Cybersécurité : de quoi parle-t-on ?
Plans inaccessibles, facturation à l’arrêt, faux RIB qui détourne un paiement… Quelle que soit la taille de votre entreprise, vous pouvez être visé, directement ou par rebond via un partenaire. Comprendre les menaces, s’organiser, former ses équipes et savoir qui contacter en cas de cyberattaque : ce dossier vous donne les clés pour agir dès maintenant.
La cybersécurité regroupe l’ensemble des moyens permettant de protéger les équipements numériques, les accès, les logiciels et les données d’une entreprise contre les attaques et les utilisations malveillantes. L’enjeu dépasse la protection des données.
Il s’agit de préserver la capacité de l’entreprise à fonctionner et de s’organiser sans attendre que l’attaque soit arrivée. Une cyberattaque peut rendre inutilisables les outils et les informations indispensables à l’activité quotidienne, parfois pendant plusieurs jours, voire plusieurs mois : des plans devenus inaccessibles le matin d’un chantier, un logiciel de gestion bloqué… Un logiciel malveillant désorganise rapidement le travail des équipes et retarde les opérations en cours. Une messagerie piratée peut servir à transmettre de fausses factures ou à détourner des paiements.
Les conséquences peuvent être immédiates : retards, pertes financières, dégradation de l’image de l’entreprise et perte de confiance des partenaires. Le vol ou la divulgation de données constitue également une menace.
Qu’il s’agisse d’informations commerciales, contractuelles ou personnelles, leur exploitation ou leur diffusion sans autorisation peut porter atteinte à la confidentialité des données et à la pérennité de l’entreprise. L’enjeu est donc de se préparer aux cyberattaques. Cela passe par l’analyse de ses outils et de son organisation pour éviter les crises et y répondre si elles surviennent. Il faut écrire les process, les tester et les évaluer à échéances régulières.
Des attaques bien réelles
Les chiffres témoignent d’une menace permanente. Chaque année, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et Cybermalveillance. gouv.fr analysent les demandes d’assistance. Leurs bilans permettent de montrer que la cybermenace vise toutes les entreprises. Celles du bâtiment ne font pas exception. À noter : Ces chiffres ne couvrent que les signalements reçus par l’Agence. Ils ne mesurent donc pas l’ensemble des attaques en France.
Le « trop petit pour intéresser » ne tient plus 48 % : c’est la part des TPE, PME et ETI parmi les victimes de rançongiciel traitées par l’ANSSI en 2025, contre 37 % un an plus tôt. Elles forment de loin la première catégorie touchée.
1 366 : c’est le nombre d’incidents confirmés portés à la connaissance de l’ANSSI en 2025, contre 831 en 2022. La menace s’est installée à un niveau élevé. Le quatuor d’attaque Parmi les entreprises qui ont sollicité l’assistance de Cybermalveillance.gouv.fr en 2025, quatre menaces arrivent en tête. 21 % : le piratage de compte, menace no 1 (+52% en un an). Une messagerie piratée donne accès aux échanges avec les clients, les fournisseurs et la banque.
C’est la porte d’entrée à vos données. 16 % : l’hameçonnage, menace no 2 (+29 % en un an). Le piège type pour un professionnel : un mail annonce un devis, une facture ou un recommandé à consulter, puis demande ses identifiants de messagerie pour « l’ouvrir ». 13,5 % : la fraude au virement, menace no 3 (+93 % en un an). Il peut s’agir d’un faux changement de RIB d’un fournisseur : le règlement d’une vraie facture part donc sur le compte d’un pirate. 8,1 % : le rançongiciel, menace no 4.
Le conducteur de travaux ouvre son ordinateur : l’écran affiche un message de rançon. Un logiciel malveillant bloque les fichiers (plannings, devis, mails), puis exige une rançon pour les récupérer. Cybermalveillance présente cette menace comme étant la plus redoutable et la plus impactante.