La délamination des dallages en béton : un phénomène complexe qui exige une approche pluridisciplinaire

Depuis plus d’une décennie, les professionnels du bâtiment constatent une recrudescence de cas de délamination sur les dallages industriels — en particulier ceux finis mécaniquement ou à couche d’usure. Derrière ce terme technique se cache un défaut redoutable : la séparation d’une fine couche superficielle (3 à 10 mm), souvent invisible au premier abord, mais qui peut rapidement évoluer en épaufrures, fissures ou détachements irréversibles.

Mais que sait-on aujourd’hui des causes profondes de ce phénomène ? Et surtout, comment l’anticiper ?

14:1921/01/2026
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Qu’est-ce que la délamination ?

 

Contrairement au simple décollement de la couche d’usure (souvent dû à une mauvaise adhérence), la délamination se produit dans le béton lui-même, juste sous la surface. Elle se manifeste par :

  • une zone creuse au son du marteau,
  • un faïençage à maille fine (15–35 mm),
  • parfois des microbulles sphériques visibles en carottage.

Le faïençage est le premier indicateur visible : une fissure de surface de plus de 30 µm, dont la maille révèle une profondeur située juste sous l’interface. Si cette couche se détache, c’est que des tensions de cisaillement se sont développées au cœur du matériau.

 

Les mécanismes clés identifiés

 

Trois documents convergent sur un constat : la délamination n’est jamais due à un seul facteur, mais à une combinaison de causes interdépendantes.

1. Le retrait différentiel

La couche d’usure (ou le mortier de surface) sèche plus vite que le béton sous-jacent. Ce retrait inégal génère des contraintes de cisaillement maximales juste sous la surface — là même où la délamination se déclare.

 

2. Le rôle critique des adjuvants

L’usage massif de superplastifiants à base de polycarboxylate (PCE), surtout s’ils sont surdosés ou incompatibles avec le liant, ralentit l’hydratation du C₃A (aluminate tricalcique). Cette prise différée induit un retrait tardif qui fragilise l’interface. Pire : certains PCE piègent de l’air ou modifient le ressuage, augmentant les risques de bulles occluses.

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