À l’extérieur, en revanche, les règles changent. Eau, air, pollution, chocs thermiques… Les agressions sont multiples et continues. Or, le film de peinture présente toujours une porosité, même minime. « Un simple thermolaquage ne suffit pas toujours pour lutter durablement contre la corrosion », insiste le métallier.
Dans ces conditions, la plupart des thermolaqueurs ne proposent qu’une garantie limitée, généralement de trois à quatre ans, alors même que la responsabilité de l’entreprise peut être engagée pendant dix ans. Pour améliorer la tenue dans le temps, certains professionnels appliquent une sous-couche de type Polyzinc avant thermolaquage. Une solution intermédiaire, qui peut offrir une durabilité satisfaisante selon l’environnement.
Mais « dans certaines situations, la seule façon de garantir l’aspect de l’ouvrage pendant au moins dix ans est de mettre en œuvre une véritable couche de protection anticorrosion avant la finition esthétique », tranche Mathieu Hulin. Deux techniques font aujourd’hui référence. La métallisation consiste à projeter une couche de zinc sur l’acier, jouant à la fois un rôle de protection barrière et de base d’accrochage ; la galvanisation à chaud, la plus répandue, repose sur l’immersion des pièces dans un bain de zinc en fusion, après préparation de surface, avant un éventuel thermolaquage.
Très efficaces, ces procédés ont toutefois un coût. « Le traitement anticorrosion peut aller jusqu’à doubler le prix d’un thermolaquage », souligne le dirigeant. Dans les appels d’offres, cet écart alimente parfois des pratiques contestables : « Des solutions non adaptées continuent d’être proposées pour rester compétitives, en s’appuyant sur la décennale de l’entreprise générale. » Une stratégie risquée, car en cas de désordre, le maître d’ouvrage peut se retourner contre les entreprises.
Si un thermolaquage seul peut suffire en milieu peu exposé, les environnements agressifs ne pardonnent pas. « En zone littorale, sans métallisation ou galvanisation préalable, la corrosion peut apparaître en moins d’un an », alerte Mathieu Hulin. Dans ces contextes, la fermeté s’impose : « Le traitement anticorrosion n’est pas une option, c’est une obligation. » Au-delà des pathologies techniques, ces dérives nuisent à l’image de la profession et faussent la concurrence. Pour faire évoluer les pratiques, la diffusion et l’application des règles de l’art restent essentielles.