En dehors du diagnostic obligatoire au moment de la vente d’un logement (ou lors de sa mise en location si l’installation a plus de quinze ans), il n’existe pas de contrôle régulier de l’installation électrique des particuliers. Pourtant, avec l’électrification des usages, les réseaux domestiques subissent des contraintes inédites : recharge de véhicule ou d’engin de déplacement personnel électrique (trottinette, vélo, etc.), multiplication et développement des objets connectés… ou encore installation de panneaux photovoltaïques pour réduire la facture énergétique.
Résultat : une installation certifiée conforme(1) à la livraison du logement peut aujourd’hui présenter des risques, sans que les utilisateurs en soient avertis. Et ce d’autant plus que les modifications apportées à l’installation électrique sont de plus en plus souvent réalisées par les particuliers eux-mêmes, sans recours à un professionnel. La pratique du bricolage s’est en effet généralisée, sous l’effet de la crise économique, du développement des enseignes spécialisées et des innovations des fabricants, rendant les travaux d’électricité plus accessibles aux néophytes.
Il n’est ainsi plus rare que, lors de l’installation d’une cuisine équipée ou de la rénovation d’une salle de bains avec douche à l’italienne, l’installation soit modifiée sans tenir compte des normes en vigueur. Selon Promotelec, 82 % des diagnostics électriques obligatoires des logements présentent ainsi au moins une anomalie. Les risques sont réels, qu’il s’agisse de l’électrisation dans une salle d’eau ou d’un départ de feu d’origine électrique : 200 000 incendies domestiques sont recensés chaque année en France(2).
Des sinistres qui pourraient être facilement évités, sans forcément reprendre l’installation électrique de zéro, avec la mise en œuvre de coupe-circuits, disjoncteurs différentiels ou anti-arc électrique par exemple. Encore faut-il identifier ces points d’amélioration. C’est justement ce que propose la FFIE-FFB, qui milite pour la réalisation par un professionnel qualifié d’un contrôle de l’installation électrique tous les trois à cinq ans, permettant de vérifier la sécurité électrique et l’adaptation de l’installation aux nouveaux usages, ceci pour éviter les accidents, identifier d’éventuelles économies d’énergie susceptibles d’être réalisées et, in fine, valoriser le bien immobilier.
Un flyer a été édité par la FFIE-FFB afin que ses adhérents puissent promouvoir ce contrôle périodique auprès de leurs clients. Une fiche de la série « Marché », à retrouver sur le site de la FFIE-FFB, a également été consacrée à ce sujet, démontrant que la sécurité électrique des logements est un marché porteur pour les intégrateurs électriciens. Francis Renier, chef de l’entreprise d’électricité générale Renier installée à Aubigny-sur-Nère (Cher) et président de la commission Artisanat de la FFIE-FFB, a impliqué ses membres sur ce sujet. Il ajoute que « la Fédération réfléchit aux différents moyens de faire de ce contrôle un réflexe, en communiquant notamment auprès des assureurs et fournisseurs d’énergie ».