C’est un bâtiment d’exception qui coche toutes les cases de la RSE. Dans l’écoquartier de l’Arsenal, à Rueil-Malmaison, se dresse un équipement sportif alliant sport, design et innovation, doté d’un toit-terrasse pas tout à fait comme les autres puisqu’il accueille une piste d’athlétisme positionnée en toiture – une configuration assez unique en Europe.
L’objectif était de redynamiser le quartier en construisant un ouvrage exemplaire de référence, « en l’occurrence un complexe sportif nouvelle génération regroupé en un seul équipement et permettant la pratique de quatorze disciplines sportives », comme le rappelle la Ville de Rueil-Malmaison, qui est maître d’ouvrage. Le complexe sportif accueille ainsi un centre aquatique de 6.400 m2, un gymnase de 7.600 m2 et donc, sur le toit, un plateau sportif panoramique de 6 500 m2, composé d’une piste d’athlétisme, de trois terrains multisports et de zones de saut et de lancer de poids.
Des défis multiples : techniques, esthétiques et organisationnels
Dessiné par l’architecte Rudy Ricciotti, l’architecte de renom du Mucem à Marseille (Bouches-du-Rhône), et l’agence Coste Architectures, le bâtiment a été réalisé par la société Léon Grosse mandatée en tant qu’entreprise générale.
Pluralité des acteurs, gestion de la coactivité, respect des plannings en pleine période de Covid avec la mise en place d’une organisation dédiée…les challenges ont été nombreux pour répondre aux ambitions architecturales et aux particularités de la structure, obligeant à adapter les techniques de génie civil au bâtiment : solution vitrages sérigraphiés et mur-rideau mixte bois/aluminium avec porteur à l’extérieur du bâtiment pour la réalisation des complexes façades à colonnades, imaginées pour faire écho aux temples antiques ; emploi du béton plutôt qu’une charpente métallique pour la réalisation de la toiture, avec poutres précontraintes par post-tension de 60 m de portée, permettant d’augmenter les volumes et de diminuer les contraintes vibratoires ; construction d’une piste accessible en terrasse à pente nulle, avec un béton drainant ayant nécessité une ATEx.
Des solutions novatrices
Réalisée par la société Soprema Entreprises, la toiture du complexe a constitué l’une des parties les plus délicates du projet. Les principaux points de vigilance ont concerné l’hygrométrie et l’isolation du bâtiment, en raison de la présence d’une piscine en sous-face, ainsi que la résistance structurelle de la toiture. « Pour l’étanchéité, nous avons mis en œuvre un pare-vapeur associé à un écran de diffusion, permettant d’éviter la formation du point de rosée à l’intérieur du complexe, c’est-à-dire la zone où la vapeur d’eau se condense. La toiture a ensuite été isolée, les joints de dilatation traités, et les surfaces courantes protégées par des gravillons dans les zones non sportives.
Un drain de rétention a également été installé afin de permettre la circulation de l’eau et sa rétention temporaire en toiture, évitant ainsi une saturation trop rapide des réseaux d’eaux pluviales », indique Alexis Orelu, chef de secteur Soprema Entreprises. L’autre défi technique a résidé dans la réalisation du toit plat. Pour être conforme aux normes, une pente de 2 % aurait normalement dû être prévue, mais cette solution était incompatible avec l’architecture du projet, qui prévoyait une pente nulle, et aurait nécessité la mise en place d’une forme de pente trop lourde et trop onéreuse.
« En nous appuyant sur les normes et les DTU, nous avons toutefois identifié une solution permettant d’éviter cette surcharge : la pose de dalles sur plots, directement installées sur un système de rétention en nid d’abeilles. Il s’agit du seul cas où une pente nulle est autorisée pour une toiture accessible. Des revêtements de sols souples, adaptés aux différentes activités sportives, ont enfin été ajoutés afin de masquer les dalles sur plots. Ce chantier de grande technicité a nécessité une approche innovante et une réelle ingéniosité de la part de nos équipes », souligne Alexis Orelu.