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Bâtimétiers N° 14 - 2009 | GROS OEUVRE/STRUCTURE

LE NOUVEAU NF DTU 20.1 ENTÉRINE LES ÉVOLUTIONS DE LA MAÇONNERIE

En faisant entrer des techniques et des produits nouveaux dans le champ traditionnel et en modifiant certaines dispositions constructives, le nouveau NF DTU 20.1 s'est mis au diapason de la maçonnerie d'aujourd'hui.

Publié à l'automne dernier avec une date d'effet au 10 octobre 2008, le nouveau NF DTU 20.1 « Ouvrages en maçonnerie de petits éléments - Parois et murs » remplace un document qui n'avait pas été modifié depuis vingt-trois ans. Ses évolutions tiennent à l'intégration des normes européennes concernant les produits et méthodes d'essais. Contrairement à l'ancien DTU qui comportait trois parties, il compte désormais cinq subdivisions. La partie 1-1 (Cahier des clauses techniques types) traite des règles de l'art et de la mise en œuvre. La partie 1-2 (Critères généraux de choix des matériaux) sert à guider le choix des matériaux. La partie 2 (Cahier des clauses administratives spéciales types) aborde le « qui fait quoi » sur le chantier et les limites de chaque prestation. La partie 3 (Guide pour le choix des types de murs de façade en fonction du site) s'adresse plus spécialement aux architectes. Enfin, la partie 4 (Règles de calcul et dispositions constructives minimales) traite des règles d'exécution.

LE MARQUAGE CE DEVIENT OBLIGATOIRE

Les éléments de construction - briques, blocs, pierres, attaches, brides, feuilles d'étanchéité... - présentés dans la partie 1-2 doivent désormais être conformes aux normes européennes et bénéficier du marquage CE, qui autorise leur commercialisation dans l'Union européenne. Attention cependant, ce sésame n'est pas toujours suffisant : l'utilisateur doit s'assurer que le produit, qui répond aux performances minimales d'un référentiel européen, répond aussi aux exigences spécifiques du marché qu'il doit traiter en France. Pour cette raison, il aura tout intérêt à privilégier les produits à la fois marqués CE et estampillés d'une marque de qualité (de type NF ou autres). Autre nouveauté du NF DTU : l'approche performancielle des mortiers de hourdage. Europe oblige, les mortiers de recette côtoient désormais les mortiers performanciels (cf. la norme NF EN 998-2).

PROTECTIONS CONTRE LES REMONTÉES D'HUMIDITÉ

Lorsque les murs de soubassement sont réalisés en maçonnerie de petits éléments, les maçonneries en élévation doivent être protégées contre les remontées d'humidité du sol. Ainsi, deux cas se présentent :

  • Le chaînage s'étend sur toute l'épaisseur de la maçonnerie : la protection est assurée par un chaînage en béton armé disposé au niveau du plancher bas du rez-de-chaussée ou du dallage, à l'air libre et au minimum à 5 cm au-dessus du sol extérieur fini. Pour les loggias ou balcons, le chaînage en béton armé doit avoir une hauteur minimale de 15 cm, et dans le cas des balcons avec pente, le chaînage est complété d'un décrochement de 2 cm minimum ou d'une coupure de capillarité.
  • Dans le cas d'un plancher ou d'un dallage avec planelle, la coupure de capillarité doit se situer à 15 cm minimum au-dessus du sol(1). Selon les termes du nouveau NF DTU, la coupure de capillarité peut être réalisée soit avec une bande de feuille bitumineuse armée ou une feuille plastique ou élastomère posée à sec sur une couche de mortier de ciment, soit avec un mortier fortement dosé et hydrofugé (en zone sismique, il faudra impérativement choisir cette dernière solution).

NOUVEAUTÉS POUR CERTAINS CHAÎNAGES

En ce qui concerne les chaînages horizontaux, il n'y a pas de changement par rapport à l'ancien DTU : ils doivent ceinturer les planchers ou les dallages à chaque étage et la section minimale d'armature est de 1,5 cm² en FeE500, soit 3ø8 ou 2ø10. Les chaînages verticaux, quant à eux, doivent désormais être réalisés sur toute la hauteur de l'ouvrage, pour toutes les maçonneries porteuses sauf celles en pierres naturelles. Ils doivent être au moins présents dans les angles rentrants et saillants, ainsi que de part et d'autre des joints de fractionnement du bâtiment. Tout comme les chaînages horizontaux, la section minimale d'armature est de 1,5 cm² en FeE500, soit 3ø8 ou 2ø10. Les chaînages inclinés font l'objet d'un important changement : ils sont désormais obligatoires dès que la hauteur sous pointe de pignon est supérieure à 1,5 m. Leurs armatures doivent être au minimum égales à celles des chaînages verticaux et horizontaux.

Enfin, le nouveau NF DTU provoque des changements au niveau des tolérances du gros œuvre vis-à-vis des baies (voir figure) du fait de la suppression de l'utilisation du calfeutrement humide, source de désordres au niveau de la perméabilité à l'air. En revanche, les tolérances d'exécution pour les maçonneries de briques de terre cuite et de blocs de béton (destinés à rester apparents ou à enduire) restent inchangées.

« UNE ÉVOLUTION DES TECHNIQUES ET DES MANIÈRES DE TRAVAILLER »

Frédéric Reynier, entreprise Reynier Sarl, à Crest (Drôme).

Que retenez-vous du nouveau NF DTU 20.1 ?

Il intègre un ensemble de nouveaux matériaux : blocs de béton cellulaire posés au mortier - colle, produits prêts à l'emploi comme les mortiers performanciels. Au plan de l'exécution, il impose des procédés qui font progresser le bâti : certains chaînages obligatoires sur les pignons des maisons améliorent la résistance mécanique, et les calfeutrements secs augmentent la performance énergétique.

Change-t-il votre façon de travailler ?

Ces nouvelles techniques transforment notre métier. Hier, on ne faisait que des mortiers de recette sur le chantier, en gâchant du sable pour alimenter une bétonneuse. Aujourd'hui, il suffit d'ouvrir un sac de mortier prêt à l'emploi et de le travailler à la malaxeuse, ce qui est moins pénible et plus écologique, car il n'y a pratiquement plus de déchets. Il faut cependant rester vigilant : les produits prêts à l'emploi marqués CE ne répondent pas toujours aux performances requises.

En quoi est-il pour vous un progrès ?

Ce texte est un outil de travail, avec le nouveau Cahier des clauses administratives spéciales types, qui explique qui fait quoi sur le chantier, et les Règles de calcul, qui vont être adaptées à l'arrivée de l'Eurocode 6. Il fait entrer dans le champ traditionnel des techniques que nous utilisons déjà sur les chantiers et qui traduisent les évolutions de la construction. Il ne s'agit donc pas d'une révolution, mais de l'adaptation d'un texte ancien à la réalité d'aujourd'hui.

Tolérances du gros œuvre vis-à-vis des baies


(1) Les schémas correspondant à ces cas de figures sont visibles sur le site de l'UMGO-FFB (volet bâtiment).

Pour en savoir plus

UMGO-FFB (Union de la maçonnerie et du gros œuvre), tél. : 01 40 69 51 59, www.umgo.ffbatiment.fr (dossier consultable dans le volet adhérent)