

 

S’adapter au débord de toiture

 

Si l’échafaudage est impossible à installer, mais qu’il est possible d’utiliser un équipement de type PEMP pour installer des garde-corps en rive, le débord de toiture est le critère déterminant pour choisir la solution adaptée. En effet, la longueur du débord, l’habillage de la rive, l’espacement des pannes lorsqu’elles sont accessibles conditionnent la possibilité de fixer des montants supports de garde-corps sur les pannes ou en façade.

 

Débord de toiture inférieur à 30 cm

Il n’existe pas actuellement de solution matérielle permettant de fixer un support de potelet à la panne. Les solutions existantes (pincée sur la panne ou fixation au travers) nécessitent d’avoir un débord de panne minimum pour garantir l’efficacité de la fixation. Les solutions sont alors de passer par le dessus en accédant par la couverture ou de fixer la protection directement à la façade.

 

Débord compris entre 30 et 110 cm

Dans ce cas, si la panne est accessible, il est possible de mettre en œuvre un garde-corps par fixation sur la panne, par exemple via des systèmes « pincés » ou fixés au travers de la panne selon les recommandations du fabricant. La solution technique du garde-corps pincé sur la panne, complétée d’un appui (jambe de force) sur le mur de façade, permet de positionner les potelets du garde-corps à partir d’une PEMP avant travaux ce qui permettra de protéger la rive pendant les travaux de couverture y compris au moment des finitions de rive. Il faut cependant évaluer la capacité de la charpente à reprendre les efforts en cas de chute en se basant notamment sur les éléments de la notice technique qui définissent les dimensions minimales de la panne selon sa nature ainsi que l’espacement maximal entre panne pour la solution retenue. En l’état actuel, aucune solution de garde-corps n’est adaptée pour garantir l’appui bas du potelet au niveau de la façade avec un débord supérieur à 110 cm. Dans ce cas de figure, ainsi que dans le cas où les pannes ne sont pas accessibles (habillage de rive par exemple), la solution de protection de rive par le dessus sera à envisager.

 

Adapter la fixation à la façade

 

Lorsque la protection de la rive n’est possible ni par échafaudage, ni par accroche sur les pannes (en raison du débord ou de l’habillage de la rive), on peut envisager une fixation des potelets de garde-corps directement sur la façade. Cette solution nécessite de pouvoir accéder à la façade par l’extérieur par une PEMP. La nature de la façade joue un rôle essentiel dans le choix de la méthode de fixation de la protection de rive. Dans ce cas, il faudra évaluer la capacité de la paroi (béton, maçonnerie, pierre, bois…) à reprendre les efforts demandés en fonction de la classe du garde-corps installé. Il faut également tenir compte de l’épaisseur du mur et sa constitution pour le type de fixation : traversante, scellement mécanique, scellement chimique… Il faut également veiller à ce que la hauteur de la fixation permette d’assurer une hauteur du potelet d’un mètre minimum au-dessus du plan de toiture.

 

Façade béton ou maçonnée

 

S’il est possible de traverser le mur, la solution idéale reste un garde-corps en traversée de mur » qui est constitué de supports de potelets avec jambes de force, d’une tige et platine de répartition avec une système de serrage, de potelets permettant d’accueillir des plisses hautes, une plinthe ainsi que des lisses intermédiaires ou un filet. Cette solution offre l’avantage de s’adapter quasiment à tous les murs maçonnés s’ils ne sont pas trop épais (moins de 90 cm) mais elle n’est pas toujours possible dans l’existant : c’est le cas, par exemple, si un aménagement intérieur ne permet pas de pose sans dégrader des ouvrages. Dans ce cas, il peut être envisagé la solution de fixation par chevilles mécaniques ou chimiques, spécialement conçues pour la nature du mur concerné. Il faut alors impérativement faire valider l’adéquation des ancrages chimiques ou mécaniques au support et aux charges de la classe de garde-corps considérée par un bureau d’études ou en respectant le domaine d’emploi et les préconisations du fabricant de cheville. En l’absence de confirmation ou de certitude, il faut privilégier une autre solution, par exemple la pose d’une protection de rive « par le dessus ».

 

Autre type de façade

 

Pour d’autres nature de façade, la solution doit s’étudier au cas par cas. La protection de rive dans le cas d’une construction en mur ossature bois (MOB) est spécifique. La fixation du garde-corps n’est pas traversante. Il convient donc d’utiliser une platine adaptée (calepinée en fonction de l’ossature) sur laquelle sera fixée la protection de rive. Cependant, en l’absence de connaissance du mur ossature bois (doute sur la position des montants), il faut privilégier la solution de pose d’une protection de rive « par le dessus ». Si la façade est un bardage rapporté, il n’existe pas de solution qui ne viennent détériorer la façade. Seule la solution par le dessus peut être envisagée. Enfin, en cas de façade isolée par l’extérieur, les spécificités de l’ITE rendent toute fixation façade délicate. Selon les cas, seules les protections par le dessus ou les systèmes de type pince compatible peuvent être possibles.

 

Pour en savoir plus :

 

Le guide « protections en rive de couverture » de l’OPPBTP propose une démarche claire en trois étapes, qui permet d’identifier la solution de protection la mieux adaptée à la configuration réelle du chantier. Il est téléchargeable gratuitement sur le site de l’OPPBTP à l’adresse suivante : https://www.preventionbtp.fr/ressources/documentation/ouvrage/protections-en-rive-de-couverture-une-aide-au-choix-de-solutions-adaptees-aux-differentes-configurations-des-toitures_XNp7u6f5xP9UST5QaYuHFf

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