Restauration d’un portail ancien - Le recyclage à l’honneur

L’entreprise SCM Gougeon travaille le métal avec aisance et affectionne le réemploi de matériaux. Pour preuve, elle vient de donner une seconde vie à un portail cocher du début du XXe siècle, en réutilisant notamment les ferronneries et les volutes de l’ouvrage d’origine.
7:2015/09/2026
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Bâtimétiers Numéro 84 | septembre 2026

Près de quatre mois ont été nécessaires pour redonner à cet auguste portail d’une propriété mansonnienne ses lettres de noblesse. Pas de quoi effrayer l’entreprise SCM Gougeon, spécialisée en métallerie, serrurerie et ferronnerie d’art. « Nous avons l’habitude de créer des pièces uniques, alliant technicité et élégance architecturale pour nos clients, des maîtres d’ouvrage particuliers », précise Marion Soirat-Gougeon, présidente de cette société familiale fondée en 1967 et située à Maisons-Laffitte (Yvelines). Sur ce chantier, le portail à modifier était assez endommagé, notamment perclus de rouille.

 

Rapidement, il est apparu que le reproduire à l’identique n’était pas réaliste, même en respectant au mieux son vocabulaire artistique, d’autant que certains éléments décoratifs du portail ne se fabriquent plus aujourd’hui, en particulier les barreauxen forme de croix.

 

Sans compter que jeter à la benne un tel ouvrage en acier plein aurait été une hérésie. « En accord avec les propriétaires, il a été décidé de conserver l’ensemble, en fusionnant toutefois le portail et le portillon attenant pour permettre à une voiture d’entrer sur la propriété. L’ajout d’un système de motorisation faisait également partie du projet », explique Timothée Morel, responsable technique de l’entreprise SCM Gougeon. Car l’utilisation de techniques traditionnelles et éprouvées n’empêche pas le recours à la modernité ! Indéniablement, cette solution de réemploi présente de nombreux avantages.

 


Tout d’abord, elle permet de réduire le coût de la rénovation, s’élevant ici à un peu plus de 40 000 euros, mais encore de réduire les délais de réalisation du chantier, et plus largement d’éviter la production de déchets, outre l’émission de gaz à effet de serre liée à l’extraction et à la fabrication de nouveaux matériaux. Une fois le réemploi acté, place au « savoir-fer » artistique et technique. « Nous avons démonté tout ce qui était possible sur le portail et le portillon existants pour les traiter dans notre atelier de 600 m2 où œuvrent quatre ouvriers expérimentés. Il a fallu, en particulier, faire disparaître le plomb contenu dans les peintures par un décapage complet, intégrant un sablage selon les règles de l’art », commente Timothée Morel.

 

Autre point d’attention : le poids de l’ensemble du portail, dont les vantaux en acier plein, nécessitant de recourir à des structures porteuses adéquates, tout en s’appuyant sur les murets anciens. Idem, le choix d’une motorisation solide s’est imposé. Toujours avec le souci de respecter au plus près l’harmonie des ornements et des proportions du portail, l’entreprise SCM Gougeon n’a pas ménagé sa peine pour trouver un fondeur qui accepte de reproduire à l’identique des rosaces en fonte abîmées.

 

En bref, toutes les étapes de restauration, du diagnostic à l’étude, en passant par le démontage puis la repose du portail, ont exigé une approche sur mesure, avec le concours de deux entreprises partenaires, spécialisées en maçonnerie et en électricité. Un travail d’orfèvre, mené par des artisans passionnés, soucieux de réaliser des ouvrages authentiques et vertueux qui, en prime, ont une âme.

© DR

Démarches administratives lors d’un changement de portail

 

Dans certains cas, un changement de portail peut être soumis à une déclaration préalable de travaux, par exemple lorsqu’il se situe sur un site inscrit, classé ou en instance de classement. En règle générale, le délai d’instruction d’une déclaration préalable est d’un mois.

 

Pour autant, si le projet n’est pas soumis à autorisation d’urbanisme, le maître d’ouvrage doit toutefois consulter le plan local d’urbanisme (PLU) de la commune afin de vérifier la conformité de ses travaux au document d’urbanisme en vigueur. En effet, le PLU peut imposer que le portail soit d’une couleur particulière, ait une hauteur minimale ou maximale, ou soit conçu dans un matériau spécifique.


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