Après vingt-et-une réunions de la commission de révision, la nouvelle mouture du NF DTU 59.4 paraît à la rentrée 2026. « Cette mise à jour était très attendue par la profession », souligne Christophe Lavenu, à la tête de l’entreprise éponyme, spécialisée en peinture, décoration et ravalement de façade au Houlme (Seine-Maritime). « Les matériaux, les colles comme les subjectiles ont évolué. Cette révision complète était essentielle pour actualiser les règles de mise en œuvre vis-à-vis des maîtres d’ouvrage et des experts en cas de litige. »
Comprenant trois parties – clauses techniques, critères généraux de choix des matériaux et clauses spéciales –, cette révision du NF DTU 59.4 « Papiers peints et revêtements muraux » contient une évolution qui relève du changement de paradigme pour les spécialistes de la décoration. « Alors que nous parlions de “support” pour évoquer la cloison ou le mur, ce terme se rapporte à l’envers du papier peint pour les fabricants de revêtements muraux », continue le chef d’entreprise. Pour éviter toute confusion, exit le terme « support ». « “Subjectile” désigne désormais les cloisons et les murs, et pour les papiers peints et revêtements muraux on emploie les mots “envers”, “dossier” ou “backing”. »
Côté domaine d’application, les sept familles de revêtements muraux ont été redéfinies dans le nouveau NF DTU 59.4 en fonction de leur envers et de leur nature : tout papier, avec envers papier, avec envers synthétique, tout textile, avec envers textile, revêtements minéraux et autres revêtements sans envers. « En outre, comme nous posons souvent des intissés qui n’existaient pas dans la version de 1998 du DTU, la révision a pris en compte leur mode d’application et les nouvelles colles nécessaires à leur pose », précise Christophe Lavenu. Afin d’aider à choisir selon les subjectiles, le type de colles, poudres ou prêtes à l’emploi, et d’identifier les techniques d’application – sur l’envers, sur le subjectile ou préencollé selon le revêtement –, un tableau didactique a été prévu dans la révision de ce NF DTU 59.4.
Les conditions de mise en œuvre ont aussi évolué : la préparation du subjectile a été mise à jour, comme le taux d’hygrométrie à respecter. « Il doit être inférieur à 65 % et l’humidité additionnelle doit être extraite, informe le peintre. La température de la pièce doit être comprise entre 10 °C et 30 °C et celle du subjectile entre 12 °C et 30 °C maximum. » Autre nouveauté de taille : « À l’image du NF DTU 59.1 “Peinture”, les niveaux de finition ont été requalifiés. Ils s’échelonnent de A, pour une finition très soignée, à C, si elle est ordinaire, en admettant des défauts suivant l’état de finition recherché, par exemple pour les joints entre lés, ils ne doivent pas excéder 2 mm pour une finition C, 1,5 mm pour une finition B et 0,5 mm pour une finition A », spécifie Christophe Lavenu.
Et comme pour le NF DTU 59.1, « lors de la réception des travaux, le contrôle de l’état de surface de finition s’effectue à deux mètres de distance avec un éclairage désormais exprimé en lumens et non plus en watts, car c’est l’unité de mesure du flux lumineux des LED incandescence ou allogène qui ont remplacé les lampes à incandescence ou allogène depuis 2012 ».
Enfin, le nouveau NF DTU 59.4 ne prend pas en compte « les revêtements muraux à base de fibres végétales sans envers comme le coco, le sisal ou la paille, qui restent des techniques non courantes », ajoute le peintre. De même ne sont pas visés dans ce NF DTU 59.4 les revêtements muraux autoadhésifs et les revêtements rigides tels que les plaques décoratives semi-rigides de protection murale, les panneaux en fibre de ciment, en fibres agglomérées ou avec liants hydrauliques.
« Les revêtements qui ne sont pas collés (hors tissu tendu) n’entrent pas non plus dans le cadre de ce NF DTU mis à jour, à l’instar des plafonds tendus visés par le NF DTU 58.2, et les plafonds suspendus modulaires, par le NF DTU 58.1. Quant aux systèmes de revêtement pour sol et mur de douche à base PVC, ils relèvent du CPT 3781 », conclut le chef d’entreprise.