Si la tendance n’étonne pas, son accélération brutale interroge.
Certes, cette orientation vise à répondre à un contexte international bouleversé : après la guerre en Ukraine, celle en Iran dessine un monde où l’indépendance énergétique devient une vertu cardinale. D’autant plus si cette indépendance passe par des énergies décarbonées, telles que le nucléaire, l’hydroélectrique, le photovoltaïque, l’éolien, etc.
Pour autant, la cible ne peut se suffire à elle-même : encore faut-il en définir clairement le chemin. C’est pourquoi la FFB appelle, dans les plus brefs délais, à un véritable « discours de la méthode ». Comment garantir la modernisation effective du réseau électrique pour absorber la charge sur l’ensemble du territoire ? À défaut, quelles dérogations retenir pour les zones froides, les territoires enclavés et ultramarins, et avec quelles alternatives (le biogaz, par exemple, produit en France et décarboné) ?
Se pose également la question des projets en cours, alors qu’un quart des opérations collectives sont conçues avec des solutions de chauffage hybride. Il est inenvisageable de se résoudre à les abandonner dans un contexte de crise aiguë du logement. Et, dans le cas où il faudrait les retravailler, quel soutien pour absorber les surcoûts d’études et ceux liés au basculement vers le tout électrique ? Quel accompagnement pour les professionnels qui devraient réorienter leur activité ?
Alors que les crises se succèdent, l’invocation de la fée électricité ne saurait tenir lieu de stratégie aux yeux des artisans et entrepreneurs du bâtiment.
La FFB exige qu’un travail sérieux se poursuive, en partenariat avec les professionnels, pour construire une véritable feuille de route crédible, opérationnelle et soutenable.