Bilan 2025 et prévisions 2026 – Léger rebond sans véritable reprise du bâtiment

Après un nouveau recul en 2025 (-4 %), le volume d’activité du bâtiment afficherait une modeste hausse de 1,8 % en 2026 grâce au redressement transitoire du logement neuf.
14:5819/01/2026
Rédigé par FFB Nationale
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Batiment Actualité Numéro 1 | janvier 2026

Bilan 2025

 

Activité globale : −4,0 %

 

En 2025, le volume d’activité du bâtiment a encore reculé de 4,0 %, prolongeant les baisses de 6,0 % et 1,2 % relevées respectivement en 2024 et 2023.

 

Logement neuf : −8,8 %

 

Compte tenu de l’effondrement de 12,2 % des mises en chantier en 2024 et des délais habituels de production, l’activité du logement neuf a chuté de 8,8 % en 2025 à prix constants. En revanche, partant de leur plancher quasi historique de 2024 (261 000), les ouvertures de chantier de logements se sont redressées de 8,4 % en 2025 pour s’afficher à 283 000 unités.

 

Même si ce point d'arrivée reste 75 000 unités au-dessous de la moyenne de longue période, l’amélioration relative permet de limiter la casse et d'envisager un avenir un peu moins mauvais sur ce marché.

 

Non-résidentiel neuf : −6,6 %

 

Après un recul en volume de 4,1 % en 2024, la production dans le non-résidentiel neuf a encore abandonné 6,6 % en 2025, tirée vers le bas par les bureaux, les locaux industriels et assimilés, puis les bâtiments administratifs.

 

Cette baisse résulte de la forte contraction des surfaces commencées en 2024 (−10,6 %), l’inflexion de 2025 restant limitée (+3,7 %).

 

Ces surfaces atteignent 20,8 millions de mètres carrés, deuxième plus faible niveau enregistré depuis 1986, seulement 0,8 million au-dessus du point bas de 2024.

 

Entretien-amélioration : −1,1 %

 

En 2023 et 2024, l’entretien-amélioration s’affichait comme le seul segment en croissance.

 

Ce n’est plus le cas en 2025, où l’activité s’est repliée de 1,1 % en volume, pénalisée au premier chef par la rénovation énergétique du logement (−1,3 %). Cette dernière a souffert des blocages et rabotages de MaPrime-Rénov ’ comme des révisions concernant les certificats d’économies d’énergie (CEE). Mais il convient de signaler que le volume des travaux non énergétiques, réalisés aussi bien dans le logement que dans le non-résidentiel, a également fléchi.

 

Seule la rénovation énergétique du non-résidentiel a continué de progresser, mais bien moins rapidement qu’en 2024 (+0,7 %, contre +3,2 %), alors que le repli des prix de l’énergie a réduit l’intérêt économique immédiat de tels travaux.

 

Emploi : −1,5 %

 

La baisse commencée en 2023 et confirmée en 2024 s’est poursuivie en 2025, tout en se modérant.

 

Après 28 700 postes salariés et intérimaires en équivalent temps plein (ETP) perdus en 2024 (−2,1 %), le recul atteint de l’ordre de 20 000 unités en 2025, soit −1,5 %. Ce score, nettement inférieur à la contraction de l’activité, vient renforcer la perte de productivité du secteur.

 

Santé financière des entreprises en baisse

 

La situation financière des entreprises de construction s’est légèrement dégradée en 2025, le taux de marge opérationnelle (corrigé de la rémunération des chefs d’entreprise non salariés) s’érodant, à environ 23 %, à proximité du niveau d’avant crise sanitaire.

 

De fait, les prix bâtiment se sont repliés d’environ 2 % sur l’ensemble de l’année, alors que les coûts ont continué d’augmenter de 1,5 %, sous la pression du poste « salaires » (+2,5 %), les coûts des matériaux étant restés stables.

 

La baisse d’activité a accru la concurrence entre les entreprises, favorisant cet effet de ciseau.

Les ouvertures de chantier de logements se sont redressées de 8,4 % en 2025 pour s’afficher à 283 000 unités, niveau encore très faible au regard de la moyenne historique (358 000), mais qui permet de tabler sur un rebond technique de l'activité en 2026.

 

Prévisions 2026

 

Activité globale : +1,8 %

 

Après une chute de 10,8 % sur trois ans, l’activité bâtiment progresserait légèrement en 2026, de 1,8 % hors effet prix, mais le niveau resterait particulièrement bas, en deçà de celui enregistré en 2024 (−5 milliards d’euros) et bien loin de celui de 2022 (−20 milliards).

 

Logement neuf : +9,5 %

 

L’activité du logement neuf se redresserait, de 9,5 %, mais le niveau resterait encore bien faible, renouant à peine avec celui réalisé en 2024. La progression des mises en chantier observée en 2025 (+8,4 %) explique ce rebond, mais elle ralentirait sensiblement en 2026 (+4,4 %) pour s’établir à un niveau encore faible de 296 000 unités.

 

De fait, sans statut du bailleur privé véritablement incitatif, le collectif fléchirait (−2,0 %). Les autorisations sur ce segment en pâtiraient encore plus (−7,2 %), laissant craindre une rechute d’activité globale dès 2027.

 

Non-résidentiel neuf : +0,5 %

 

La production du non-résidentiel neuf resterait quasi étale (+0,5 %), sans espoir de véritable reprise, compte tenu d’une érosion des surfaces commencées comme autorisées. Elles resteraient pénalisées par les bureaux, mais s’y ajouteraient les bâtiments administratifs en année d’élections municipales.

 

Seuls les locaux agricoles et les commerces afficheraient des évolutions positives.

 

Entretien-amélioration : −0,5 %

 

L’activité en entretien-amélioration connaîtrait un nouveau repli de 0,5 % (hypothèse optimiste), du fait du logement (−0,8 %) qui souffrirait de transactions se réalisant le plus souvent sans travaux et d’une rénovation énergétique toujours à la peine (−1,3 %).

 

La baisse d’ensemble de la rénovation serait légèrement amortie par le non-résidentiel, en quasi-stagnation, la hausse de l’investissement des entreprises compensant le repli de celui des collectivités territoriales.

 

Emploi : −0,8 %

 

La modeste croissance d’activité ne suffirait pas à infléchir la courbe de l’emploi, qui abandonnerait encore 10 000 postes salariés et intérimaires en équivalent temps plein sur l’ensemble de l’année (−0,8 %). D’autant que l’écart entre évolutions de l’activité et de l’emploi n’a cessé de s’accroître depuis la crise sanitaire de 2020.

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