Drones et travaux en couverture - Un duo gagnant

L’adaptation de la réglementation nationale des drones aux normes européennes est devenue effective au 1er janvier 2026. Cette évolution vise à renforcer la sécurité, tout en simplifiant l’usage des drones à l’échelle des vingt-sept pays membres de l’Union.
14:4209/06/2026
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Bâtimétiers Numéro 83 | juin 2026

C’est une bonne nouvelle au regard des nombreux avantages qu’offre le recours aux drones dans le secteur du BTP, et plus particulièrement pour les professionnels de l’enveloppe du bâtiment, comme les couvreurs. Gain de temps, de précision sur les métrés et les devis, et surtout renforcement de la sécurité en supprimant notamment le risque de chutes de hauteur sont à mettre au crédit des drones. En outre, à la faveur des avancées technologiques, ces appareils sont de plus en plus simples à piloter, tandis que leur application se diversifie.

 

« Dès le stade du devis, en particulier pour des toitures complexes, il est plus facile et rapide d’utiliser un drone que de monter sur une échelle à coulisse pour établir des relevés fiables. On a une précision de l’ordre du centimètre par mètre », témoigne Slaven Girard, gérant de la société Girard couverture située en Seine-et-Marne. Et de compléter : « Cette solution est bien perçue par les clients. Non seulement, le drone écarte le risque d’endommager leur couverture lors d’un repérage, mais il leur offre la possibilité de voir l’état de leur toiture en temps réel.

 

Un véritable avantage pour démontrer la nécessité d’une intervention. Sans compter qu’il apporte une image de modernité à l’entreprise. D’ailleurs, je mets en avant sur les réseaux sociaux certains de mes chantiers, avant et après travaux, en utilisant les images captées par drones. C’est un vrai atout pour notre marque employeur susceptible d’inciter des jeunes à nous rejoindre. »

 

Il est possible aussi de faire de la photogrammétrie. Cette technique consiste à construire des modèles 3D via l’assemblage de plusieurs photos superposées d’un même ouvrage. À noter que le suivi de chantier par drone est une pratique qui commence à se développer auprès des maîtres d’ouvrage. Contrairement à une idée reçue, acquérir un drone est à la portée de tous. « Il faut compter entre 500 et 1 000 euros pour l’achat d’un drone léger de moins de 250 g.

 

Et environ 2 000 euros si l’on veut s’abonner à un logiciel de photogrammétrie », confirme Slaven Girard. À cela il faut ajouter le coût d’une assurance en responsabilité civile obligatoire. Du côté des exi­gences administratives, celles-ci ont donc évolué depuis janvier 2026. Les vols demeurent classés en trois catégories :

 

  • ouverte, pour les utilisations à faible risque ;
  • spécifique, pour les opérations les plus délicates ;
  • certifié, pour les manœuvres les plus risquées.



L’utilisation dans le secteur du BTP de drones légers et à vue relève majoritairement de la catégorie ouverte. Cela implique le suivi d’une formation théorique d’une demi-journée qui peut se passer en ligne sur la plateforme AlphaTango.

 

Autre assouplissement, il est désormais plus facile de survoler l’espace public. En effet, le survol de l’espace public en agglomération peut aujourd’hui être autorisé en catégorie ouverte dans le cadre d’une activité professionnelle, sous réserve d’une autorisation administrative et du respect des distances de sécurité vis-à-vis des tiers. Le délai de déclaration préalable est de dix jours ouvrables, tandis que l’autorisation est conditionnée à un motif professionnel (par exemple, la réalisation d’un devis ou l’exécution d’une mission).

 

Quelle que soit la catégorie de vol, l’utilisation d’un drone demeure interdite dans certaines zones pour des raisons de sécurité, de sûreté ou encore d’ordre public. On pense à la proximité d’un aérodrome, d’un site militaire ou d’une ambassade. Pour s’y retrouver, la direction générale de l’Aviation civile a élaboré avec le concours de l’Institut géographique national une carte disponible sur le site Géoportail qui recense les zones soumises à interdiction ou à restriction sur tout le territoire national.

 

Avec cette levée partielle des freins réglementaires, le recours aux drones est appelé à se démocratiser, et c’est tant mieux.

 

En savoir plus

alphatango.aviation-civile.gouv.fr : portail officiel pour tous les utilisateurs de drones 
www.geoportail.gouv.fr/ : carte interactive permettant de consulter les zones de restriction de vol pour les drones

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