Le photovoltaïque en autoconsommation marque le pas

Les incertitudes réglementaires et les objectifs réduits par l’État fragilisent l’embellie du photovoltaïque en autoconsommation.
12:5417/03/2026
Rédigé par FFB Nationale
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Bâtimétiers Numéro 82 | mars 2026

Quelques nuages viennent assombrir la belle embellie que connaissait le secteur du photovoltaïque depuis 2021. Le marché solaire français avait en effet franchi en 2024 le cap symbolique du million d’installations en service, selon la 52e édition de l’Observatoire de France Territoire Solaire. Une dynamique qui s’était poursuivie entre janvier et juin 2025 avec une hausse de 30 à 35 %, par rapport à la même période l’année précédente, des raccordements de capacités photovoltaïques pour atteindre les 28,2 GW au 30 juin 2025.

 

« La loi d’août 2025 fragilise la valorisation du courant photovoltaïque injecté dans le réseau, et la mise en place d’un mécanisme d’appel d’offres simplifié à la place d’un guichet ouvert peut en décourager certains car c’est un peu un saut dans l’inconnu », regrette Jérôme Borne, président de la commission technique du Groupement des métiers du photovoltaïque (GMPV-FFB) et directeur général délégué de Sunelis, une entreprise spécialisée dans le solaire. Le projet d’arrêté modifie en effet drasti­que­ment le soutien public aux installations photovoltaïques de petites et moyennes tailles, notamment sur le segment 100-500 kWc, qui correspond aux projets portés par les collectivités, les TPE-PME et les agriculteurs.

 


Or, les projets hors résidentiel représentaient la majorité de la puissance nouvellement raccordée, avec un certain essor de l’autoconsommation qui a gagné du terrain ces dernières années, de l’ordre de 726 MW avec vente de surplus et 116 MW sans injection. Si cette croissance était portée par un cadre réglementaire incitatif et l’obligation d’équiper en panneaux photovoltaïques les bâtiments commerciaux et industriels dépassant 500 m², elle était aussi due à la volonté des entreprises et des collectivités de consommer leur propre énergie.

 

« Si, avant, c’étaient surtout les agriculteurs qui tiraient le marché, ce sont maintenant les industriels, qui ont compris que cela permettait de réduire leurs coûts énergétiques, de revendre le surplus, mais aussi de sécuriser le coût du kWh consommé sur le long terme et de conforter leur politique RSE, tout en assurant une indépendance énergétique globale », explique Jérôme Borne.

 

Un choix d’autant plus pertinent que le marché a connu une baisse significative des coûts d’équipement, de l’ordre de 40 % par rapport aux tarifs pratiqués en 2020, qui s’explique par la modernisation des chaînes de production et l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché européen.

 

Les coûts d’investissement, de maintenance et d’exploitation des installations solaires ont ainsi fortement baissé, ce qui rend le solaire compétitif voire plus économique que le nucléaire dans certaines conditions de marché. Si le delta de production énergétique est de l’ordre de 30 à 35 % entre le sud et le nord de la France, le photovoltaïque reste toujours rentable même dans les régions les plus septentrionales.

 

Selon Jérôme Borne, « la rentabilité moyenne est de l’ordre de huit à dix ans dans les Hauts-de-France. En plus, les installations sont particulièrement durables et garanties trente ans, ce qui permet d’en apprécier les bénéfices sur le long terme ». Une rentabilité optimisée si le dispositif est bien dimensionné, la phase d’analyse et d’audit en amont étant primordiale pour réaliser une installation performante.

 

« En plus de l’avantage d’être beaucoup plus simple à installer que d’autres systèmes de production énergétique, de bénéficier d’une grande acceptabilité du voisinage et de nécessiter une moindre maintenance, le photovoltaïque permet de produire en circuit court avec de l’énergie à consommer localement », ajoute Jérôme Borne, qui milite pour une politique ambitieuse, avec des puissances jusqu’à 1 MW sur des terrains déjà artificialisés plutôt que d’occuper des champs ou des prairies.

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