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Bâtimétiers N° 39 - 2015 | GROS OEUVRE/STRUCTURE

Travaux de reprise en sous-œuvre

Garantir la stabilité du bâtiment

Fondés le plus souvent sur des micropieux ou des plots alternatifs, les travaux de reprise en sous-œuvre doivent être conformes aux préconisations de l'étude de sol et de l'ingénieur béton, et faire l'objet d'un suivi rigoureux.

Les travaux de reprise en sous-oeuvre désignent la réalisation de tous les ouvrages destinés à assurer une nouvelle transmission des charges, en renforçant les fondations existantes. Ils s'imposent notamment pour garantir la pérennité d'un bâtiment qui a été déstabilisé par une déformation du terrain (sécheresses ou inondations). Mais une reprise en sous-oeuvre peut aussi s'imposer dans le cadre d'une réhabilitation. Par exemple, la mise en conformité d'un ERP avec la réglementation accessibilité peut exiger la création d'un ascenseur et le renforcement des fondations du bâtiment pour supporter la charge supplémentaire liée à cet équipement. Autre cas de figure : le remplacement d'un ou de plusieurs étages de planchers en bois par des planchers en béton, matériau plus lourd, dans le cadre d'une réhabilitation importante, ou l'ajout d'un niveau de plancher supplémentaire peuvent exiger une reprise en sous-oeuvre pour assurer une bonne transmission dans le sol de ces charges nouvelles. « En règle générale, dès qu'on modifie de façon significative la structure d'un bâtiment, il faut se poser la question de la nécessité ou non de réaliser une reprise en sous-oeuvre »(1), résume Olivier Archambault, dirigeant de PB Construction, une entreprise spécialisée dans les fondations spéciales, qui emploie 13 salariés à Beaumont (Puy-de-Dôme).

ÉTUDE DE SOL ET PRESCRIPTIONS TECHNIQUES

Les travaux de reprise en sous-oeuvre commencent par une étude de sol, dans laquelle le bureau d'études géotechniques fournit une coupe du terrain qui définit la résistance de chaque couche et préconise une solution de réparation ou de renforcement des fondations. La solution peut résider dans des micropieux, réalisés par un forage de 15 à 25 cm de diamètre et de 10 à 15 m de profondeur, comblés ensuite par un tube métallique rempli d'un coulis de ciment. Espacés en général de 2 à 3 m, ces micropieux sont ensuite liaisonnés entre eux par une poutre en béton (longrine) qui reprend les fondations du bâtiment. L'étude peut aussi prescrire une reprise en sous-oeuvre traditionnelle, par plots alternatifs. Dans le cas d'une maison individuelle, on creuse jusqu'à 3 m de profondeur sous les fondations existantes des cavités de 1,50 à 2 m de longueur sur 0,60 m de largeur environ, que l'on vient coffrer et ferrailler avant d'y couler du béton. Le dimensionnement des micropieux, des ferraillages et des amorces à sceller dans les fondations doit être réalisé par un bureau d'études béton armé.
Pour améliorer les caractéristiques des fondations, quand elles sont menacées, par exemple par une alternance de sécheresse et de pluie créant un effet de « yoyo » dans le sol, la solution peut prendre la forme d'une géomembrane, déployée à 50 cm de profondeur en périphérie de la maison pour former une barrière de capillarité qui isole les fondations des variations hydrométriques. « En matière de reprise en sous-oeuvre, il est important d'organiser une réunion de préparation sur le chantier, avec le bureau d'études de sol et l'ingénieur béton, afin que tout le monde soit bien d'accord sur le diagnostic et la solution mise en oeuvre, conclut Olivier Archambault. S'il s'agit d'un sinistre, l'expert de l'assurance doit aussi valider les préconisations. » Enfin, un chantier de reprise en sous-oeuvre doit être suivi régulièrement, pour gérer les surprises que le sol peut réserver dans le cadre de travaux souterrains.

1

Voir les NF DTU 13.11 « Fondations superficielles » et 13.2 « Fondations profondes ».

Pour en savoir plus

UMGO-FFB (Union de la maçonnerie et du gros oeuvre), tél. : 01 40 69 51 59, www.umgo.ffbatiment.fr